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Olivier Py, planches de salut
Picard Timothée
ACTES SUD
29,00 €
Épuisé
EAN :9782330102623
Que peut le théâtre ? Qu'est-ce que l'individu et la communauté sont en droit d'en attendre ? Rien moins que sauver des êtres, des âmes, des vies, répond, au-delà de tout prosélytisme, l'actuel directeur du Festival d'Avignon, le dramaturge et metteur en scène Olivier Py. Cet essai, à la fois biographique et analytique, se propose donc de voir comment le théâtre, au sens le plus extensif que peut prendre ce terme - une façon d'être au monde répondant à une manière d'être du monde lui-même -, a pu tirer le poète d'une angoisse mortifère procurée par le spectre de l'insignifiance en lui donnant un destin ; et comment il peut à son tour l'offrir comme viatique aux hommes et femmes d'aujourd'hui, confrontés à une spectaculaire absence de sens qui semble avoir pris des traits d'apocalypse. Ce dont il retourne alors n'est pas tout à fait une religion, encore moins une politique - tout en ayant éminemment à voir avec elles -, il s'agit plutôt d'une éthique de vie tout entière consacrée à la scène et à l'art, fondée sur l'éblouissement esthétique et les assurances qu'il donne, et mise en oeuvre au moyen d'une poétique faisant du théâtre total, somme et synthèse de tous les théâtres, un rempart contre le sentiment de déréliction - au risque assumé de la démesure.
Dans une formule provocante, Nietzsche déclare que " Wagner résume à lui seul la modernité ". Cet ouvrage, complémentaire de l'étude L'art total, grandeur et misère d'une utopie (également publié aux Presses Universitaires de Rennes), part de la formulation d'un double défi posé par Wagner à la littérature : un défi représenté par Stéphane Mallarmé tout d'abord, selon lequel la littérature devrait " reprendre à la musique un bien qui lui aurait été dérobé " ; un défi associé à Thomas Mann ensuite, d'ordre éthique, esthétique et politique, qui amène la littérature à s'interroger sur la substance de la musique et de l'art en général. Ce double défi rend compte de l'enchevêtrement de plus en plus problématique des modèles historiques et esthétiques propres à la modernité, dont les contradictions fécondes et tragiques éclatent à travers l'Europe de la première moitié du XXe siècle. Dès lors, pour la littérature comme pour l'histoire des idées, Wagner ne semble plus autre chose qu'une figure informatrice de débats ne l'engageant qu'indirectement, et qui ont pour théâtre une Europe culturelle et spirituelle qu'à travers lui on divise violemment ou tente au contraire de réconcilier.
Résumé : L'opéra, fait de civilisation majeur dans nos sociétés, est étudié à travers le prisme de ce que Walter Benjamin a appelé l'"un des grands romans sur le XIXe siècle" : Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux. De multiples adaptations cinématographiques mêlent grandioses réalisations de studios (Universal, Hammer) et films d'auteur cultes (Brian de Palma, Dario Argento), au risque du kitsch. La comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber pulvérise tous les records d'audience et de longévité, parachevant un mythe. Quelles conceptions se fait-on de l'opéra et quelles représentations en donne-t-on quand on passe du roman à son illustration, du cinéma à la comédie musicale et du ballet à la fan fiction ? Mais aussi du grand répertoire lyrique au rock ou au heavy metal, de la féerie à l'horreur, des adultes aux adolescents, des hommes aux femmes, d'un siècle à l'autre ? Ou encore de la France aux Etats-Unis et à la Chine, et de la Grande-Bretagne à l'Italie et à l'Amérique du Sud ? Cet essai interroge le devenir du divertissement en Occident, de l'essor du spectaculaire romantique au triomphe de l'industrie culturelle mondialisée. Il montre que si l'opéra comme genre et pratique semble s'effacer peu à peu, son esprit perdure sous d'autres formes et par d'autres moyens : l'opéra et ses succédanés prennent en charge des aspirations dont l'homme ne peut se passer et dont eux seuls ont la clef. Plus largement, cet ouvrage s'attache à ce que Nietzsche a nommé la " civilisation de l'opéra " et dont le Palais Garnier, quintessence de "Paris, capitale du XIXe siècle" et de la culture bourgeoise à son âge d'or, apparaît comme la figure de proue. S'appuyant sur les sources les plus diverses, il parcourt tout l'édifice de son imaginaire pour identifier dans le couple formé par l'Opéra fabuleux et son Fantôme monstrueux l'allégorie d'une modernité équivoque. Il traite enfin de notre rapport à cette civilisation, fantôme étonnamment vivace des cultures et sociétés contemporaines.
Faisant suite à la réédition, également aux Presses universitaires de Rennes, d'Introduction à J S Bach, cet ouvrage a pour but de faire redécouvrir celui qui fut, en France, durant une large partie du XXe siècle, un des plus grands penseurs de la musique, témoin et commentateur avisé des évolutions capitales qu'a connues cet art à l'époque: de la modernité française au sérialisme et à la musique concrète; de la redécouverte de Bach aux innovations de Stravinsky - qui fut pour lui l'interlocuteur essentiel. Critique à La NRF pendant plus de trente ans et collaborateur régulier de La Revue musicale, Boris de Schloezer a en effet été le véritable introducteur et promoteur de l'esthétique musicale en France. Au centre de sa réflexion, on trouve trois questions aussi simples à formuler que complexes à traiter: qu'est-ce que la musique? Qu'est-ce que la comprendre? Comment en rendre compte dans l'ordre du langage? Au fil de ces pages, on verra comment, profitant du moindre événement offert par la vie musicale de son temps pour reformuler avec clarté et rigueur la plupart des problèmes fondateurs de l'esthétique musicale, Schloezer réussit à forger des concepts décisifs et un système de pensée novateur. Il parvient à extorquer un peu de son secret à cette sphinge dont il s'amusait à orner ses chroniques: la musique.
Wagner a fasciné pour sa théorie et sa pratique de la totalité : totalité des arts, totalité esthétique et politique, totalité métaphysique. " Fasciné " parce qu'il s'agit là d'une subjugation que l'on a considérée comme dangereuse sans pour autant parvenir à s'en soustraire. Ce que le désir de totalité peut receler de grandiose et de trouble à la fois, Wagner et le wagnérisme l'auraient en effet illustré de façon hyperbolique. Cette étude, complémentaire de l'ouvrage Wagner, une question européenne (également paru aux Presses Universitaires de Rennes), répond à une triple visée : tout d'abord traiter des problèmes théoriques et pratiques soulevés par la question de l'?uvre d'art mixte depuis la naissance de l'opéra jusqu'à la création contemporaine ; montrer ensuite comment ce fantasme de l'?uvre absolu, loin d'accomplir l'unité organique de l'art, s'est transformé au contraire en hantise européenne de la dégénérescence, enfin, elle tente plus largement d'appréhender l'image d'une Europe qui, dans ses ?uvres littéraires et artistiques, ne cesse de dénoncer et de désirer l'?uvre-somme. Dès lors, il s'agira de comprendre comment la littérature a dressé le procès de la totalité et comment, même sous sa forme ironique, celui-ci prend les accents d'un deuil douloureux.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
Salomon Thierry ; Jedliczka Marc ; Marignac Yves ;
Depuis toujours l'énergie sous-tend et structure l'histoire des sociétés humaines et celle des individus. Ceci est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans nos sociétés mécanisées, industrielles, consommatrices de loisirs et de temps. Se chauffer, s?éclairer, se déplacer, faire fonctionner tous les appareils qui nous entourent: l'énergie est au c?ur de nos vies. Nous vivons encore l?illusion d?un monde aux ressources infinies. Pourtant, la fin prévisible des réserves disponibles, les bouleversements climatiques de jour en jour confirmés et Deep Water Horizon, Tchernobyl ou encore Fukushima, sont autant de signaux d?alerte, qui ne laissent plus la place au doute, quant à la nécessité de changer notre manière d?appréhender l?énergie aujourd?hui. En 2003, vingt-quatre ingénieurs engagés dans la recherche d?un avenir énergétique durable réalisaient le Scénario Négawatt, certainement la proposition la plus aboutie pour repenser la politique énergétique de la France. Ce travail repose sur une méthodologie rigoureuse constituée de trois piliers fondamentaux: la sobriété énergétique, l?efficacité énergétique, et le recours aux énergies renouvelables. Cette grille de lecture simple et efficace permet de repenser intégralement notre rapport à la consommation énergétique et d?envisager un futur positif, constitué d?énergies propres, où la société revoit tout à la fois sa manière de consommer et celle de produire l?énergie dont elle a besoin. A l?horizon 2050 ce scénario, qui a déjà été actualisé une première fois en 2006, prévoit de se passer totalement du nucléaire, de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de développer les énergies renouvelables et de réduire considérablement les dépenses. Cet ouvrage présente, dans une approche pédagogique et intelligible par tous, la toute dernière actualisation de ce scénario. Un guide à la fois théorique et pratique destiné à tous ceux qui, par un changement de leur rapport à l?énergie, souhaitent contribuer à la préservation et au partage équitable des ressources naturelles. Ce « manifeste négaWatt » est aussi et surtout un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, à s?engager, avec volonté et lucidité, vers un autre paysage énergétique.
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Biographie de l'auteur Née en 1962, Yoko Ogawa a obtenu en 1988 le prix Kaien pour son premier roman, puis le prestigieux prix Akutagawa en 1991. Son oeuvre, traduite dans le monde entier, est publiée en France par Actes Sud.