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Wagner, une question européenne. Contribution à une étde du wagnérisme (1860-2004)
Picard Timothée
PU RENNES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782753503021
Dans une formule provocante, Nietzsche déclare que " Wagner résume à lui seul la modernité ". Cet ouvrage, complémentaire de l'étude L'art total, grandeur et misère d'une utopie (également publié aux Presses Universitaires de Rennes), part de la formulation d'un double défi posé par Wagner à la littérature : un défi représenté par Stéphane Mallarmé tout d'abord, selon lequel la littérature devrait " reprendre à la musique un bien qui lui aurait été dérobé " ; un défi associé à Thomas Mann ensuite, d'ordre éthique, esthétique et politique, qui amène la littérature à s'interroger sur la substance de la musique et de l'art en général. Ce double défi rend compte de l'enchevêtrement de plus en plus problématique des modèles historiques et esthétiques propres à la modernité, dont les contradictions fécondes et tragiques éclatent à travers l'Europe de la première moitié du XXe siècle. Dès lors, pour la littérature comme pour l'histoire des idées, Wagner ne semble plus autre chose qu'une figure informatrice de débats ne l'engageant qu'indirectement, et qui ont pour théâtre une Europe culturelle et spirituelle qu'à travers lui on divise violemment ou tente au contraire de réconcilier.
Christoph Willibald Gluck (1714-1787) est l'un des plus grands compositeurs d'opéra de l'histoire de la musique, auteur, notamment, d'Orphée et Eurydice, d'Alceste ou d'Iphigénie en Tauride. Il reste cependant peu et mal connu. Avec cet essai, Timothée Picard apporte un nouvel éclairage passionnant sur l'opéra du XVIIIe siècle, son esthétique et sa destinée. Il vise deux buts principaux: d'une part tenter de montrer en quoi Gluck est un "cas" particulièrement stimulant à travers lequel peuvent se lire et se comprendre la plupart des fantasmes et des querelles qui, à partir de l'art lyrique, ont façonné le visage artistique et culturel de l'Europe; d'autre part essayer d'analyser pourquoi le compositeur, victime de préjugés plus ou moins justifiés, ne possède pas, dans le grand répertoire, la place qui lui est due.
Faisant suite à la réédition, également aux Presses universitaires de Rennes, d'Introduction à J S Bach, cet ouvrage a pour but de faire redécouvrir celui qui fut, en France, durant une large partie du XXe siècle, un des plus grands penseurs de la musique, témoin et commentateur avisé des évolutions capitales qu'a connues cet art à l'époque: de la modernité française au sérialisme et à la musique concrète; de la redécouverte de Bach aux innovations de Stravinsky - qui fut pour lui l'interlocuteur essentiel. Critique à La NRF pendant plus de trente ans et collaborateur régulier de La Revue musicale, Boris de Schloezer a en effet été le véritable introducteur et promoteur de l'esthétique musicale en France. Au centre de sa réflexion, on trouve trois questions aussi simples à formuler que complexes à traiter: qu'est-ce que la musique? Qu'est-ce que la comprendre? Comment en rendre compte dans l'ordre du langage? Au fil de ces pages, on verra comment, profitant du moindre événement offert par la vie musicale de son temps pour reformuler avec clarté et rigueur la plupart des problèmes fondateurs de l'esthétique musicale, Schloezer réussit à forger des concepts décisifs et un système de pensée novateur. Il parvient à extorquer un peu de son secret à cette sphinge dont il s'amusait à orner ses chroniques: la musique.
Que peut le théâtre ? Qu'est-ce que l'individu et la communauté sont en droit d'en attendre ? Rien moins que sauver des êtres, des âmes, des vies, répond, au-delà de tout prosélytisme, l'actuel directeur du Festival d'Avignon, le dramaturge et metteur en scène Olivier Py. Cet essai, à la fois biographique et analytique, se propose donc de voir comment le théâtre, au sens le plus extensif que peut prendre ce terme - une façon d'être au monde répondant à une manière d'être du monde lui-même -, a pu tirer le poète d'une angoisse mortifère procurée par le spectre de l'insignifiance en lui donnant un destin ; et comment il peut à son tour l'offrir comme viatique aux hommes et femmes d'aujourd'hui, confrontés à une spectaculaire absence de sens qui semble avoir pris des traits d'apocalypse. Ce dont il retourne alors n'est pas tout à fait une religion, encore moins une politique - tout en ayant éminemment à voir avec elles -, il s'agit plutôt d'une éthique de vie tout entière consacrée à la scène et à l'art, fondée sur l'éblouissement esthétique et les assurances qu'il donne, et mise en oeuvre au moyen d'une poétique faisant du théâtre total, somme et synthèse de tous les théâtres, un rempart contre le sentiment de déréliction - au risque assumé de la démesure.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.