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Vies et métamorphoses des contes de Grimm. Traductions, réception, adaptations
Peyrache-Leborgne Dominique
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753553811
Lumière de l'enfance et uvre majeure du romantisme allemand, les contes de Grimm font désormais partie du patrimoine mondial de l'Unesco. Traduits dans toutes les langues ou presque, ils bénéficient d'une très large diffusion. Le but de cet ouvrage est d'interroger les aspects les plus marquants de ces reconfigurations et de cette " vie " constamment renouvelée qui fait du conte un objet infini, intemporel, absorbant les strates socio-historiques et les cultures qu'il traverse sans se laisser réduire par elles. Depuis les nombreuses réécritures réalisées par les Grimm eux-mêmes jusqu'aux adaptations pour le théâtre, l'opéra, le cinéma, et aux livres illustrés pour la jeunesse ou pour les adultes, les reconfigurations des contes présentent une variété extrême, obligeant la recherche scientifique à décloisonner ses méthodes herméneutiques. On trouvera ainsi dans cet ouvrage des enquêtes concernant la génétique des textes, encore très peu étudiée en France pour les Grimm (on commence tout juste à redécouvrir le manuscrit de 1810 et les versions d'avant 1857), ainsi que des travaux croisant l'analyse littéraire et l'histoire de l'art, la psychanalyse et l'anthropologie. Enfin, seront proposées des approches historiques et stylistiques de contes peu connus car échappant au répertoire pour la jeunesse : contes cruels, contes macabres, qui sont autant d'allégories d'une grande complexité, sans doute venues du fond des âges, superbement questionnées et remises à l'honneur, récemment, par de grands illustrateurs.
Parmi les contes en prose de Perrault, si célèbres au sein du patrimoine mondial, il en est un qui est toujours resté un peu plus discret que les autres, et qui pourtant correspond à une forme extrêmement répandue dans le monde entier : il s'agit des Fées, conte moral d'avertissement à destinée féminine, tout simple par sa structure "en miroir", que Perrault s'est plu à décliner dans un style lui-même très épuré. Sur ce canevas bien connu du Classicisme, la tradition écrite et orale, populaire et savante, a inscrit, au fil du temps, d'innombrables variations de style et de motifs. Les Grimm collectèrent et réécrivirent plusieurs variantes du conte-type, dont Frau Holle (Dame Holle) qui offre une des déclinaisons les plus riches et les plus poétiques de cette trame familière. Dame Holle croise en effet les caractéristiques génériques du conte avec celles du mythe et de la légende. En prenant pour fil directeur la comparaison des variantes et reconfigurations qui entourent les textes de Perrault et des Grimm, ce livre a cherché à rendre sensible la variété des enjeux éthiques et poétiques portés par les contes. Il a voulu donner un aperçu de l'immense réseau de récits, d'images et de symboles qui s'est créé, d'âge en âge et dans presque toutes les langues, autour de cette petite histoire qui cherchait à rappeler à ses auditeurs et à ses lecteurs combien pouvaient être grands les bienfaits de l'altruisme, de la civilité, mais aussi de la poésie. Une petite histoire sans prétention, donc, mais porteuse de "grandes espérances"...
Aucune époque n'a voué au conte autant d'amour et de science, aucune ne lui a confié tant de secrets ; aucune, somme toute, n'a su rédiger des contes aussi beaux ou aussi mûrs, aussi enfantins ou aussi capricieux que ne l'a fait l'époque des grands poètes romantiques" écrivit jadis le philologue allemand Friedrich von der Leyen. "Le romantique typique est avant tout un faiseur de contes" nous dit aussi Marthe Robert dans Roman des origines et origines du roman. Le présent ouvrage est parti de ces affirmations pour réexplorer les enchantements du merveilleux au e siècle. De genre réputé mineur à l'Age classique (qui l'a pourtant beaucoup pratiqué), le conte fut en effet repensé, à partir du Romantisme, comme une forme idéale, absolue, le canon de toute poésie. Soutenue également par l'intérêt grandissant suscité par les traditions populaires, la pratique du conte d'artiste, alliant simplicité et profondeur, poésie et allégorie, s'est ainsi développée dans toute la culture européenne. Elle fut un art privilégié par les plus grands : Tieck, Hoffmann, Pouchkine, Andersen, Nodier, Sand, Wilde... Avec le soutien de Nantes Université.
Si l'Eglise catholique assume qu'il peut exister plusieurs rites qui expriment la même croyance, a-t-on aussi le droit de proposer plusieurs langages pour exprimer le même contenu théologique ? Grand résistant, adversaire tout au long de sa vie des totalitarismes de droite comme de gauche, le jésuite Gaston Fessard (1897-1978) fut un chrétien de rite dialectique. Omniprésente dans son oeuvre, la dialectique est pour lui un véritable rituel de la pensée. A la rencontre entre l'héritage de Hegel et celui des Exercices spirituels, elle lui permet de réintroduire dans la modernité les instruments chrétiens que celle-ci avait rejetés. Elle le conduit à penser le temps présent, et à vouloir peser sur lui, sans jamais renoncer à l'épaisseur de l'histoire ni à l'horizon du salut. Ce livre saisit la critique du marxisme par Fessard, à la lumière de la dialectique hégélienne, pour en faire l'observatoire de la relation contradictoire qui s'est nouée entre catholiques et communistes au XXe siècle. C'est l'interprétation rigoureuse de Marx qui permet au jésuite de comprendre le communisme comme une religion séculière, aussi dangereuse que le nazisme qu'il a combattu. A l'heure où le théologico-politique revient en débat, l'oeuvre de Gaston Fessard offre l'exemple d'un engagement philosophique au coeur même du siècle, qui n'a rien perdu de son actualité. Ana PETRACHE est philosophe. Docteure de l'Ecole pratique des hautes études et de l'université de Bucarest, elle s'intéresse aux rapports entre religion et politique à partir du croisement de la philosophie politique et de la théologie.
Voici le premier livre en français consacré à l'ensemble de l'oeuvre d'Elsa Morante. S'appuyant sur les travaux et les témoignages les plus contemporains il fait apparaître toute la richesse et la diversité du travail d'une autrice dont Alberto Moravia disait qu'elle était la plus importante de la seconde moitié du XXe siècle. Expérimentations poétiques, traditions romanesques, féminisme, engagement politique, réception et filiations : tels sont les thèmes qui permettent de comprendre et d'apprécier les nouvelles, les romans, les essais, les poèmes de la célèbre écrivaine italienne.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.