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Le don du réel et ses devenirs
Perrin Claude Stéphane
L'HARMATTAN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782336543635
D'un point de vue global, la réalité nous est donnée de trois manières enchevêtrées que nous pouvons cependant distinguer : physique, métaphysique et existentielle. C'est d'abord physiquement que nous apparaît le don des réalités naturelles, au sein desquelles, pour l'épistémologie de Bachelard, les déterminations rationnelles prévalent sur l'ambiguïté du réel. Mais c'est aussi dans une perspective métaphysique, comme chez Spinoza, que l'éternelle et infinie Nature donne un sens positif à toutes les réalités. Enfin, c'est au coeur de notre humanité que le don merveilleux du réel peut être dénaturé en l'interprétant, soit en le mêlant à des fictions parfois délirantes comme Nietzsche, soit en le pervertissant par des intentions criminelles comme le Marquis de Sade ou comme le font ignoblement des politiques totalitaires. A la jonction du fini et de l'infini, n'existerions-nous pas plutôt pour tenter de rendre un peu cohérente notre éphémère présence terrestre ? Ou bien, une métaphysique du devenir du réel ne pourrait-elle pas s'ouvrir sur une éthique soucieuse de reconnaître la valeur inaliénable de l'humanité, cette dernière s'épanouissant en chaque abandon de soi pour autrui ? Quoi qu'il en soit, l'évidente complexité du réel, qui produit les métamorphoses des devenirs multiples et variés de l'éternelle perfection de la Nature, requiert de commencer chaque recherche métaphysique par une prime épreuve de l'obscur, puis d'aimer le réel afin de s'y accorder rationnellement, même si, parfois, chaque accord pourra être malheureusement altéré par les écarts délirants de quelques actions intellectuelles ou sensibles.
C'est par-delà une méthode phénoménologique qui fait prévaloir la visibilité aux dépens de l'invisible que surgissent quelques lueurs philosophiques nées d'une intention consciente de voir (ou d'entendre) sans se fixer comme projet de maîtriser tout ce qui apparaît, mais en désirant trouver de multiples cohérences dans ce qui est dispersé. En effet chacune de ces lueurs est une promesse de nouvelles aurores qui ne demeurent jamais séparées de l'infinité obscure de la Nature, en empêchant de réduire l'invisible au visible, la sérénité silencieuse de la pensée aux seuls bruissements terrestres...
Le neutre n'est pas donné, il précède le don et le retrait. Il est l'idée virtuelle (dans un sens indéterminé et quasi transcendantal) à partir de laquelle la violence des catégories absolues du réel et de la pensée est refusée. Oublier cette idée conduit au fait neutre, brut et actuel de l'il y a : effondrement des apparences (Pyrrhon), état moyen et provisoire de la matière (Hegel), attribut impersonnel d'un déficit ontique et ontologique (Heidegger), trop-plein d'être pesant (Levinas), épreuve inconnue du vide, du souffrir, de la fatigue ou du mourir (Blanchot), imprévisibles oscillations fantasmées du distinct et de l'indistinct (Barthes). Une pensée, soucieuse de refuser indifférence, insensibilité, violence et nihilisme, se rapporte plutôt, en deçà d'une illusoire harmonie des contraires, à une idée du neutre porteuse de promesses plus humaines.
L'art de Cézanne exprime un vigoureux et exaltant désir de vérité qui le rattache à la nature. Il dépasse pour cela les données du monde en rapportant les forces obscures de la sensibilité aux lumières d'une logique aérienne et colorée qui exclut toute sophistication. Cette peinture a ainsi transfiguré les naissantes et confuses vibrations des choses en fonction des sensations colorantes et des structures du monde selon trois perspectives : d'abord d'une manière symbolique, chaque fragment s'ouvrant sur ce qui le dépasse ; ensuite esthétique, en unissant des profondeurs colorées et des surfaces organisées, mais également tendues vers des hauteurs ; et enfin métaphysique, en des vérités analogiques qui accompagnent les forces du désir vers quelques sublimations salutaires. Cézanne a ainsi effectué une montée spontanée de cette terre parfois laide vers quelques cimes transfigurées par sa raison et par son amour de la nature, notamment dans des peintures ouvertes sur l'infini.
Même si tout le réel n'est pas encore rationnel, la relation entre vivre et philosopher révèle que les plaisirs requis sont qualitativement divers et nombreux : banals, jouissifs, transgressifs, ludiques, joyeux... En fait, les plaisirs peuvent aussi être euphémisés par la satisfaction d'un bien-être commun, protecteur et ordinaire, nécessaire mais pas suffisant. Les plaisirs peuvent aussi être idéalisés dans un bonheur subjectif incertain, voire dans la joie suprême de la béatitude qui naît, chez Spinoza, d'une participation à l'éternelle nécessité de la Nature, en de brefs contacts sensibles et intellectuels avec elle. Enfin, la volonté de mieux vivre implique de commencer par philosopher en créant de sereines évidences provisoires, voire de joyeuses certitudes, et, surtout, l'intense félicité qui accompagne le triomphe de la nécessité sur l'aléatoire.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.