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Walter Benjamin sans destin
Perret Catherine
LETTRE VOLEE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782873173128
Walter Benjamin sans destin est un exercice de lecture dont la méthode est empruntée et appliquée à l'oeuvre de Walter Benjamin. Catherine Perret y pratique la citation comme une forme d'intervention destinée à surprendre l'oeuvre pour lui arracher sa vérité : à la façon d'un aveu. Cet essai montre à quel point Walter Benjamin est parvenu à s'émanciper du régime ordinaire de la philosophie occidentale dans sa conception de la mémoire, du langage et de l'art. Et, inversement, les moments où son oeuvre implose, happée par un processus de régression qui la ramène au romantisme qu'elle avait su révoquer de manière éclatante. À l'époque où cet essai a été écrit, il s'agissait d'opérer une critique indirecte des esthétiques postromantiques et de leur postulat commun l'idéalisation de l'art sous le postulat de son autonomie. Cette orientation fait son actualité aujourd'hui où l'esthétique tente encore d'affirmer sa prévalence, sous couvert de lien au politique. C'est pourquoi le texte original (revu et corrigé) est précédé d'une préface qui analyse, à partir de la relation entre la critique de Benjamin et la pensée de Marx, la force de L'oeuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique à l'heure de l'information mondialisée.Catherine Perret normalienne, agrégée, docteur ès lettres, est depuis 1990 maître de conférences à l'université de Paris X Nanterre et a été, de 1995 à 2001, directrice de programme au Collège international de philosophie.
Loin d'avoir été discréditée par les atrocités du XXe siècle, la torture est en passe de devenir, en ce début du XXIe siècle, une pratique banale: une méthode de renseignement, une technique policière et militaire, tant dans les dictatures que dans les démocraties. Pour la philosophe Catherine Perret, il est urgent de comprendre les raisons culturelles qui font aujourd'hui de la torture une technique de gouvernement des hommes de plus en plus admissible. S'appuyant sur un auteur trop oublié, Jean Améry (1912-1978), et son essai sur La Torture, la philosophe interroge les prémices de l'institution d'une torture d'Etat. Jean Améry réfléchit sur la signification de la pratique de la torture dans la culture chrétienne moderne à partir de l'expérience qu'il fit, sous le nazisme, de la torture et de l'extermination des Juifs d'Europe. Il fait ainsi sortir la torture du cadre d'exception dans lequel on la classe pour mieux l'oublier. L'opération centrale de l'essai d'Améry est l'établissement d'une relation intrinsèque entre la pratique nazie de la torture et la "Solution finale" mise au point par Hitler et son gouvernement. La torture d'un seul, livré à son bourreau, et l'extermination d'un peuple, abandonné par la communauté à l'appareil d'Etat, sont deux formes d'un même projet politique dont le nazisme est une expression, mais non l'expression unique. Le corps torturé par le nazi n'est pas le corps du torturé. C'est notre corps. Pour dire ce corps que personne avant lui n'a pensé, Jean Améry invente une langue: il met la prose du reportage au service de la philosophie. Brutale, précise jusqu'à l'âcreté, véhémente et spéculative, l'écriture du témoignage dépasse alors le témoignage. L'expérience livre un texte écorché auquel il faut rendre la peau dont on l'a arraché, un texte dont il faut, pour le lire, devenir l'enveloppe. La torture attaque enfin le lien social. Ce lien, aucune loi ne peut le décréter, même s'il doit être protégé par la loi. C'est donc en réfléchissant sur la disjonction entre le lien social qui associe les personnes et la loi qui assujettit les sujets qu'il faut chercher à redéfinir l'acte de torture. Il en va de la "démocratie" au coeur des pratiques démocratiques.
Le Temps gelé est un ensemble de récits évoquant les rives de l'Ienisseï, dans la région de Krasnoïarsk, où depuis trente ans Mikhaïl Tarkovski s'est installé comme chasseur-trappeur. Après avoir longtemps vécu isolé, il habite maintenant le petit village de Bakhta avec sa famille. Ses récits retracent des histoires de chasseurs, de pêcheurs, de villageois, de gens simples, d'animaux, de rivières, toute une vie qu'il connaît bien, qu'il dépeint avec amour et humilité. Il dresse avec un lyrisme discret un portrait inégalé du coeur de la Sibérie et de ses habitants, aussi bien Russes qu'appartenant à divers peuples autochtones. Il nous fait partager sa connaissance concrète et profonde de la forêt où les conditions de vie sont particulièrement difficiles, racontant avec le même bonheur d'écriture la construction d'une cabane, la chasse à la zibeline, les rêveries amoureuses du trappeur durant les mois solitaires de chasse, les retours difficiles à la ville ou les fêtes au village, pour le lecteur, toute la taïga en partage, un long séjour en Sibérie. Son écriture fine et élégante, précise, sait nous faire sentir son goût pour une existence dont nous savons peu de chose, une réalité où chacun est responsable de sa vie à chaque instant - les grands froids ne pardonnent pas, et où l'homme se construit un monde à sa mesure. Pour Mikhaïl Tarkovski, écrire est avant tout un acte de générosité et d'initiation.
Rien n'est jamais trop étrange pour Krzyzanowski. Voilà qu'un de ses grands textes - tout petit en nombre de pages - que l'on croyait perdu à jamais vient de réapparaître aux archives à Moscou, restitué en 1995 par le FSB (ex-KGB) puis oublié au fond d'une réserve. S'il n'a pas valu à son auteur d'être arrêté, c'est peut-être parce que celui-ci portait par hasard le même nom qu'un grand révolutionnaire, ou parce qu'il était un écrivain à ce point invisible que l'absence de reconnaissance dont il a tant souffert lui a pour finir sauvé la vie. Et l'on ne sait toujours pas de quelle "affaire" relevait ce dossier. S'agissait-il du texte original confié à une dactylo qui aurait été arrêtée ? D'un exemplaire donné à lire à un écrivain qui se serait fait confisquer ses écrits ? Mystère... Quant à la rue Involontaire, elle existait réellement à l'époque : quelques coudes zigzaguant dans le quartier de l'Arbat où vivait Krzyzanowski avaient "involontairement" formé une petite rue. Celle-ci figure aujourd'hui encore sur les cartes, mais... est introuvable dans la réalité. Rue Involontaire est composé de sept lettres écrites par l'écrivain et son coauteur, la vodka. N'ayant personne à qui écrire, Krzyzanowski les adresse au premier venu ou à la fenêtre qui reste allumée la nuit, et les expédie par la fente de son vasistas. Avec une noirceur joyeusement désespérée, il approche à pas grincés de l'autobiographie. Ce récit est accompagné de deux petits textes ivres et foutraques, et d'extraits des carnets de l'écrivain.
La transformation des paramètres artistiques, institutionnels, idéologiques dans lesquels s'est longtemps pensée l'exposition semble aujourd'hui profonde : Quoi exposer dès lors que dans le contexte créé par les nouvelles techniques d'information et de communication l'art se démarque de l'objet ? Où exposer puisque les institutions culturelles questionnant la séparation des rôles entre musées, centres d'art, galeries se constituent en réseaux et se pensent désormais " hors les murs " ? Comment exposer après la critique de la société du spectacle, et la mise en évidence des procédures de domination culturelle qui constituent l'histoire même des expositions depuis le 19'me siècle ? D'où tirer l'autorité intellectuelle, politique et morale de montrer et donc de cacher ? Ces questions ont fait l'objet d'un colloque en 2002 au Centre Georges Pompidou, coordonné par Catherine Perret, maître de conférences au département de Philosophie de l'Université Paris X-Nanterre et par Elisabeth Caillet, expert en médiation culturelle.
L'interprétation à l'oeuvre Il y a des mots qui portent, et d'autres pas. C'est un fait clinique. Il n'est pas sûr cependant que les effets réels de la parole dans une psychanalyse dépendent du sens. A quelle réson faut-il alors recourir pour aborder le réel ?, se demande Jacques Lacan. L'appui que Francis Ponge prend sur la matérialité des mots dans son écriture poétique apporte quelque réponse. C'est particulièrement sensible dans ses écrits sur l'art. Ponge fait résonner dans la langue les natures mortes de Chardin, les hautes pâtes Fautrier, les collages de Braque, le trait de Giacometti et le nom de Picasso. La notion d'interprétation est au coeur du dispositif analytique, avant même que l'on sache qui interprète, voire même ce qui interprète. La prise en compte du réel dans l'expérience analytique impose une révision de cette notion. Faire résonner autre chose que le sens devient déterminant. Le corps-à-corps de Ponge avec les mots se présente à cet égard pour la psychanalyse comme une opportunité à saisir.
Au lecteur à se faire l'écrivain de sa vie au jour le jour en s'appropriant ce livre qui deviendra, suivant l'humeur du moment et de chacun, agenda ou source d'inspiration, carnet de notes ou de croquis, journal intime ou présent.
Goldberg André ; Rozenberg Dominique ; Naron Steph
Réédition actualisée par les historiens de la Fondation Auschwitz de ce livre paru initialement en 1995 et désormais accompagné d'un livret pédagogique conçu par la Fondation Auschwitz. Ce projet éditorial, porté par un photographe et une sociologue, est né d'un sentiment d'urgence face à la disparition des derniers témoins directs de ces évènements tragiques. Leur ambition consistait à tenter, avec humilité et simplicité, d'écouter ce que ces témoins avaient à dire aux générations montantes et futures et à rendre la dignité des traits de ces acteurs de notre mémoire collective. au sentiment d'urgence est venu s'ajouter l'inquiétude face à la montée en puissance de l'extrême-droite, au révisionnisme, aux épurations ethniques et à toutes les formes de racisme, de refus et de haine de l'autre qui semblent à nouveau dévorer la planète.