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Maintenant le règne des banquiers va commencer. Les luttes de classes en France et ailleurs
Peneff Jean ; El Miri Mustapha
EMPECHEURS
15,30 €
Épuisé
EAN :9782359250275
C'est à un véritable aggiornamento des idées reçues que les auteurs nous invitent. Et d'abord sur la crise: selon eux, la dette des Etats ne sera jamais remboursée... L'avenir est ouvert aux règlements de comptes financiers entre nations. Nous apparaîtront aux yeux du monde non occidental (que nous considérons besogneux, peuplé d'irresponsables de la concurrence ou de la pollution) comme d'incroyables malhonnêtes. N'est-ce pas le moment de faire le bilan de notre domination séculaire sur le monde? Et d'étudier les classes sociales, les alliances et les adaptations incroyablement rapides des bourgeoisies à l'échelle continentale, ainsi que les désaccords entre ouvriers au sujet des délocalisés ou des transfuges de l'immigration, les classes moyennes étant entre les deux, en arbitre... Les effets du non-remboursement et l'interprétation que les autres peuples en donneront aggraveront probablement une incompréhension réciproque. Les occasions de s'expliquer se sont réduites: la mondialisation ajoute à l'engourdissement des jugements, un cloisonnement figeant l'échange des idées au profit de la libre circulation financière et de celle des marchandises. Le refus de connaître nos voisins, proches ou lointains, nous incite à leur donner des recommandations confondantes: "Privez-vous", "Economisez, épargnez"! Comment peuvent-ils prendre ça? Une plaisanterie? Une insulte? Un forfait supplémentaire de notre part?
Résumé : L'Assurance maladie est le plus gros budget de la nation. Mais derrière les slogans ("la meilleure médecine au monde") se cache une réalité bien différente: le désordre des régulations internes, l'absence d'harmonisation entre les différents objectifs, le laxisme des contrôles, la dispersion des pratiques. Tout contribue à ce que l'on dépense toujours davantage pour des résultats contestables. Les réformes de la Sécurité sociale se succèdent mais elles ont un point commun: leur échec. Loin de combler le fameux trou, chacune le creuse un peu plus. L'Assurance maladie est même devenue un système de redistribution à l'envers: plus on est pauvre et plus on contribue à un système qui bénéficie aux classes les plus favorisées. La profession médicale a su retourner à son profit les tentatives de réforme. Elle bénéficie d'un statut extravagant: c'est la seule profession libérale dont les revenus soient socialisés. Malgré son activisme syndical et politique, la profession est pourtant divisée et n'est efficace que pour bloquer l'institution. Le secret médical est ainsi devenu un moyen pour empêcher toute enquête approfondie et toute remise en cause.
Qui est finalement Howard Saul Becker ? Le grand sociologue, un pianiste de jazz, le photographe ? Il est surtout l'auteur connu en France de Outsiders, des Mondes de l'art, de Ecrire les sciences sociales, Les Ficelles du métier, ou Comment parler de la société, ainsi que d'un livre récent sur le jazz. Son succès est attesté par les multiples rééditions, leur traduction en une douzaine de langues, l'invention de thématiques et de formes d'écriture qui ont débordé les frontières de la discipline en esthétique, anthropologie, ou sciences de l'éducation. Ce livre raconte "l'ado" de Chicago, le jeune pianiste de boîte de nuit, l'étudiant précoce, le professeur aux innovations sur le terrain ou dans la salle de cours, mais aussi le conférencier au Brésil, en Suisse, aux Pays-Bas, et en France, où il fut quatre fois docteur honoris causa, ce qui fait de lui le plus français des sociologues américains, puisqu'il séjourne régulièrement à Paris. Cette synthèse veut donner les clés de son oeuvre immense, ainsi que celles de sa carrière, où il apparaît essentiellement comme un travailleur acharné de la sociologie.
Résumé : A l'hôpital les urgences sont un service à part où la routine n'existe pas, où les classes sociales se rencontrent, où les processus de sélection et de tri des malades n'ont pas le temps de jouer. On y pratique à la fois la médecine la plus avancée (réanimation, cardiologie) et on y traite les pathologies traditionnelles (alcoolisme, dépression et suicides). Le personnel y est plus jeune et plus mobile qu'ailleurs. Jean Peneff a travaillé pendant un an, à mi-temps, comme brancardier au service des urgences d'un grand hôpital de l'Ouest. Il a rencontré la plupart des situations normales et exceptionnelles, et a étudié les comportements et non les discours. Son livre, dans la tradition de Erving Goffman et de Howard Becker, nous restitue l'ethnologie d'un groupe où l'on voit plus les infirmières, les aides-soignants et les brancardiers que les médecins, il étudie les rapports complexes qui se tissent entre ces différentes catégories et des malades très divers. Il montre les contraintes physiques du travail (le poids des malades, les kilomètres de couloirs, la saleté, les odeurs, la pudeur), et les contraintes psychologiques venant de l'accueil des patients, et des rythmes de travail où alternent coups de feu et courtes périodes de repos. Il y étudie les codes, les pratiques qui rendent la cohésion et l'efficacité possibles. Un document important qui permet de comprendre ce que sont dans la réalité et le quotidien, le travail et les changements intervenus dans les professions médicales.
Clément Ader, connu comme l'inventeur d'avions, a également joué un rôle important dans celui de la voiture ou des télécommunications, que nous utilisons aujourd'hui dans notre quotidien. Ce texte met en avant son travail d'inventeur qui vient remettre en question l'indépendance du chercheur par l'inventeur original. En effet, Ader se refusa à être subventionné par l'Etat ou être un quelconque fonctionnaire. Il resta indépendant et chercheur dit "libéral" . Durant les grandes guerres, les Etats sont fascinés par les armements miraculeux, les progrès terribles de la physique et de la chimie. Avec le nucléaire, la concurrence est sans limites. Ader a vu et pressenti les conséquences catastrophiques de ces progrès non maîtrisés. Aujourd'hui où la science est reine et où l'industrie lui emboîte le pas, nous sommes confrontés aux excès de la seconde révolution. L'industrialisation marchande sans bornes provoque des dangers inconnus jusqu'alors : pollution, alimentation à risque et autres. L'exemple de Clément Ader est donc pédagogique, car il a pressenti la menace sur la société de ces renversements d'équilibre entre sciences et applications industrielles.
Bruno Latour inspire depuis plusieurs décennies le travail de philosophes, historiennes et historiens, sociologues, éthologues, anthropologues et artistes dans le monde entier. Face à Gaïa occupe une place particulière dans son oeuvre : ce livre appelle à une réaction au-delà de la simple assimilation théorique. Ce qui a l'apparence d'une question purement scientifique est en vérité un différend d'ordre politique. L'hypothèse Gaïa de Lovelock et Margulis représente l'effort pour reconnaître que la Terre est un sujet qui agit et intervient avec force dans notre histoire. Nous sommes moins sur la Terre que face à elle. La question écologique est moins celle du respect du vivant que celle de l'acceptation et de la représentation de l'actrice politique par excellence : notre planète. Reconnaître sa puissance d'agir signifie faire coïncider la protagoniste de l'histoire de la vie avec sa scène. Autour de ce défi, des spécialistes de différentes disciplines scientifiques et artistiques se sont réunis. Chacun des auteurs raconte sa rencontre avec une des propositions contenues dans Face à Gaïa, comment elle l'a interrogé, bouleversé, voire contrarié. On ne fera face à Gaïa qu'en entremêlant les savoirs issus de l'exploration de cette " zone critique " (autre nom de Gaïa), les performances des artistes, la philosophie, la métaphysique et la théologie. Gaïa en sort encore plus fascinante, provocante et menaçante.
Il y a maintenant presque huit ans, je me suis retrouvée de façon inattendue éperdument amoureuse d'une chienne rouge piment que j'ai appelée Cayenne. " C'est en partant des gestes les plus ordinaires du quotidien et non pas de grands principes que Donna Haraway nous invite à penser notre relation aux espèces compagnes. Ces espèces avec lesquelles nous " partageons le pain ", depuis les micro-organismes qui nous peuplent jusqu'aux animaux de compagnie. Cet enchevêtrement nous conduit auprès de bouledogues français à Paris, à des projets concernant les prisonniers du Midwest, à des analyses coûts-bénéfices dans la culture marchande autour des chiens, à des souris de laboratoire et des projets de recherche en génétique, sur des terrains de baseball et d'agility, auprès de baleines munies de caméras au large de l'Alaska, sur des sites industriels d'élevage de poulets, etc. Il s'agit ici non pas de domestication, de contrôle ou de rachat de la dette mais de contact. Quelle est la valeur ajoutée du contact ? Que nous apprennent à sentir et à faire les " zones de contact " ? Loin de tout retour romantique à une rencontre sauvage, dénuée d'intérêts et de contamination biopolitique, prendre soin du contact entre espèces " entraîne " à un perpétuel zigzag entre ce qui nous affecte, nous rattache, nous rend interdépendants, simultanément robustes et vulnérables.
Bird Rose Deborah ; Courtois-l'Heureux Fleur ; van
Comment résister à la peur et à l'impuissance que provoquent aujourd'hui les extinctions de masse dans la grande " famille des vivants " ? Deborah Bird Rose nous propose ici de penser, sentir et imaginer à partir d'un terrain concret et situé : les manières de vivre et de mourir avec les chiens sauvages d'Australie, les dingos, cibles d'une féroce tentative d'éradication. En apprenant des pratiques aborigènes, de leurs manières de se connecter aux autres vivants, elle active une puissance que la Raison occidentale a dévolue aux seuls humains : l'amour. Que devient cette capacité de répondre à l'autre, cette responsabilité, quand elle s'adresse à tous les terrestres ? En s'attachant à des bribes d'histoires logées dans nos grands récits moraux et philosophiques, elle fait sentir que le non-humain continue d'insister silencieusement et que cet appel, perçu par Lévinas dans les yeux d'un chien rencontré dans un camp de prisonniers en Allemagne nazie, n'en a pas fini de nous saisir et de nous transformer. Il s'agit de faire sentir et aimer la fragilité des mondes qui se font et se défont, au sein desquels des vivants hurlent contre l'inexorable faillite, tressent des chants inoubliables. Les faits parlent d'eux-mêmes, disent parfois les scientifiques de laboratoire. Ici, ils nous parlent.
Lowenhaupt Tsing Anna ; Pignarre Philippe ; Stenge
Anna Tsing parcourt les forêts tropicales indonésiennes ravagées par le capitalisme. L'affrontement suppose des alliances étonnantes entre indigènes habitant les forêts, ONG internationales et étudiants défenseurs de l'environnement. Ne nous laissons pas intimider par l'idée d'une globalisation invincible. C'est la friction avec une surface qui fait qu'une roue tourne ; envoyée en l'air, elle ne va nulle part. La friction de deux morceaux de bois produit de la chaleur et de la lumière ; un morceau de bois seul n'est qu'un morceau de bois. Sans friction, pas de mouvement, pas d'action, pas d'effet. Mettant en cause l'idée qui veut que la globalisation signifie le choc des cultures, l'anthropologue Anna Tsing fait de la friction une métaphore des multiples imbroglios socio-épistémiques qui font voyager partout dans le monde ce à quoi nous attribuons le pouvoir de globaliser ce monde. Tsing a parcouru les forêts tropicales indonésiennes où le capitalisme a redessiné les paysages en les transformant en zones-frontières où entrepreneurs légaux et illégaux s'emparent des terres des peuples indigènes, exploitant et détruisant sans vergogne toutes les ressources. En réaction, des mouvements environnementalistes ont pris la défense des forêts et des populations qui y vivent. L'affrontement mobilise des scientifiques, des opérateurs de la finance internationale, des idéaux d'émancipation ou de défense de la nature, comme aussi de prospérité par le développement. Mais cet affrontement ne traduit pas le heurt local d'enjeux valables partout. Ce qui anime les épargnants canadiens, les investisseurs des pays dits développés, les industries prédatrices, les experts des agences internationales, les anciens des villages de Bornéo, les étudiants de Djakarta amoureux de la nature, n'est ni local ni global mais toujours pris dans des reprises locales particulières de ce qui se présente comme cause globalement reconnue. Même ceux qui font alliance pour défendre la gestion communautaire des forêts le font pour des raisons différentes, souvent sur la base de malentendus. Mais ces malentendus sont justement parfois ce qui permet de gagner. Plutôt que de se laisser fasciner par le spectre d'une globalisation invincible, Anna Tsing appelle à une attention pragmatique à des collaborations engagées, situées, qui tirent leur force de références globales tout en les particularisant. Anna Tsing renouvelle les méthodes de l'ethnographie. Elle multiplie les modes d'approches qui permettent de saisir le rôle, fructueux ou désastreux, des différences culturelles dans le processus même de ce que l'on appelle trop facilement la globalisation. Elle nous offre un récit politique, ethnographique et poétique bouleversant.