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Orientalisme
Peltre Christine
TERRAIL
10,00 €
Épuisé
EAN :9782879393469
L'orientalisme, dont le voyage est l'atelier, se définit d'abord par l'exploration de territoires inscrits, pour l'essentiel, dans les limites de l'Empire ottoman. De Delacroix à Paul Klee, en privilégiant l'expression française, cet ouvrage retrace les étapes d'un mouvement artistique multiforme dont on reconnaît de plus en plus l'importance. "Le monde est moins réel que ce qui active notre vie intérieure", écrit dans La voie cruelle Ella Maillart, l'une des grandes voyageuses du XXe siècle. Cette rencontre entre l'intime et l'étrange, entre l'autre et le même, définit la pratique itinérante et s'applique aussi à l'orientalisme. Loin d'être seulement le fruit d'une lecture de cartes ou des fluctuations de tendances, ces ?uvres sont au croisement de territoires objectifs et d'imaginaires sculptés par un milieu. Les confrontations entre l'ici et l'ailleurs suscitent, au travers de filtres culturels, des regards propres aux artistes d'Occident, qui sollicitent aujourd'hui nos interprétations.
Il n'est de départ que vers le soleil" , écrit Colette, tandis qu'un Guide de l'Algérie invite à "la course au soleil" ... Pour appréhender le voyage en Algérie, Tunisie, Maroc de 1880 à 1931, Christine Peltre fait oeuvre pionnière : mettant en regard les représentations souvent méconnues colportées par les guides et la réclame avec celles créées par Gautier, Gide et autres écrivains voyageurs célèbres ou oubliés, elle révèle un tourisme où les imageries le disputent aux mirages. C'est en creux, pour recomposer des mythes, qu'affleurent les réalités coloniales. A travers les "? lunettes bleues ? " dont il est invité à se munir, le voyageur en partance ne se voit proposer que visions orientalistes et "? Villes d'or ? " , puis les charmes du désert, parfois les arts de l'Islam, jamais "? d'aller boire de l'anisette sous les voûtes du port" comme dira Camus...
Cet ouvrage (étayé par une iconographie richissime) suit l'évolution du regard occidental - et particulièrement français - sur les arts de l'Islam, regard qui passe de la curiosité et de la fascination de certains artistes et collectionneurs à la reconnaissance des chefs-d'oeuvre dans tous les domaines : architecture, décor, objets d'art, faïences, tapis, orfèvrerie, etc. Ce n'est que depuis l'aménagement du Grand Louvre qu'une section spéciale d'Art islamique est créée. Elle va se transformer, dans les prochaines années, en un département autonome, le huitième du Louvre.
Dans le sillage de L'Orientalisme d'Edward Saïd, les études postcoloniales ont mis en évidence la couche de "? pittoresque ? " contenue dans les images des peintres occidentaux de l'Orient, au point que certaines d'entre elles pourraient s'assimiler à des images d'Epinal. Selon cette perspective, l'Europe aurait considéré la Méditerranée et le Proche-Orient à l'aune de sa propre fascination, à la fois quête des origines, appel de l'ailleurs, fantasme de sensualité et déprédation symbolique. Cela posé, quelles sont les conséquences d'un tel dessillement sur l'art et sur l'histoire de l'art ?? Par épisodes tirés d'une vie de recherche sur l'art des XIXe et XXe siècles, Christine Peltre retrace l'histoire savante et subjective d'un "? décadrage ? " de l'Orient. En un peu plus d'une douzaine d'étapes, elle nous guide à travers certains de ces hauts lieux de l'"? ailleurs ? " que nous connaissons souvent par les images de nos musées - Athènes, Istanbul, Izmir, Smyrne, Alger, Marrakech, Tunis... - et dans ces villes d'Europe de l'Ouest - Marseille, Barcelone, Madrid - où universitaires et institutions culturelles s'efforcent d'écrire à frais nouveaux, l'histoire du pourtour méditerranéen. Elle-même amenée à s'y rendre pour prendre part à des colloques, l'auteure, au fil d'échanges avec des collègues étrangers, de rencontres avec des artistes et de déambulations urbaines, met à l'épreuve de la réalité le cadre académique de ses réflexions et son regard "? orienté? ". Délicat exercice de décentrement, qui consiste moins à laisser le réel d'aujourd'hui dompter les fantasmes d'hier qu'à concilier la rigueur scientifique, la probité de l'observation et "? cette voix lancinante qui s'élève vers l'inaccessible ? " et qui continue de résonner aux oreilles du voyageur. Dans un dialogue sensible avec les grands témoins de "? notre ? " Orient - Delacroix, Gautier, Hugo, Fromentin, Flaubert, Loti... - et les recherches artistiques et universitaires actuelles, Christine Peltre combine essai érudit, récit de voyage et autobiographie intellectuelle.
L'0rient est une préoccupation générale qui agite l'Europe du XIXe siècle ; la production picturale reflète très précisément l'histoire de cet intérêt né avec la campagne d'Egypte de 1798 et lié aux évolutions de la " question d'Orient ", dont l'insurrection grecque à partir de 1821 ou la prise d'Alger en 1830 marquent entre autres les étapes. A la lumière de recherches récentes, la synthèse de Christine Peltre retrace les vibrations artistiques de cette préoccupation au sein des écoles européennes - où se détache l'adhésion massive des Français et des Britanniques. La " haute poésie " de l'Orient romantique est souvent inspirée par Byron ou Hugo et recherche l'effet dramatique, comme en témoignent les compositions de David Roberts, de Decamps ou Delacroix. Ces interprétations se distinguent du regard " ethnographique " du milieu du siècle, illustré par de grands voyageurs comme Lewis, Fromentin ou Gérôme, tandis qu'avec Ingres ou Monticelli se poursuivent les rêves d'atelier. Ces œuvres de terrain ou de laboratoire préludent à la modernité du " troisième style ", fusion de l'Europe et ,le l'Orient pressentie par August Macke comme par Wassily Kandinsky. Témoins d'une histoire qu'ils contribuent à illustrer, les peintres de l'orientalisme écrivent donc aussi la leur : celle d'une quête spirituelle et plastique qui cherche à l'" Est " l'idéal de pureté " primitive ".
Ingres est une des figures les plus célèbres de l'art français. Sa Grande Odalisque, le Portrait de mademoiselle Rivière ou Le Bain turc sont des icônes majeures de la peinture occidentale, et comptent parmi les tableaux favoris des visiteurs du Louvre. Mais le plus classique des peintres du XIXe siècle est aussi le plus retors; son œuvre fut longtemps l'objet de polémiques, et aujourd'hui encore elle déroute autant qu'elle fascine. C'est qu'elle exprime une personnalité artistique aux multiples facettes, parfois contradictoires : le dessinateur merveilleux, amant de la nature ; le portraitiste d'une virtuosité infaillible ; le créateur de nus limpides et monumentaux ; l'inventeur de formes délicieusement monstrueuses ; le très volontaire peintre d'histoire ; le doctrinaire rigide; le peintre éclectique faisant son miel des traditions les plus diverses ; l'artiste inspiré, l'affreux bourgeois... Cette complexité fait la richesse et la modernité d'une œuvre par ailleurs empreinte d'un érotisme puissant et chaste, qui constitue un de ses plus sûrs attraits.
Résumé : Et non sauvagerie du capitalisme ou capitalisme des sauvages. Ce numéro explore les altérités déroutantes produites par le capitalisme contemporain. Car la richesse n'est pas nécessairement vouée à être domestiquée pour accroître son rendement, mais peut être captée pour alimenter des formes de vie sociale différentes de la nôtre. Des Jivaros à la Chine, en passant le Tadjikistan, Dakar ou encore la Géorgie, on découvre les pratiques, les attentes, les désirs de grandeur et les contradictions de celles et ceux qui, aujourd'hui, bouleversent la logique du capital jusqu'à s'en plaindre. Il y a assurément d'autres mondes, mais ils sont dans celui-ci !
Après avoir été, sinon oublié, du moins mis au placard pendant plusieurs siècles par le parti académique, Caravage (1571-1610) a enfin retrouvé sa véritable place dans l'histoire de l'art occidental, une place égale à celle des grands maîtres de la Renaissance ou du XVIIe siècle. Son œuvre constitue une véritable révolution artistique. Caravage s'est d'abord attaché à restituer la substance matérielle des choses, avec une sorte de " réalisme absolu ". Puis il a introduit ce réalisme dans la peinture religieuse, choisissant ses modèles dans les classes populaires, et atteignant une maîtrise exceptionnelle dans l'expression des sentiments. Il fut ainsi le premier à affirmer la dignité du réel face au prestige de l'idéal. Sa biographie, digne d'un grand roman d'aventures, est pour beaucoup dans la popularité actuelle du personnage. Caravage était un homme violent et cette violence finira par sceller son destin : il commettra un meurtre, sera lui-même condamné à mort, prendra la fuite...
Fasciné par le mouvement, par la vie et par le corps féminin dont il saisit le moindre frisson, Rodin a su trouver, grâce a une science inégalée du modelé et à des hardiesses de composition, les moyens d'en traduire les plus subtiles expressions. Il nous fait redécouvrir le sens même de la sculpture, au point de réussir à transmettre dans une ?uvre inachevée ou un fragment autant de force que dans un groupe entier. C'est au mépris du scandale que soulève à l'époque presque chacune de ses ?uvres qu'il ose exposer des sculptures mutilées, des statues qui ne se soucient plus de rendre la ressemblance - comme son Balzac - mais de créer un effet plastique et expressif saisissant. Avec La Porte de l'Enfer, et les ?uvres qui en découlent, avec Les Bourgeois de Calais, avec Le Baiser ou le Victor Hugo, comme avec de simples mains ou bustes modelés par Rodin, naît la sculpture moderne.