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1980
Peace David ; Lemoine Daniel
RIVAGES
21,50 €
Épuisé
EAN :9782743612726
Après l'été caniculaire de 1977, voici Leeds sous la pluie en 1980. A la radio, Yoko Ono dit : " Ce n'est pas la fin d'une époque. Les années quatre-vingt seront tout de même belles... ". Sauf dans l'ouest du Yorkshire où les gens ont peur. Plusieurs années ont passé et les meurtres attribués à l'Éventreur continuent. Les femmes n'osent plus sortir le soir. La psychose grandit et la police demeure impuissante. Pis encore, le mal rôde au sein même des forces dites de l'ordre. La corruption est partout. Le policier Bob Fraser et le journaliste Jack Whitehead, qui avaient soulevé un coin du voile, l'ont appris à leurs dépens. Y a-t-il un flic honnête dans le comté du Yorkshire ? Il y a Peter Hunter, l'homme qui va enquêter sur les enquêteurs. Creuser à mains nues et ramener la boue. Creuser la tombe de ses collègues pourris ou la sienne ?Comme dans les deux précédents volumes du Red Riding Quartet (1974 et 1977) David Peace confie la narration à un personnage, ici Peter Hunter, le directeur adjoint de la police de Manchester. Cette façon d'intérioriser le point de vue lui permet de brosser à petites touches sèches un tableau palpitant, écorché, violent, empreint de tout le poids de la subjectivité et, pourtant, parfaitement maîtrisé. Le récit au présent nous plonge au coeur des événements, avec ses dialogues aux répliques brèves, comme saisies sur le vif, pour être soudain interrompu par de subites coulées de mots en fusion, privées de syntaxe, émanations d'une pensée en folie. Des métaphores extrêmes du chaos par lesquelles l'auteur ouvre (ou clôt ?) les chapitres.
Quinzième jour du huitième mois de la vingtième année de l'ère ShôwaTokyo, 32°, beau«Inspecteur Minami! Inspecteur Minami! Inspecteur Minami!»J'ouvre les yeux. Hors de rêves qui ne m appartiennent pas. Je me redresse sur ma chaise, derrière mon bureau. De rêves dont je ne veux pas. Mon col est mouillé, mon costume tout entier humide. Mes cheveux me démangent. Ma peau me démange...«Inspecteur Minami! Inspecteur Minami!»L'inspecteur Nishi décroche les rideaux du black-out, des rais lumineux et chauds d'aube et de poussière emplissent le bureau alors que le soleil se lève derrière les fenêtres zébrées de papier collant...«Inspecteur Minami!- Tu as dit quelque chose?» je demande. Nishi secoue la tête. Nishi répond: «Non.»Je regarde fixement le plafond. Rien ne bouge dans la lumière vive. Les ventilateurs sont arrêtés. Pas d'électricité. Les téléphones sont silencieux. Pas de lignes. Les toilettes sont bouchées. Pas d'eau. Rien...«Kumagaya a été touché pendant la nuit, dit Nishi. On parle d'une fusillade au Palais...- Donc je ne rêvais pas?»Je sors mon mouchoir. Il est vieux et sale. Je m'essuie à nouveau la nuque. Puis je m'essuie le visage. Et je fouille dans mes poches...On distribue du cyanure de potassium aux femmes, aux enfants et aux vieillards, car il paraît que le récent remaniement ministériel annonce la fin de la guerre, la fin du Japon, la fin du monde...Nishi montre une petite boîte et demande: «C'est ce que vous cherchez?»Je lui arrache la boîte de Muronal des mains. Je regarde son contenu. Suffisant. Je la fourre dans la poche de ma veste...Sirènes et alertes pendant toute la nuit; Tokyo torride et noire, cachée et tremblante; nuit et jour: rumeurs de nouvelles armes, peur de nouvelles bombes; Hiroshima, puis Nagasaki, Tokyo ensuite...Bombes qui signifient la fin du Japon, la fin du monde...Pas de sommeil. Seulement des rêves. Pas de sommeil. Seulement des rêves...Nuit et jour, c'est pourquoi je prends ces cachets...Voilà ce que je me dis, nuit et jour...«Ils étaient par terre», dit Nishi.J'acquiesce. Je demande: «Tu as une cigarette?»Nishi secoue la tête. Je le maudis. La ration suivante ne sera distribuée que dans cinq jours. Que dans cinq jours...La porte du bureau s'ouvre...
DANS LA VILLE OCCUPÉE, vous êtes écrivain et vous courez -En plein hiver, des papiers plein les bras, dans cette nuit de janvier, à travers les rues de Tokyo, vous courez pour fuir la scène de crime; vous fuyez la neige et la boue, la banque et les cadavres; vous fuyez la scène de crime et les mots du livre; des mots qui d'abord vous ont séduit et fasciné, puis dupé et défait, et qui à présent vous laissent empiégé et emmuré -Sous un ciel qui brandit une menace pire que la nuit, pire que la neige, maintenant vous soufflez et vous vous essoufflez, vous ahanez et vous haletez, vous suffoquez et vous vous asphyxiez...Car dans vos oreilles, vous les entendez venir, pas à pas, chuchotant et marmonnant. Dans vos oreilles, vous les entendez gagner du terrain, pas à pas, bavant et grondant, pas à pas, pas à pas -Une Parade Nocturne de Cent Démons...Alors que vous titubez dans la nuit, vos lunettes tombent de votre nez. Alors que vous trébuchez dans la neige, vos papiers vous glissent des mains. Dans la nuit et dans la neige, vous tâtonnez à la hâte pour retrouver vos lunettes et vos papiers, vous cherchez votre vue et votre travail. Mais le vent lourd de fantômes est là, à présent, de nouveau l'air enspectré s'abat sur vous. Il vous arrache vos papiers et il brise vos lunettes, il crée un maelström de feuilles volantes, un tourbillon d'éclats de vos verres brisés, tandis que vous vous débattez toutes griffes dehors dans le vent qui charrie tout cela, que vous agitez les bras devant vous dans l'air hanté -Et puis soudain le vent trépasse et l'air à présent a disparu, les feuilles de papier et les éclats de verre tombent sur le sol. Vous saisissez vos lunettes, vous empoignez vos papiers, votre manuscrit; votre manuscrit, celui dulivre-à-venir;ce livre quine viendrapas -Ce livre inachevé du crime non élucidé. Ce livre de l'Hiver, ce livre du Meurtre, livre de la Peste.
Si 1977 est l?année du jubilé de la reine d?Angleterre, c?est aussi celle de l?affolement pour tous ceux qui assimilent le sept au chiffre de l?apocalypse. Ils n?osent plus sortir de chez eux. Il y a dans la région de Leeds "un million de petites apocalypses et des tas de putains de comptes qui se règlent". Le plus inquiétant, celui qui terrorise tout le Yorkshire est connu sous le nom de L?Éventreur. En quelques années, il s?est rendu coupable d?une dizaine de meurtres de prostituées qu?il défigure au tournevis et au marteau. Au c?ur de cet enfer, deux hommes sont particulièrement affectés : le policier Bob Fraser, trente-deux ans, qui hait le monde aussi fort qu?il se déteste lui-même. Marié avec Louise, la fille d?un vieux flic qui agonise à l?hôpital, il culpabilise car il délaisse son fils (qu?il adore) depuis qu?il est amoureux de Janice, une jeune prostituée dont il craint qu?elle ne soit victime de l?Éventreur. Le journaliste Jack Whitehead se trouve dans la même spirale de désespérance. Alcoolique obsédé par la disparition violente d?une certaine Carol, il fait des cauchemars tout éveillé et feuillette inlassablement le dossier Meurtres et agressions de femmes dans le nord de l?Angleterre. Et tandis que le tueur continue de frapper méthodiquement, les enquêtes s?enlisent et les deux protagonistes sombrent peu à peu dans la folie. Ce deuxième volet du Red Riding Quartet, une chronique sociale sur la région du Yorkshire, est encore plus éprouvant que 1974 qui ouvrait le feu. C?est la description d?un monde en deuil, accablé par les meurtres mais aussi par la crise économique. Certaines scènes qui mettent en cause le comportement de la police sont d?une dureté à la limite du soutenable pour les âmes sensibles. S?y ajoute une écriture hachée, pleine d?ellipses et de dialogues vifs qui pourra surprendre le lecteur ne connaissant pas encore ce romancier d?exception. --Claude Mesplède
Après Jeanette Garland et Susan Ridyard, la jeune Clare Kemplay vient de disparaître sur le chemin de l'école. Son cadavre sera bientôt retrouvé dans une tranchée sur un chantier. Nous sommes en 1974, dans la région de Leeds. Noël approche. Edward Dunford, reporter à l'Evening Post, est encore un néophyte qui fait ses premières armes dans l'ombre du journaliste vedette de la rédaction, Jack Whitehead. Au volant de la vieille voiture de son père, il sillonne les routes de l'Ouest du Yorkshire à la recherche d'indices susceptibles d'éclairer les meurtres de ces trois fillettes. Au début, il croit seulement chasser le scoop, mais plus il enquête, plus il découvre que bien des choses sont pourries au royaume du Yorkshire: policiers corrompus, entrepreneurs véreux, élus complices? Depuis ce premier volume de la tétralogie que David Peace a consacrée au Yorkshire, la réputation de l'auteur n'a cessé de grandir. Dès la parution de 1974, la presse avait été quasi unanime: « On ne saurait échapper à la musique d'une telle douleur », lisait-on dans le New York Times, tandis que Michel Abescat parlait dans Télérama d'un « requiem bouleversant d'humanité et de compassion »
Patrick Kenzie est toujours détective privé à Boston, mais il s'est séparé de sa fidèle coéquipière, Angela Gennaro. Lorsque Karen, une jeune femme victime de harcèlement, a recours a ses services, il règle rapidement le problème et pense ne plus en entendre parler. Jusqu'au jour où il apprend que Karen s'est jetée du vingt-sixième étage d'une tour. Il semble qu'une invraisemblable succession de malheurs ait poussé à bout la jeune femme... Mais Patrick ne croit pas à une telle série de coïncidences et, confronté à un tueur qui ne tombe sous le coup d'aucune loi, il va avoir besoin de l'aide d'Angela. Avec ce cinquième épisode de la saga Kenzie-Gennaro, Dennis Lehane confirme son statut d'auteur de best-sellers.
Il est le symbole de nos rêves oubliés, l'ennemi acharné de nos compromis, le chantre de nos espoirs déçus, le sursaut invincible de la féerie contre l'esprit de sérieux. A la routine du quotidien, il oppose ses incessantes improvisations, souvent plus sombres que Walt Disney ne les a peintes, mais aussi plus spectaculaires, plus audacieuses, plus incroyables. Adultes! Vous qui ignorez le langage des étoiles, vous qui n'entendez plus parler les fées, vous qui n'avez ni le courage d'égorger les pirates ni celui de défier les ombres de la nuit, suivez James Matthew Barrie par la fenêtre de ce livre. On y redécouvre en volant l'incroyable aventure d'exister.
Philosophe et poète, Emerson (1803-1882) fut le chef de file du mouvement transcendantaliste. Il fut le maître de Thoreau et, plus largement, le plus éminent représentant d'une tradition américaine de recherche de l'harmonie entre l'homme et la nature. Envisageant les différents territoires de l'existence (la vieillesse, la vie domestique...), Société et solitude propose les fondements d'une véritable sagesse moderne.
Comme les cinq précédentes aventures de Kenzie et Gennaro, Moonlight Mile est un roman totalement contemporain qui dépeint une Amérique en proie à une grave crise morale et sociale. L?auteur de Mystic River et de Shutter Island n?a rien perdu de son art de la métaphore, des dialogues incisifs et des scènes choc. L?art de faire vibrer le lecteur à chaque page.