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Du pessimisme
Paul Jean-Marie
ENCRE MARINE
45,00 €
Épuisé
EAN :9782350880631
L'homme ne cesse de se demander pourquoi il est malheureux. Si le pessimisme est de tout temps, il prospère pourtant à certaines époques de l'histoire. La fin de la Révolution et de l'Empire marque le retour à l'Ancien Régime qui ne fait pas rêver. Le romantisme et Schopenhauer alimentent le désespoir et s'en nourrissent. Byron, Leopardi, Chateaubriand, Poe, Baudelaire chantent le vague des passions, le spleen, l'ennui et la mélancolie. L'histoire du progrès est celle d'un désamour. La modernité est désavouée dès sa naissance. Dans un monde où Dieu se meurt et où l'homme est au plus mal, la syphilis, l'urbanisation et l'industrialisation ne laissent guère de raisons d'espérer. Porté par les plus grands écrivains, le pessimisme envahit le XIXe siècle du sud au nord de l'Europe. On s'étonne presque que Freud et la psychanalyse soient venus si tard dans une société où l'angoisse et la dépression régnaient en maîtres depuis longtemps, et à Paris plus que dans toute autre capitale. Le XXe siècle allait apporter une apocalypse pire que celle promise par les écrivains et les philosophes. Si l'Allemagne a pensé le pessimisme, la France l'a vécu passionnément et le cultive aujourd'hui avec obstination pour des raisons spécifiques que l'auteur tente de percevoir. Sans complaisance et sans militantisme, il s'interroge sur les causes d'un phénomène dont rien n'annonce la fin.
Résumé : A quatre-vingt-trois ans, l'un des plus éminents spécialistes de la philosophie antique et médiévale, Kurt Flasch, met à profit l'occasion de faire le bilan de ses expériences. La religion chrétienne en fait partie. Elle ne fut pas le seul centre d'intérêt de sa vie, pas même son contenu principal. La politique et la philosophie, l'histoire et la littérature furent tout aussi importantes. Mais sous des formes diverses il est toujours revenu à elle. Dans ce livre, issu de son dernier cours magistral, Kurt Flasch raconte comment il en est venu à douter du christianisme. Il aborde les principaux points de la doctrine chrétienne sous ses formes catholique et protestante et s'adresse à chaque croyant comme à chaque non-croyant : peut-on être et rester chrétien de manière rationnelle ? Flasch ne livre ici ni autobiographie ni pamphlet polémique. Il s'efforce d'être historiquement juste, étudie soigneusement les dogmes chrétiens, toujours avec la compréhension de l'histoire, et ne rentre dans les détails que lorsqu'ils sont nécessaires à un jugement objectif. Aujourd'hui, nombreux sont les hommes qui se demandent s'ils sont encore chrétiens. D'autres souhaitent le devenir à nouveau et sont en quête de chemins. Chacun de ceux qui sont sûrs ou non de leur foi trouvera bénéfice à la lecture de cet adieu à la religion, aussi radical que serein.
En profond renouveau depuis plus de trois décennies, l'historiographie politique française a investi des champs de recherche variés et jusqu'alors inexplorés tant à l'échelle nationale que locale. L'histoire parlementaire a acquis une place centrale dans cette fertile activité historiographique. C'est précisément dans cette dynamique scientifique qu'entend s'inscrire l'ouvrage, à l'échelle de la France méditerranéenne. Aire géographique tout autant que culturelle au carrefour de multiples influences, la Méditerranée est porteuse d'un héritage ainsi que, en un sens, d'une tradition politique spécifique. Elle est aussi un laboratoire atypique d'observation de la vie politique française, où les événements nationaux trouvent une résonance particulière, au gré d'une histoire locale rythmée par des aspirations souvent contradictoires, des crises ou encore des changements de souveraineté. Dans le sillage de domaines historiques en pleine expansion, relatifs aux sensibilités et mentalités collectives, aux représentations, mais également à l'interaction entre parcours politiques individuels et collectifs, et également sensible aux acquis méthodologiques portés par la micro ou la socio-histoire, l'ouvrage souhaite approfondir l'évolution politique contemporaine, d'autant que le moment paraît particulièrement opportun pour poser les premiers jalons d'une histoire des élites politiques méditerranéennes. Une histoire globale de la France du Sud-Est, de la Révolution française à la Ve République, ouverte et réceptive aux derniers acquis de la recherche.
Le système et le rêve sont des expériences concrètes de notre vie quotidienne que le sens commun se plaît à opposer. De récentes apocalypses font que le système suscite la méfiance, le rêve un engouement superficiel. L'histoire des mentalités, des idéologies, l'histoire littéraire ne vérifient pas cette dichotomie. Hanté par le rêve, le système est producteur d'utopies fanatiques, tandis que le rêve, avide de réalité, s'invente un univers gouverné par une logique systématiquement folle, comme si ces deux aspirations inséparables de la condition humaine se compénétraient plus qu'elles ne s'excluaient. Une réflexion sur les enjeux philosophiques, politiques et esthétiques du heurt, de la fusion ou de la confusion des notions invite à un dépassement humaniste, fait sourdre une nostalgie d'équilibre et d'harmonie elle-même utopique. L'élucidation des concepts et de leur évolution dans les esthétiques classique et romantique, les réponses apportées par les œuvres (incidemment par les vies) de Bachelard, Diderot, Friedrich Schlegel, Hölderlin, Jules Laforgue, Paul Klee, Condorcet, Thomas Mann posent quelques-uns des jalons d'une réflexion sur une problématique inépuisable.
C'en est fini de la guerre, il est grand temps que les champs de bataille laissent la place aux forçats de la route. 1919 sera l'année de cette renaissance. En avril, Henri Pélissier gagne Paris-Roubaix, qui trouve son surnom d'Enfer du Nord en traversant villes et champs de ruines. Pendant qu'à Versailles, on discute pour finaliser la paix, se dispute l'unique Circuit des Champs de Bataille qui visite les régions dévastées. En Italie, le Giro parcourt le Trentin, le Haut-Adige et fait étape à Trieste, qui furent autant d'enjeux menant à l'entrée en guerre de Rome en 1915. Des rivages de la mer du Nord à ceux de l'Adriatique, de la Flandre à la Champagne, des collines de l'Artois aux côtes de Meuse et de Moselle, des "ballons" vosgiens aux cols pentus des Dolomites, les courses cyclistes racontent l'histoire d'une Europe meurtrie qui veut revivre sans oublier. Le lendemain de la signature du traité de Versailles, démarre le 13e Tour de France qui fait étape dans les villes reconquises de Strasbourg et Metz. Eugène Christophe reçoit à Grenoble le premier maillot jaune créé pour identifier le leader de l'épreuve, mais c'est le Belge Firmin Lambot qui ramène la précieuse tunique à Paris. Les 10 et 11 novembre 1919, avec le Grand Prix de l'Armistice de Strasbourg à Paris, le sport cycliste célèbre le souvenir de celle que l'on pensait être la der des der...
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal. Le livre est impressionnant par "une masse de faits et d'idées à méditer, et de perspectives singulièrement larges sur le plus lointain passé de l'humanité" (Febvre encore). II annonce tant les maîtres-livres de l'auteur sur la technologie, que son livre illustré sur la Préhistoire de l'art occidental (1965) ou encore son chef d'oeuvre qui sut toucher un large public cultivé au-delà des spécialistes, Le Geste et la parole, dans lequel l'auteur interroge l'avenir de l'homme en prenant appui sur son passé à l'échelle paléontologique.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").