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Trois études sur les Histoires de Paris de Mario Benedetti
Patron Sylvie
LAMBERT-LUCAS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782359353143
Mario Benedetti (1920-2009) est l'un des plus grands auteurs latino-américains du XXe siècle. Son oeuvre prolifique et diverse (romans, nouvelles, recueils de poèmes, pièces de théâtre, essais, journalisme...) est encore peu traduite et peu étudiée en français. Histoires de Paris est la traduction française par Anne Casterman de ses Historias de París, nouvelles illustrées par Antonio Seguí. Trois d'entre elles sont ici étudiées dans une perspective "non communicationnelle" opposée au modèle dit "de la communication narrative" qui domine la théorie, l'analyse et l'interprétation du récit de fiction depuis l'avènement de la narratologie. Les deux premiers chapitres présentent des arguments linguistiques et transmédiaux en faveur du caractère optionnel du narrateur dans la deuxième des Histoires de Paris, "Cinq ans de vie", et dans ses illustrations par Antonio Segui. Le troisième chapitre porte sur "Géographies", "Cinq ans de vie" et "Le petit hôtel de la rue Blomet" ; il fait appel à un paradigme théorique qui n'a jamais été exploré dans le cas du récit de fiction : celui des small stories, qui concerne les récits et les identités de la vie réelle.
A travers ce recueil d'articles sont présentées les principales directions prises par la recherche sur le récit depuis l'avènement de la " narratologie postclassique " (postclassical narratology). Les contributions (dont certaines sont traduites pour la première fois en français) sont signés des plus grands noms de la narratologie postclassique. Ils ont aussi vocation à représenter ses principaux courants.
En 1976 paraissait le premier numéro d'une revue nommée de façon un peu obscure 34/44. Cette publication qui deviendra Textuel partage des traits communs avec d'autres revues, nées comme elle de l'énergie théorique des années 1960. Mais elle s'en distingue par son caractère libertaire. Plus interdisciplinaire que Littérature, elle s'ouvre d'abord aux étudiants. Aussi théorique et textualiste que Poétique, elle ne dispose pas du soutien d'un éditeur ayant pignon sur rue. Mise en place dans les librairies par ses animateurs, fabriquée avec les moyens du bord, elle accueille pourtant, au long des 60 numéros de sa première série, de grands noms des lettres et sciences humaines, à commencer par celui de Julia Kristeva, sa première directrice. Cette anthologie esquisse son histoire et s'efforce de donner une vivante image d'un mo(nu)ment inaperçu de l'histoire intellectuelle française.
Les revues sont nombreuses à naître à la Libération. Toutes n'eurent pas la même importance que Critique, et très rares sont celles qui paraissent encore aujourd'hui. C'est l'une des raisons pour lesquelles la correspondance échangée par Georges Bataille, son fondateur et directeur, et Eric Weil, important philosophe allemand que Bataille associe à la direction des premières années de la revue, est si instructive. On y lit certes les considérables difficultés éditoriales qu'elle a rencontrées d'abord : deux éditeurs en quatre années, avant de trouver avec les Editions de Minuit, en 1950, celui qui lui sera désormais fidèle. Mais là n'est pas l'essentiel, qui tient dans l'échange profond et souvent tendu de deux intellectuels que beaucoup oppose, excepté leur commune volonté d'oeuvrer à la réussite d'une revue "bibliographique", "représentant l'essentiel de la pensée humaine prise dans les meilleurs livres" français et étrangers, ainsi que Bataille l'annonçait dès son premier projet. Si cela devait suffire à distinguer Critique des revues d'opinion, il n'en faudra pas moins compter avec les passions politiques : délicat équilibre à trouver entre marxistes et non marxistes, communistes et gaullistes, existentialistes et surréalistes ; enfin, entre "spécialistes" qu'Eric Weil choisit avec beaucoup de scrupules et "intellectuels", pour la plupart amis de Bataille, revenant avec lui d'un entre-deux-guerres commun et passionné.
Résumé : Fondée en 1946 par Georges Bataille, la revue " Critique " affirme un projet intellectuel à la fois exigeant et original servi par une formule éditoriale rigoureuse : il s'agit, sur les traces de Diderot, de " rassembler les connaissances éparses sur la terre, en exposer le système général et le transmettre aux hommes qui viendront après nous ". Cette visée ambitieuse est portée par des personnalités qui signent la renommée de sérieux de la revue : pas d'équipe, pas de communauté, mais un " esprit Critique ", celui de Maurice Blanchot, Eric Weil, Roland Barthes, Jacques Derrida, Michel Serres, Michel Foucault, Michel Deguy... Ils furent les protagonistes d'une entreprise essentielle pour l'histoire de la critique, de la théorie littéraire et de la philosophie contemporaine. Sur un demi-siècle, jusqu'à la disparition en 1996 de Jean Piel, collaborateur et successeur de Georges Bataille, Sylvie Patron retrace l'histoire de Critique, analyse les grandes écoles de critique littéraire traversées par la revue et développe les enjeux philosophiques qu'elle fut amenée à défendre. La somme des documents publiés, extraits notamment des archives de Jean Piel déposées à l'IMEC, apporte un éclairage inédit sur le contexte dans lequel la revue parut et sur la singularité de son projet.