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L'Europe après l'Europe
Patocka Jan ; Abrams Erika ; Crépon Marc
VERDIER
23,33 €
Épuisé
EAN :9782864324966
Dans le monde de l'" après Europe ", que Patocka situe dès la fin de la Première Guerre mondiale, et devant les impasses où nous a conduit ce qui ne s'appelait pas encore la " globalisation " et qu'il nommait lui-même " l'ère planétaire ", il convient de s'interroger sur l'héritage européen. Qu'a-t-on retenu ou occulté de l'expérience et du destin de l'Europe ? Il s'avère alors que l'adoption généralisée du seul calcul de la puissance - reste de sa suprématie déchue - constitue au fond un dévoiement de ses fondements philosophiques. Partant du thème socratique du " soin de l'âme ", Patocka élabore ensuite une analyse exigeante et radicale de l'identité de l'Europe, étrangère à toute notion réductrice d'appartenance et à toute illusoire spécificité. Il conjoint le projet ontologique, le projet critique et politique et le projet de vie pour fonder sa vision de l'Europe sur ce qu'il appelle un " rapport essentiel et explicite à l'impérissable ".
C'est à l'exploration des infléchissements apportés par la pensée de Pato ? ka dans le paysage de la phénoménologie et l'anthropologie philosophique que sont consacrés les articles suivants, précédés d'une présentation d'Ovidiu Stanciu et Dragos Duicu : - Chiara Pesaresi, Liberté et négativité chez Pato ? ka. Apports des Carnets philosophiques (1945-1950) - Dragos Duicu, Le lien entre le projet pato ? kien de phénoménologie asubjective et le troisième mouvement de l'existence humaine - Charles-André Mangeney, Du kantisme paradoxal de la phénoménologie asubjective de Jan Pato ? ka - Ovidiu Stanciu, Sortir de l'éléatisme. Jan Pato ? ka et les impasses de l'ontologie sartrienne - Ciro Adinolfi, Du sujet à la subjectivation. Perspectives sartriennes et pato ? kiennes.
Eternité et historicité apporte, au débat entre l'existentialisme et le marxisme sur l'idée de l'homme, une contribution qui aurait mérité de prendre place dès sa rédaction, en 1947, à côté de L'existentialisme est un humanisme de Sartre, la Lettre sur l'humanisme de Heidegger et Existentialisme ou marxisme? de Lukacs. Ce volume - un des très rares livres conçus par Patocka lui-même en tant que tels - porte l'empreinte des circonstances dramatiques dans lesquelles il a vu le jour: esquissé à l'ombre portée de la guerre à peine finie et des changements politiques alors imminents à l'Est, il s'inscrit dans le feu d'une polémique déclenchée par la publication du testament philosophique d'Emanuel Radl, principal élève du grand humaniste que fut T. G. Masaryk. Le texte sera ensuite élargi, dans le prolongement du cours de 1947 sur Socrate, à un dialogue avec Scheler, Husserl, Heidegger, Sartre et Jaspers, mais il devra attendre jusqu'en 1987 pour connaître une première édition et vingt ans encore avant de paraître enfin sous sa forme intégrale. Illustration et défense de la possibilité d'une "éthique réellement historique", le texte se lit aujourd'hui comme une étape essentielle sur le chemin qui conduit au "socratisme politique" du propre testament de Patocka.
Conçue et écrite dans le milieu des années soixante, cette Introduction à la phénoménologie de Husserl marque les retrouvailles de Patocka avec la phénoménologie après la césure de la guerre et des années cinquante. Ayant fait l'objet d'un cours à Prague et à Mayence, ce texte ne vaut pas seulement par ses vertus pédagogiques, mais surtout par la remise en perspective globale, historique et critique, qu'il propose de la problématique du fondateur de la phénoménologie. Exposé en forme de bilan, repartant des origines dans la Philosophie de l'arithmétique et les Recherches logiques, et allant jusqu'à la réduction phénoménologique, la conscience intime du temps et la question de l'intersubjectivité, il est remarquable par son sens des nuances et des difficultés, le plus souvent inaperçues dans des présentations plus doctrinales: on y retrouve tout l'"esprit de finesse" si caractéristique de Patocka. Destiné à tous les publics intéressés par la phénoménologie, cet ouvrage, rédigé par un familier de Husserl, de Heidegger et de Fink, vaudra tant par la puissance que par la subtilité de sa remise au point.Le cours est suivi d'un manuscrit de travail, daté de 1976 par les Archives Patocka, et intitulé "la Phénoménologie transcendantale de Husserl après révision". C'est dire que Patocka ne s'est jamais estimé quitte de l'?uvre de Husserl, dans ses efforts pour en prolonger la portée.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.