Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Eternité et historicité
Patocka Jan ; Abrams Erika
VERDIER
18,25 €
Épuisé
EAN :9782864325956
Eternité et historicité apporte, au débat entre l'existentialisme et le marxisme sur l'idée de l'homme, une contribution qui aurait mérité de prendre place dès sa rédaction, en 1947, à côté de L'existentialisme est un humanisme de Sartre, la Lettre sur l'humanisme de Heidegger et Existentialisme ou marxisme? de Lukacs. Ce volume - un des très rares livres conçus par Patocka lui-même en tant que tels - porte l'empreinte des circonstances dramatiques dans lesquelles il a vu le jour: esquissé à l'ombre portée de la guerre à peine finie et des changements politiques alors imminents à l'Est, il s'inscrit dans le feu d'une polémique déclenchée par la publication du testament philosophique d'Emanuel Radl, principal élève du grand humaniste que fut T. G. Masaryk. Le texte sera ensuite élargi, dans le prolongement du cours de 1947 sur Socrate, à un dialogue avec Scheler, Husserl, Heidegger, Sartre et Jaspers, mais il devra attendre jusqu'en 1987 pour connaître une première édition et vingt ans encore avant de paraître enfin sous sa forme intégrale. Illustration et défense de la possibilité d'une "éthique réellement historique", le texte se lit aujourd'hui comme une étape essentielle sur le chemin qui conduit au "socratisme politique" du propre testament de Patocka.
Dans cet ouvrage, Jan Patocka nous propose un cheminement, une " tentative d'introduction aux questions générales d'orientation dans la situation présente du monde ". Remontant aux fondements spirituels de l'Europe et aux racines mêmes de la métaphysique chez Platon, il met le thème platonicien du soin de l'âme en parallèle avec la méthode de la phénoménologie de Husserl et le questionnement renouvelé par la pensée de Heidegger. Il s'interroge à la fois sur notre héritage et sur notre avenir. La fin de la philosophie est-elle possible. La philosophie - non pas celle qui s'est rendue tributaire de la science ou de la praxis révolutionnaire, mais celle des " hommes pris à la gorge par la nécessité vitale de s'expliquer avec la détresse fondamentale de la vie ", l'aspiration vers la " vie bonne " dont l'Europe est issue - n'est-elle pas à même de nous fournir, aujourd'hui encore, un appui et une arme contre le déclin ? N'y a-t-il pas un autre " engagement " que celui qui, se cantonnant dans le domaine du quotidien, s'égare fatalement, victime de prophètes antithétiques ? S'interroger sur le sens et les possibilités de la philosophie, c'est s'interroger sur le rôle qui pourra encore revenir à l'Europe dans l'histoire. Le message de Patocha est fait de lucidité et d'espoir.
Loin du traité systématique sur la phénoménologie après Husserl et Heidegger, encore plus loin du commentaire savant de tel ou tel texte fondateur, le présent recueil est porté par quelques-unes des questions et perplexités fondamentales laissées pendantes par les deux maîtres de Fribourg. Témoins d'une méditation prolongée sur le sens de la phénoménologie comme interrogation ouverte à l'écart de toute réduction scolastique, les études ici rassemblées (écrites entre 1960 et 1976) sont appelées, par leur style et par leur fond, à faire de Patocka un véritable classique de la phénoménologie, à montrer que celle-ci, quoi qu'on en ait dit durant des années heureusement révolues, appartient toujours au mouvement de la pensée. Qu'il s'agisse du problème de l'autre et de la spatialisation originaire, de la réinterprétation du cogito à travers la conception d'une phénoménologie " asubjective " qui ouvre à un nouveau sens du monde et de sa phénoménalité, ou encore, dans le même mouvement, de la distinction rigoureuse qu'il faut désormais opérer entre épochè et réduction phénoménologique, la pensée ici au travail nous propose des réponses inédites à des apories bien connues, et qui sont susceptibles de constituer, à leur tour, autant de nouveaux départs pour la réflexion. Pour la première fois sans doute depuis le tournant du siècle, et avec une subtilité extrêmement stimulante, Patocka, dont on sait que la vie fut brutalement interrompue en 1977, était en train, parallèlement à Merleau-Ponty, de libérer la phénoménologie d'une métaphysique trop exclusive du temps originaire, et par là, de l'ouvrir à un sens plus aigu de la phénoménalité.
Pendant du volume L'Ecrivain, son "objet" , ce recueil présente neuf études écrites pour la plupart en marge de la traduction de l'Esthétique de Hegel publiée par Patocka en 1966. L'art et le temps, c'est aussi l'art et l'histoire. Non seulement un regard historique sur la discipline spéciale du savoir que l'on nomme l' "esthétique" , un tour d'horizon de la réflexion philosophique sur le beau et sur l'art depuis les présocratiques jusqu'à nos jours, à travers Platon et la Renaissance, avec un grand temps d'arrêt auprès de l'idéalisme et du romantisme allemands, une analyse approfondie de la conception hégélienne qui détermine toute la pensée moderne dans ce domaine, mais encore une réflexion qui rapporte tout ce complexe thématique aux questions fondamentales de la philosophie en général, un chemin de pensée dont les grands jalons - le souci et le drame de l'âme, la tragédie de la liberté, la crise du sens, le temps en tant que lieu de la vérité, fondement à la fois de la phénoménalisation du monde et du mouvement de l'existence humaine dans sa transcendance - sont déjà familiers aux lecteurs de Patocka. Esquissant une approche de la vérité de l'art fondée dans le problème du temps en tant que temporalité, ouvrant en avenir la théorie hégélienne de l'art comme "chose du passé" , le philosophe tchèque défend avec conviction le rôle positif qui peut être celui de la création artistique dans le contexte de la crise actuelle de la civilisation rationnelle - non pas comme récepteur passif d'une "faveur de l'être" , mais en tant que l'art, "identité du sens et de sa manifestation" , demeure "intégralement et par définition une preuve de la liberté spirituelle de l'homme" .
Résumé : " Si la phénoménologie peut nous aider, écrit Jan Patocka en 1965, ce n'est pas en dépit de son inachèvement, mais précisément parce qu'elle n'est pas un système fermé. Une philosophie inachevée est une philosophie ouverte. Une philosophie qui, d'une certaine manière, recommence à nouveau à chaque pas, reprend chaque problème à partir du début. " Telle est la situation dont témoignent les Papiers phénoménologiques, recueil d'écrits datés des années 1965-1976, inédits en tchèque et en allemand, dont le texte a été établi, puis traduit par Erika Abrams. Le choix éditorial qu'elle propose se distribue selon deux axes principaux : tout d'abord, celui du mouvement de l'existence, rayonnant dans les problématiques de l'espace, de la corporéité, de l'être-avec ; ensuite, celui du mouvement de l'apparition, en confrontation critique avec les pensées de Husserl, de Heidegger et de Fink. De l'un à l'autre axe, et dans leurs recroisements, se trouvent les motifs complexes qui ont préparé à l'élaboration de la " phénoménologie asubjective ", sans doute l'apport le plus original de Patocka à la phénoménologie. À l'heure où l'essentiel de l'?uvre phénoménologique de Patocka commence à être connue du public français, il était indispensable, pour donner l'idée du travail phénoménologique, de pénétrer dans le " laboratoire " des pensées du philosophe tchèque. Et ce, pour tenter de conjurer le danger qui menace la phénoménologie depuis sa fondation par Husserl : sa réduction à des corps de doctrine où se perd ce qui fait la " vie " même de la phénoménologie. Incitation, donc, à la poursuivre plutôt qu'à la " compléter " ou à la " dépasser ", dans la découverte qu'il n'y a pas un seul de ses thèmes de réflexion qui ne soit très concrètement une question et un problème, ouverts à l'infini de la reprise incessante, au gré de styles d'interrogation irréductiblement divers.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".