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Parole et geste dans la tragédie grecque. A la lumière des trois "Electre"
Capponi Matteo ; Calame Claude
ALPHIL
29,90 €
Épuisé
EAN :9782889303267
Imaginez-vous à Athènes, vers 414 avant J.-C. Dans le théâtre de Dionysos sous l'Acropole. Gradins en bois, solde terre battue, et pour seul décor un bâtiment rudimentaire, doté d'une grande porte. Au programme, Electre de Sophocle. La porte s'ouvre, Electre apparaît. C'est la fille de Clytemnestre et d'Agamemnon. Clytemnestre a assassiné Agamemnon à son retour de Troie, après dix ans de guerre. Elle règne aux côtés de son amant, Egisthe. Electre vient hurler sa peine devant le palais de Mycènes, face aux 12 000 spectateurs athéniens. Elle prend à témoin le jour qui se lève, rappelle le meurtre affreux de son père, invoque les déesses de la vengeance. Sophocle La représente ainsi, accablée par le deuil. Grâce à une tradition longue de 2 400 ans, nous connaissons les mots d'Electre prononcés ce jour-là : ceux de l'héroïne, ceux du poète, ceux de l'acteur derrière le masque. Nous avons le texte qui nous permet d'imaginer les gestes. Et de là les effets de scène, l'émotion des spectateurs, le spectacle vivant. Le présent ouvrage part à La recherche de ces gestes perdus. Entre les lignes des trois "Electre" d'Eschyle, Sophocle et Euripide, il décèle des gestes de différentes natures : jeu et danse du comédien ; actes de parole d'Electre qui prie, se lamente, jure, maudit ; figures stylistiques par lesquelles le poète donne corps au texte. Or ces différents "gestes" semblent se compléter, se répondre... Pour s'en assurer, il faut adopter une autre lecture : mobiliser, comme le public grec, l'ouïe et le regard.
Caproni Giorgio ; Lacoue-Labarthe Philippe ; Nicol
Résumé : En 1948, à l'initiative probable du Mouvement de la Paix, et tout particulièrement des sections française et polonaise , l'idée se fait un jour d'un vaste Congrès international réunissant artistes, écrivains, intellectuels et savants du monde entier ; bref l'intelligentsia " planétaire " qui milite en faveur de la cessation définitive de la Guerre et des guerres. Le Congrès doit se tenir à Wroklaw, en Breslavie, du 25 au 28 août...
Publié six ans après Dans le noir (finaliste en 1997 du prix Fémina/Étranger, et élu peu après par le magazine « LIRE » comme l'un des « 20 livres de l'année »), L'Abîme a reçu à Belgrade le prestigieux prix NIN - l'équivalent de notre Goncourt - et s'est vu comparer par la critique à La Marche de Radestzki du génial Joseph Roth. Roman inscrit dans l'histoire, plutôt que roman historique au sens ordinaire de l'expression, L'Abîme évoque la figure d'un prince malheureux: Mihailo Obrenovic, parvenu pour de bon au pouvoir en 1860 après le règne de son terrible père Miloch; qui rêva un temps de moderniser son jeune pays échappé depuis peu au joug turc, mais qui entravé par de trop grandes espérances, trahi à la fois par sa volage épouse et par l'Histoire, s'enferma dans une solitude où il finit par s'engloutir. A l'image peut-être de son singulier pays, incapable de surmonter ses frustrations et qui, périodiquement, recourt à la solution du pire: le saut dans l'abîme. Tout l'art de la romancière consiste ici, comme en écho à la chute annoncée, à briser en fragments de miroir l'histoire qu'elle raconte - les lettres de la princesse Julie venant contredire le Journal intime de Mihailo, apporter un éclairage autre à ce qu'on appelle la réalité? cette somme insaisissable éternellement divisée par les regards que chacun porte sur elle. La leçon - on le devine même si l'auteur paraît n'en rien dire - vaut sans doute aussi pour le présent. On a envie d'ajouter, tant le climat de mélancolie du livre tranche avec la tonalité ordinaire des romans inspirés par l'Histoire, qu'elle vaut pour tous les pays et pour tous les temps: puisque l'art de gouverner les destinées humaines, après tout, n'est peut-être rien d'autre qu'un art de mourir. Biographie de l'auteur Svetlana Velmar-Jankovic, née à Belgrade, a publié son premier roman en 1956. Son oeuvre ne s'est pas imposée sans peine. En 1990, la critique et le large public ont plébiscité Dans le noir (sélectionné en 1997 par le magazine "Lire" parmi les "20 meilleurs livres de l'année"), auquel l'auteur donnera plus tard une suite désenchantée (Le Pays de Nulle part) 2001.Publié en 1996, L'Abîme a été couronné en Serbie par le prestigieux prix Nin - l'équivalent de notre Goncourt
Mesa Selimovié est né le 26 avril 1910 à Tuzla et mort à Belgrade le 11 juillet 1982. Après des études de philosophie, il a participé, dès 1941, au comité national de Libération. Son oeuvre, qui comporte des romans, un essai, des recueils de nouvelles et des mémoires, lui a valu les plus hautes récompenses de son pays. Le Derviche et la mort (L'Imaginaire, Gallimard, 2004), La Forteresse (Le Serpent à plumes, 2007) et L'Ile, publié en 1974, firent de Mesa Selimovié un classique dans son pays, à l'égal d'Ivo Andric.
Résumé : Une jeune épouse qui refuse de se plier aux règles de sa nouvelle zadrouga ? ces communautés familiales élargies de Serbie, un soldat qui revient de la guerre contre les Turcs et qui est accueilli par son père, une jeune fille qui part faire des études dans la capitale et fait la fierté de son village, un père qui sombre dans la spirale du jeu au désespoir de sa famille, telles sont ces "scènes de la vie serbe" auxquelles l'auteur nous invite à assister à travers ces nouvelles. Trois d'entre elles avaient été traduites, véritables trésors littéraires, dans des revues francophones à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, faisant connaître aux lecteurs occidentaux ce pays encore depuis peu libéré de l'Empire ottoman, et sont présentées ici dans ces traductions révisées accompagnées de deux nouvelles traductions.
Bozzini David ; Fresia Marion ; Killias Olivia ; L
Qu'est-ce que L'engagement en anthropologie ? Comment s'engage-t-on aujourd'hui ? En s'appuyant sur le parcours de notre collègue et amie Ellen Hertz, cet ouvrage souhaite renouveler la réflexion sur ces questions. Il montre l'intérêt de penser l'engagement de manière élargie, non seulement comme un souci de rendre ta recherche pertinente et accessible à un large public, mais aussi comme une responsabilité exercée au quotidien au sein des institutions académiques et au-delà. Si Ellen Hertz s'est engagée par ses choix de recherche centrés sur l'analyse du pouvoir, sa trajectoire est aussi faite d'engagements a priori plus ordinaires - pédagogiques, diplomatiques, relationnels et amicaux, de mentoring et d'encadrement - la plupart du temps absents des débats sur le sujet. S'inspirant de cette trajectoire, onze contributions nous invitent à explorer et à valoriser la diversité des manières de s'engager, loin d'une science uniquement motivée par la course aux publications. L'engagement s'y dessine comme un art aux facettes multiples, qui se déploie tant à partir de positions prestigieuses d'autorité et d'expertise, que dans des activités académiques et administratives peu visibles, voire ingrates. Un art qui repose sur l'indignation tout comme sur l'humour, la légèreté, le care et l'amitié, mais qui souvent suppose une disponibilité totale dont les coûts et les limites sont également abordés dans l'ouvrage.
S'appuyant sur un rappel de ses racines italiennes, la présente série d'entretiens commence par évoquer en détail les premières années de cet enfant du Val-de-Travers, entre fratrie nombreuse, parents mal appariés et aïeux profondément aimants. On évoque ensuite ses séjours à Genève et à Engelberg (OW), passages obligés vers le Grand séminaire. C'est de cette abbaye bénédictine que le choc d'une lecture le ramène à Neuchâtel, pour y achever ses études gymnasiales et universitaires. A côté de quelques mentions discrètes sur sa vie de couple et de famille, on le suit, à compter du milieu des années 1960, dans sa carrière d'enseignant, d'abord, puis de conservateur au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, qu'il codirigera de main de maître pendant près de trois décennies. Le fait de renvoyer en sous-titre à la forme des " carnets de route " relève à la vérité d'une aimable provocation : c'est en effet un des petits secrets du personnage que d'avoir été marqué, durant la première moitié de sa vie d'adulte, par une réelle phobie des voyages ou, comme il aime à le dire, des " déplacements latéraux "! Au final, ce petit clin d'oeil ne fait donc que souligner mieux encore la persistante fidélité de Jean-Pierre Jelmini à l'axe de la verticalité. Celui-là même qui l'aspira d'abord vers le Ciel avant de le plonger dans le fécond gisement des siècles passés, qu'il ne cessa d'exploiter pour le plaisir et l'édification des Neuchâtelois curieux de leur propre histoire.Entretien avec Julien Knoepfler.