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L'analyse du langage à Port-Royal. 6 études logico-grammaticales
PARIENTE JEAN-CLAUDE
MINUIT
23,06 €
Épuisé
EAN :9782707310422
La Grammaire et la Logique de Port-Royal sont prises dans un contexte qui n'est plus le nôtre. Leurs auteurs recueillent les résultats de la réflexion de leurs prédécesseurs, mais ils les infléchissent en fonction des débats auxquels ils sont personnellement mêlés : débats sur le cartésianisme, sur l'Eucharistie ou sur la Grâce. Comment des oeuvres aussi datées ont-elles encore pouvoir de nous intéresser ? C'est sans doute que les Messieurs ne nous ont pas seulement légué deux traités distincts, du reste appelés à servir d'oeuvres de référence pour plusieurs décennies, mais une méthode d'analyse des faits de langage. On essaie ici de reconstituer cette méthode dans son unité, de discerner ses conditions d'application, de préciser quel partage elle instaure entre les tâches de la grammaire et celles de la logique, à quels obstacles elle se heurte, comment - et parfois au prix de quels compromis - elle en vient à bout. Du même coup se trouve mis en relief tout ce qui sépare dans ces domaines l'âge classique et le nôtre. Aucun de nos formalismes ne semble pouvoir rendre compte de manière convenable des intuitions de Port-Royal. La référence constante des faits de langage aux opérations de la pensée creuse la distance entre ces formalismes et ces intuitions. Mais c'est justement cette distance qui rend intéressante l'oeuvre des Messieurs : loin d'être simplement des précurseurs malhabiles, ils ont voulu faire autre chose que nous ; c'est pourquoi ils nous aident à prendre conscience de toutes les options théoriques à travers lesquelles se sont formées nos procédures d'analyse du langage.
L'Inquisition fut créée au 13e siècle, pour lutter contrel'hérésie cathare. Par la suite elle devait généraliser son actionà tout schisme et surtout aux deux autres religions issues duJudaïsme. Mais seule l'Inquisition espagnol fut une véritableinquisition d'état, d'abord destinée aux Juifs, puis auxnouveaux chrétiens, en les persécutant secondairement auPortugal, puis dans le nouveau monde. L'obligation dans unpremier temps de se convertir, puis la suspicion systématiquedes nouveaux chrétiens, en firent un instrument trèsperfectionné, qui eut un effet auquel on ne s'attendait pas:dissémination dans le monde entier des juifs séfarades (ouespagnols), puis des nouveaux chrétiens. Ces derniers, n'ayantsouvent qu'une foi juive atténuée, et influencés par leuréducation chrétienne, allaient devenir des entre-deux, ouMarranes, remarquables par leur ouverture d'esprit. CesSéfarades et surtout ces Marranes, souvent érudits, toujoursinstruits, influencés à la fois par l'extraordinaire civilisationmusulmane des cinq premiers siècles de l'Hégire, puis par lechristianisme, apportèrent dans tous les pays d'accueil, leursbienfaits. Cette histoire devait engendrer et expliquer le plusgrand philosophe moderne, Spinoza, qui laisse des tracespartout, et en France en particulier (Bordeaux, le sud-ouest).
Résumé : "Aux derniers jours de février, au plus tard les premiers jours de mars, le printemps s'annonce d'une manière ou d'une autre ! Le ciel de nos hivers bordelais est toujours froid, mais le soleil le sèche et l'éclaircit. Les nuages semblent avoir disparu et la douceur du climat se fait espérer. [...] Au marché de Libourne, l'humeur et les étals ont eux aussi changé. Les marchands ont l'invective forte et gaie, les petits légumes et les tendres salades font leur apparition. Fini les soupes et les pot-au-feu, vive les asperges, les fèves, les petits pois ! Les ostréiculteurs proposent aux flâneurs des huîtres qu'ils peuvent déguster avec un verre de vin blanc sur de minuscules tables posées en équilibre sur les trottoir." Christine Valette-Pariente, propriétaire du domaine de Troplong-Mondot, à Saint-Emilion, nous conte au fil des mois et des floraisons, l'amour de son pays, de la terre, de la vigne, et nous fait partager sa passion pour la gastronomie et les produits régionaux. Plus de cent recettes, accompagnées des illustrations de l'auteur, transportent vos papilles des vignes aux fourneaux. Appréciez le foie mi-cuit aux épiées, les nems de canards, le poulet en feuilles de figuier, la charlotte au chocolat ou encore les macarons de Saint-Emilion. Sans oublier tous les conseils et secrets de réalisation des confitures, coulis, chutney, et conserves.
Résumé : " En interprétant le droit, le juge participe de par la décision qu'il prend à l'élaboration du droit. Cette conception permet de remettre en cause la distinction entre l'auteur et l'interprète, dans la mesure où dans l'interprétation constructive, l'interprète a une tâche qui est à la limite aussi importante que celle de l'auteur... La dimension dynamique de l'interprétation se tourne alors vers le souci des régulations à venir dans la société. Cette construction de l'interprétation permet de saisir le motif que nous entendions mettre en évidence, à savoir la structure tout à la fois logique et dynamique du droit sur le monde. " Face à un monde social complexe, souvent incompréhensible, le législateur propose des normes et fait ainsi apparaître des régularités s'inscrivant dans le champ social réel. Sa mise en ?uvre n'est pas pour autant mécanique, elle requiert au contraire, de la part du juge, ce que l'auteur de ce manuel appelle une rationalité pratique, une vision dynamique qui suppose une interprétation du droit. Comment penser la place du droit dans nos sociétés ? Quel est le rôle du législateur dans l'écriture du droit ? Comment le juge interprète-t-il le droit ? Cette analyse inédite du droit et de sa pratique est doublée d'une réflexion pertinente sur la nécessaire cohérence de l'nterprétation juridique.
L'œuvre de Gaston Bachelard se répartit sur deux versants, philosophie des sciences, notamment des sciences du réel, et philosophie des images, des images poétiques en particulier. S'agit-il d'une même philosophie, ou faut-il opposer en lui le philosophe du jour et celui de la nuit, celui des concepts et celui des images ? On verra ici que l'examen de son vocabulaire donne de puissants arguments pour trancher en faveur de l'unité, mais d'une unité qui se cherche et qui se construit inlassablement à travers les réaménagements qu'elle s'impose pour se constituer en philosophie du nouveau.
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.
Classeurs classés par leurs classements, les sujets sociaux se distinguent par les distinctions qu'ils opèrent - entre le savoureux et l'insipide, le beau et le laid, le chic et le chiqué, le distingué et le vulgaire - et où s'exprime ou se trahit leur position dans les classements objectifs. L'analyse des relations entre les systèmes de classement (le goût) et les conditions d'existence (la classe sociale) qu'ils retraduisent sous une forme transfigurée dans des choix objectivement systématiques ("la classe") conduit ainsi à une critique sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociale du jugement qui est inséparablement un tableau des classes sociales et des styles de vie. On pourrait, à titre d'hygiène critique, commencer la lecture par le chapitre final, intitulé Eléments pour une critique "vulgaire" des critiques "pures", qui porte au jour les catégories sociales de perception et d'appréciation que Kant met en oeuvre dans son analyse du jugement de goût. Mais l'essentiel est dans la recherche qui, au prix d'un énorme travail d'enquête empirique et de critique théorique, conduit à une reformulation de toutes les interrogations traditionnelles sur le beau, l'art, le goût, la culture. L'art est un des lieux par excellence de la dénégation du monde social. La rupture, que suppose et accomplit le travail scientifique, avec tout ce que le discours a pour fonction ordinaire de célébrer, supposait que l'on ait recours, dans l'exposition des résultats, à un langage nouveau, juxtaposant la construction théorique et les faits qu'elle porte au jour, mêlant le graphique et la photographie, l'analyse conceptuelle et l'interview, le modèle et le document. Contre le discours ni vrai ni faux, ni véritable ni falsifiable, ni théorique ni empirique qui, comme Racine ne parlait pas de vaches mais de génisses, ne peut parler du Smig ou des maillots de corps de la classe ouvrière mais seulement du "mode de production" et du "prolétariat" ou des "rôles" et des "attitudes" de la "lower middle class", il ne suffit pas de démontrer ; il faut montrer, des objets et même des personnes, faire toucher du doigt - ce qui ne veut pas dire montrer du doigt, mettre à l'index - et tâcher ainsi de forcer le retour du refoulé en niant la dénégation sous toutes ses formes, dont la moindre n'est pas le radicalisme hyperbolique de certain discours révolutionnaire.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.