Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Pétrarque et l'Europe
Ossola Carlo
MILLON
22,30 €
Épuisé
EAN :9782841371808
Ce volume rassemble les actes du Colloque que le Collège de France et son Institut d'Etudes Littéraires ont réuni, les 22 et 23 juin 2004, pour méditer, à l'occasion du VIIe centenaire de la naissance du poète, sur l'héritage de Pétrarque dans la poésie européenne et sur la conscience que celle-ci a de sa mission. Père de la République des Lettres, cet humaniste qui sut unir l'héritage des classiques latins à la lecture des Pères de l'Église se présente au XXe siècle, après tant de pétrarquisme lyrique européen, comme le fondateur d'un "moi" poétique qui se constitue par déchirement et par tension "obstinée" de la pensée: "Déjà en moi la fatigue de penser comment/mes pensées en vous sont sans fatigue", Io son già stanco di pensar si come/i miei pensier"in voi stanchi non sono (RVF, 74). Le moraliste du Secretum, l'architecte de la figuration du temps et de l'éternité (les Triomphes), le poète épique de l'Africa, le poète chrétien des Psaumes pénitentiels et de L'Itinéraire de Gênes à Jérusalem se retrouvent dans le bréviaire de souffrance et de délivrance du Chansonnier, ces Rerum vulgarium fragmenta que compose une" mémoire amoureuse "(RVF, LXXI), capable de sauvegarder" de l'irréel intact dans le réel dévasté "(René Char, Rémanence). Et Yves Bonnefoy, en accomplissant une tradition du XXe siècle qui réunit - autour de la leçon de Pétrarque - Ossip Mandelstam et Paul Celan, Vittorio Sereni et Andrea Zanzotto, couronne à la fois ce parcours de poésie et le volume qui veut en rendre compte en proposant dix-neuf traductions nouvelles de sonnets de Pétrarque."
Résumé : Pour Carlo Ossola, l'unité européenne a bien un sens, celui de l'histoire, des mythes de l'Antiquité et de la chrétienté. Elle ne peut être ramenée à son seul territoire, mais doit être considérée comme un ensemble de peuples, de cultures et de nations liés depuis des millénaires. Pour étayer son propos, il s'appuie sur la Bible, les écrits d'auteurs classiques (Boccace et Dante en particulier), de philosophes, mais aussi de poètes de tout temps, dont les extraits viennent relever la plume alerte de Carlo Ossola. Voyage littéraire et philosophique à la recherche des racines d'une culture commune faite de traditions comme d'ouvertures.
Notre époque, fascinée par les mythes d?Ulysse, par les emblèmes de la sagesse active, a un peu oublié les vertus « passives »: la patience, le renoncement, le détachement, la pure perte de soi. Non pas la prise, mais la « déprise » de Roland Barthes, la Résistance et soumission de Dietrich Bonhoeffer, l?abandon, le détachement, l?Abgeschiedenheit silencieuse de Maître Eckhart, le fait de « se laisser aller en soi, au repos de soi », de faire le vide et le silence à l?intérieur et à l?entour. Le lieu en nous où cesse toute arrogance, où l?on accède sur la pointe des pieds, l? « existence minimale » accueillie avec une juste « retenue »: « le Neutre serait l?habitation généralisée de l?en deçà, de la réserve, de l?avance de l?esprit sur le corps (R. Barthes, Retenue, in Le Neutre, cours au Collège de France, 1977-1978). La « pure perte » est telle seulement si elle garde mémoire non de la perte mais de la pureté absolue de cet effacement sans traces.Carlo Ossola est professeur au Collège de France, chaire de « Littératures modernes de l?Europe néolatine ». En pure perte réunit les thèmes essentiels de son cours de 2004-2005.
1821. Baudelaire naît le 9 avril ; Flaubert, le 12 décembre. Trente-six ans plus tard, en 1857, la diffusion des Fleurs du Mal est interdite ; Madame Bovary, acquittée. Victoire du roman sur la poésie ? Poète maudit, Baudelaire le fut par excellence. De lui, on garde l'image du dandy excentrique, amateur de prostituées et de haschich. Un Baudelaire bohème crachant sur la modernité, et pourtant ô combien moderne. Grâce à cent clefs majeures, Carlo Ossola se propose d'aller y voir de plus près. D'"Abîme" à "Voyage" en passant par "Blasphème", "Horreur", "Paradis" et "Volupté", il nous donne à lire un auteur complexe et tourmenté, assoiffé d'éternité. Un Baudelaire hanté par les "Cieux Spirituels ", lecteur de Pascal, De Maistre et Poe. N'était-il pas celui qui, hanté par l'Apocalypse, a cherché à parler du divin sous un ciel vide de Dieu, un "ciel muet et ténébreux" ? Au milieu de visions et de délires, de tout ce qui peut délivrer de la solitude, il a regardé en face la mort et la décomposition non pour s'y complaire, mais en alchimiste : "Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or"...
Résumé : "Dantesque" : voilà comment, en français, l'usage a résumé le caractère sombre, terrifiant et tout à la fois sublime de l'oeuvre de Durante degli Alighieri (1265-1321). Et encore ce jugement ne s'applique-t-il qu'à La Divine Comédie, car Dante est également l'auteur de la Vita nuova, des Rimes, d'un De vulgari eloquentia, d'un Banquet et de Monarchia. Baudelaire le savait : "Un des caractères principaux du grand peintre est l'universalité. - Ainsi le poète épique, Homère ou Dante, sait faire également bien une idylle, un récit, un discours, une description, une ode, etc". Après avoir tracé le portrait de celui que l'on considère comme le "père de la langue italienne" , Carlo Ossola passe en revue toutes ces manifestations du génie de Dante, consacrant naturellement l'essentiel de son propos à La Divine Comédie, sommet de la littérature médiévale. Car ce sont bien dans les tercets où Dante, en compagnie de Virgile, nous conduit de L'Enfer au Paradis en passant par Le Purgatoire que sont mis en scène les universaux, physiques et métaphysiques, chers à la tradition aristotélicienne, et légués par cette voie (et cette voix) à la pensée et à l'histoire de toute la chrétienté...
Résumé : Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c?ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c?ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.