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Miroirs sans visage. Du courtisan à l'homme de la rue
Ossola Carlo
SEUIL
20,60 €
Épuisé
EAN :9782020206020
Aucun traité n'a eu, dans l'Europe moderne, un succès aussi reconnu et la valeur de modèle sans égal que Le Livre du Courtisan de Baldassar Castiglione. Ce livre n'évoque pas seulement la vie de Cour au XVIème siècle mais donne forme à une société dans laquelle le privilège est accordé à la conversation plutôt qu'aux armes, à l'art de s'entretenir et à l'exercice d'une sagesse simplement humaine. De la nonchalance avertie du courtisan, l'essai de Carlo Ossola nous conduit au Weltmann, à la scène urbaine des "esprits éveillés" du XVIIIème siècle, qui associent le soin des "airs et des manières" de la Renaissance au goût piquant et mondain de l'âge des Lumières. Cette société savante donne naissance au public, avec ses journaux, ses débats, ses salons. Mais le XIXème siècle, le siècle des peuples et des patries, transformera lentement le public en foule, qui parcourt les villes industrielles, qui se presse en rangs serrés dans des travaux collectifs, chiffrés, sans héros et sans destin. Notre siècle n'a fait qu'hériter de cette foule, l'aplanir en masse, la lancer dans les guerres et dans les pillages de la vie de consommation. Ce livre commence donc par les gestes nobles et reposés du courtisan et arrive à l'anonymat de nos jours, où il n'y a plus de visage ni d'accent propre. Cet essai est aussi bien un parcours dans l'histoire moderne qu'un questionnement discret de notre temps, pour nous faire savourer le bonheur d'être, chacun de nous, un nom unique, prononcé une seule fois, cette fois, dans la suite des générations humaines.
Notre époque, fascinée par les mythes d?Ulysse, par les emblèmes de la sagesse active, a un peu oublié les vertus « passives »: la patience, le renoncement, le détachement, la pure perte de soi. Non pas la prise, mais la « déprise » de Roland Barthes, la Résistance et soumission de Dietrich Bonhoeffer, l?abandon, le détachement, l?Abgeschiedenheit silencieuse de Maître Eckhart, le fait de « se laisser aller en soi, au repos de soi », de faire le vide et le silence à l?intérieur et à l?entour. Le lieu en nous où cesse toute arrogance, où l?on accède sur la pointe des pieds, l? « existence minimale » accueillie avec une juste « retenue »: « le Neutre serait l?habitation généralisée de l?en deçà, de la réserve, de l?avance de l?esprit sur le corps (R. Barthes, Retenue, in Le Neutre, cours au Collège de France, 1977-1978). La « pure perte » est telle seulement si elle garde mémoire non de la perte mais de la pureté absolue de cet effacement sans traces.Carlo Ossola est professeur au Collège de France, chaire de « Littératures modernes de l?Europe néolatine ». En pure perte réunit les thèmes essentiels de son cours de 2004-2005.
Ossola Carlo ; Le Lirzin Nadine ; Musitelli Pierre
La Divine Comédie de Dante parle de chacun de nous. Un grand nombre de ses vers sont devenus des proverbes, des maximes morales, des sentences, comme si nous nous réfugions dans la Comédie pour donner plus de force à nos jugements. Composée au début du XIVe siècle, la Commedia est l'oeuvre de Dante la plus célèbre et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature. Pendant 3 ans, Carlo Ossola en a donné au Collège de France une lectura Dantis, dans la grande tradition de la déclamation publique, commentée, des vers de Dante qui dure depuis plus de 600 ans. Ce texte, d'abord publié en Italie avant d'être largement revu et augmenté pour cette édition, en est le condensé.
Ce volume rassemble les actes du Colloque que le Collège de France et son Institut d'Etudes Littéraires ont réuni, les 22 et 23 juin 2004, pour méditer, à l'occasion du VIIe centenaire de la naissance du poète, sur l'héritage de Pétrarque dans la poésie européenne et sur la conscience que celle-ci a de sa mission. Père de la République des Lettres, cet humaniste qui sut unir l'héritage des classiques latins à la lecture des Pères de l'Église se présente au XXe siècle, après tant de pétrarquisme lyrique européen, comme le fondateur d'un "moi" poétique qui se constitue par déchirement et par tension "obstinée" de la pensée: "Déjà en moi la fatigue de penser comment/mes pensées en vous sont sans fatigue", Io son già stanco di pensar si come/i miei pensier"in voi stanchi non sono (RVF, 74). Le moraliste du Secretum, l'architecte de la figuration du temps et de l'éternité (les Triomphes), le poète épique de l'Africa, le poète chrétien des Psaumes pénitentiels et de L'Itinéraire de Gênes à Jérusalem se retrouvent dans le bréviaire de souffrance et de délivrance du Chansonnier, ces Rerum vulgarium fragmenta que compose une" mémoire amoureuse "(RVF, LXXI), capable de sauvegarder" de l'irréel intact dans le réel dévasté "(René Char, Rémanence). Et Yves Bonnefoy, en accomplissant une tradition du XXe siècle qui réunit - autour de la leçon de Pétrarque - Ossip Mandelstam et Paul Celan, Vittorio Sereni et Andrea Zanzotto, couronne à la fois ce parcours de poésie et le volume qui veut en rendre compte en proposant dix-neuf traductions nouvelles de sonnets de Pétrarque."
Résumé : Pour Carlo Ossola, l'unité européenne a bien un sens, celui de l'histoire, des mythes de l'Antiquité et de la chrétienté. Elle ne peut être ramenée à son seul territoire, mais doit être considérée comme un ensemble de peuples, de cultures et de nations liés depuis des millénaires. Pour étayer son propos, il s'appuie sur la Bible, les écrits d'auteurs classiques (Boccace et Dante en particulier), de philosophes, mais aussi de poètes de tout temps, dont les extraits viennent relever la plume alerte de Carlo Ossola. Voyage littéraire et philosophique à la recherche des racines d'une culture commune faite de traditions comme d'ouvertures.
Résumé : La petite maison n'est plus synonyme de maison en carton-pâte, mais symbolise au contraire toute une gamme de valeurs : compacité, efficacité, précision, discrétion, minimalisme. Contrairement à l'architecture dans la tradition bourgeoise, la petite maison sous-entend une vision austère et ascétique de la vie, pour laquelle tout "excès" est considéré comme négatif. Dans son introduction, cet ouvrage explore en détail le contexte historique et social qui a vu naître le logement compact au XXe siècle. Puis sont étudiés 37 exemples illustrés choisis parmi les plus intéressants construits dans le monde au cours des cinq dernières années. La surface habitable y dépasse rarement 100 m2, et chaque projet incarne une approche architecturale particulière des aménagements compacts. Les exemples sont divisés en trois sections : retraites rurales, unités urbaines et banlieusardes, petits regroupements et multiplex. On retrouve ici des noms prestigieux comme Toyo Ito, Lacaton et Vassal, Herzog & de Meuron, LOT/EK.
La Guerre et la Paix est une oeuvre mythique de la littérature russe et universelle, une vaste fresque historique et familiale, modèle de ce que seront les grandes sagas du XXe siècle. Sur le fond des grands événements du début du XIXe ? la campagne de 1805-1806 avec Austerlitz et celle de 1812-1813 avec Borodino et l'incendie de Moscou ? s'inscrivent les chroniques de deux familles appartenant à la noblesse russe, les Bolkonski et les Rostov. Des chroniques faites d'amour et de haine, d'interrogations sur la vie et la politique, traversées par les passions et les doutes.Traduite pour la première fois en français, cette version originelle de La Guerre et la Paix ? il y eut plusieurs éditions souvent différentes du vivant de l'auteur ? se fonde sur l'édition publiée dans « L'héritage littéraire » par l'Académie des Sciences de l'URSS. Elle permet aux initiés de mieux connaître les systèmes de pensée et de création artistique de Tolstoï. Par ailleurs, les réflexions philosophiques allégées, le rythme rapide, l'action resserrée, propres à tenir le lecteur en haleine, sans rien ôter à la richesse littéraire, devraient renouveler l'intérêt pour ce chef-d'oeuvre.
Le livre du Bonheur rassemble en fait deux écrits de Marcelle Auclair, publiés en 1938 et et en 1951: Le Bonheur est en vous et La pratique du Bonheur. Le second est, à la demande des lecteurs et surtout des lectrices du premier, une suite du précédent. M. Auclair les réunit en 1959. Il s?agit, sous la forme de chapitres extrêmement brefs (une page, une page et demie, deux pages?), de conseils très pratiques, avec de nombreux exemples à l?appui, pour accéder au bonheur. Car M. Auclair prétend que le bonheur relève d?une « science », et que faute de cette science, beaucoup de gens sont inutilement malheureux. En fait, en lisant, on s?en rend compte rapidement: le livre est un des premiers ? et des meilleurs ? exemples de « pensée positive ». L?idée de base est que la pensée crée, la parole crée. Elles « forment des vibrations toutes puissantes ». Penser joie, amour, paix?, cela donne la joie, l?amour, la paix. Penser que personne ne vous aime est la meilleure façon d?arriver à ce sort malheureux. Si on voulait être méchant, on dirait que Marcelle Auclair, c?est du Dr Coué. C?est en partie vrai. Mais sa culture, sa vivacité, son intelligence vont bien plus profond que les aphorismes superficiels et grossiers de Coué. Ou encore, son côté Coué est transcendé par sa finesse, et ses exemples pris dans la vie courante. Au total, on aime ou on n?aime pas, mais le livre a gardé une incroyable jeunesse: il aurait pu avoir été écrit dans les années 90. Un livre sur le bonheur basé sur la pensée positive, avec des conseils pratiques et de nombreux exemples pour y parvenir, étoffé de nombreuses illustrations. L?ouvrage se voit aujourd?hui étoffé d?illustrations en couleurs
Nardone Giorgio ; Verbitz Tiziana ; Milanese Rober
Résumé : Que faire quand on est confronté à une personne anorexique, boulimique, ou atteinte du syndrome du vomissement ? Ce livre, écrit par un psychothérapeute renommé, répond à cette question en montrant comment une thérapie brève peut suffire dans beaucoup de cas à régler le problème. Dans la lignée de la thérapie systémique, l'auteur a reformulé les principes de la thérapie brève en insistant sur sa dimension stratégique. L'originalité de sa démarche tient notamment au refus d'étiqueter le patient : au lieu de comprendre le symptôme pour provoquer un changement, on tente de provoquer un changement pour comprendre le symptôme, en inversant donc la démarche traditionnelle. De nombreux récits cliniques et l'analyse des résultats obtenus complètent l'étude.