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La Sagesse de l'Editeur
Nyssen Hubert
EDITIONS DU 81
12,70 €
Épuisé
EAN :9782915543131
Pour la leçon de lecture, ce jour-là, ma grand-mère avait choisi, dans une version à l'usage de la jeunesse, le passage du Don Quichotte où se déroule la bataille contre les moulins. Elle me demanda si je savais dans quelle langue avait été écrite cette histoire. J'hésitais, elle me souffla la réponse, l'espagnol. Sa question en préparait une autre. Et dans quelle langue venais-je de la lire, cette histoire? En français, pardi. Ainsi, petit sorcier, reprit-elle, tu viens de lire en français une histoire écrite en espagnol? Ma grand-mère, comme la fée Carabosse, était légèrement bossue. Mais elle avait à mes yeux la beauté de la reine des fées, et elle me faisait ainsi goûter le philtre singulier de l'admiration et de la peur. Ce jour-là, elle venait de me révéler un monde que je n'aurais pu nommer encore mais qui serait désormais le mien. Tout avait été déversé d'un coup par sa malicieuse question: le livre, la lecture, le texte et sa traduction. Et tout y était: la découverte, l'aventure, l'écriture et le talent.
Résumé : Entre le moment où l'auteur dépose le mot fin sur la dernière page de son manuscrit et celui ou le premier lecteur ouvre le livre, le texte est pris en main, habillé, commenté, investi de telle manière que le sens - au nez mais à l'insu de beaucoup - se trouve modifié. Par ses interventions, l'éditeur tient certes un rôle actif dans cette transformation car aucun texte ne se présente nu au lecteur, au libraire, au critique, aucun ne va sans préparatifs au devant des exigences de la commercialisation et de la médiatisation. Mais le " paratexte ", talonné par de multiples ambitions, échappe souvent aux réglages et, de surcroît, le texte est soumis, parfois même avant sa parution, aux irradiations de l'argent et des idées reçues (sur le temps, le langage, la modernité, etc.). Voici un ouvrage qui, précisément, montre comment et pourquoi ce qui est proposé au lecteur est une autre chose que ce qui a été écrit par l'auteur. Et qui invite en même temps à la traversée, entre texte et livre, d'un territoire éditorial peu exploré.
L'été dernier, [...] nous passions une soirée paisible à évoquer le monde des formes. Je veux dire les formes, au sens où l'on parle de la forme d'un objet, d'un arbre, d'une clef, ou encore de la forme inventée par un artiste. Aux plus curieux de nos lecteurs, qui nous avaient interrogés là-dessus, nous avions en effet le projet d'exposer ce qu'est une forme [...]. Après tout, c'est à sa forme qu'on reconnaît le visage d'un ami. Un nuage. Ou un violon... Tout ce qui est visible à une forme. Bien que la soirée fût déjà fort avancée, le hasard nous est venu en aide. Vous allez voir sous quelle... forme. [...]
Résumé : "Les silences de mon père font maintenant dans ma tête un vacarme à ne plus entendre le mistral secouer les platanes. De son vivant, cet homme ne laissait rien paraître des crai craintes ou des plaisirs qui auraient pu l'agiter. Ses opinions passaient en demi-teintes, ses ordres à demi-mots, et son ombre avait plus de présence que lui. Aussi quand, pa par aventure, l'autre jour, j'ai découvert ses carnets et me suis engagé dans leur lecture, quand le rideau s'est alors ouvert sur des tréteaux où, méconnaissable, feu Nicolas Mouratov paradait avec une valseuse appelée Aurélie, le vacarme a commencé". Qui était ce Nicolas Mouratov dont les carnets font soudain pareil vacarme ? Comment le chimiste rangé, apiculteur à ses heures, sédentaire sans histoire, est-il devenu l'aventurier qui se précipite avec la jeune Aurélie dans une aventure cruelle ? Les carnets révèlent-ils la vérité de sa vie ou la nécessité d'une fiction ? Ce roman d'Hubert Nyssen, où se livre un véritable corps à corps entre le fils vivant et le père mort, vient après quelques autres, parmi lesquels Des arbres dans la tête, Eléonore à Dresde, Les ruines de Rome.
Venise, 1741. En plein automne, à quelques semaines de la fête de la Salute, la terre se met à trembler, les flots envahissent la Piazza San Marco, des incendies éclatent et un cimetière paroissial s'effondre, tandis que les squelettes des morts surgissent à la surface. Une atmosphère de fin du monde s'installe dans la cité des doges. C'est à ce moment qu'arrive à Venise une noble dame française, Madame d'Urfé, alchimiste et cabaliste. Elle fait venir de Prague un mage qui affirme pouvoir sauver la Sérénissime grâce à l'aide des esprits élémentaires. Ces deux personnages sulfureux ne sont-ils animés que de bonnes intentions ? Flavio Foscarini, un nobiluomo curieux de nature, en doute, et il enquête, aidé par son épouse levantine, Assin, et son ami l'écrivain Gasparo Gozzi, tandis que les événements les plus dramatiques se succèdent dans une Venise en proie à la peur, aux superstitions et aux meurtres mystérieux.
Biographie de l'auteur Jean Girel est né en 1947 en Savoie. A l'âge de 14 ans il se forme auprès d'un potier dans l'Isère. Il étudie les arts plastiques et devient peintre et Professeur de dessin. Il revient ensuite à sa vocation initiale. Son atelier est installé en Bourgogne. Plusieurs de ses pièces sont exposées Au Musée National de céramique de Sèvres. En 2000, il a été nommé Maître d'Art par le ministère de la Culture. Il a notamment écrit La sagesse du Potier, éditions Jean-Claude Béhar, 2004.
Et si la pratique d'un métier était aussi un parcours initiatique, un chemin vers la connaissance de soi et du monde ? La sagesse du chirurgien est faite de modération, de prudence, mais aussi parfois de rapidité. Elle ne s'acquiert qu'avec le temps et l'expérience. Elle est plus singulière et peut être moins naturelle quand il s'agit de la conduite managériale d'un groupe de chirurgiens et de para médicaux. La juste répartition des tâches, les précautions prises pour ne favoriser aucun, la reconnaissance des mérites des uns et les mesures correctrices à apporter à d'autres, font du statut de manager dans un service de chirurgie un métier à part entière. Il demande une écoute et des qualités particulières pour mettre là où il "fera" le mieux, celui qui y sera le plus heureux. On peut imaginer que la réflexion qui y préside soit très proche de celle de l'artiste pour la construction d'une oeuvre d'art, surtout si l'on se réfère à la phrase du peintre nabi Maurice Denis : "Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées".
Il y a 30 000 ans, en Moldavie, le chaman qui prédisait l'avenir en jetant des figurines d'argile dans le feu fut le premier céramiste de l'humanité. Tout au long de son aventure multimillénaire, la céramique sera ainsi marquée par les gestes du sacré, mais aussi par ceux du quotidien, de l'alchimie, de l'art, de la science, en conservant, à travers ses métamorphoses et voyages, la mémoire de ses expériences. Sous la plume du potier Jean Girel, nous découvrons que son histoire est aussi celle d'une célébration.