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Le Kiosque à musique
Nucéra Louis
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246337515
Deux êtres s'abordent sur une plage et la baie des Anges, ne serait-ce que par eux seuls, mérite alors son nom. Ils s'émeuvent, s'apprivoisent, se conquièrent. Les progrès de l'amour sont assez lents, ici, pour que le désir ne s'épuise jamais. Mais s'agit-il uniquement d'aimer ? Ne faut-il pas encore en être digne et s'attacher à ne pas perdre ce bien précieux qu'est l'estime ? De Nice à Montmartre, empreint de poésie et de mystère, à partir du kiosque à musique, lieu du premier rendez-vous, c'est la vie de Mireille et de Jean qui nous est contée, de l'été 1958 à aujourd'hui. Et, comme toujours avec Louis Nucera, passent des gens simples et humbles qui ne sont pas n'importe qui : Adrien et Clarence, les exemples ; Aldo, que l'univers concentrationnaire n'a pas épargné ; l'Anarchiste revenu brisé de la guerre d'Espagne ; la mère à chats ; Francis le conteur, mémoire d'un pays ; André le maçon ; les bouquinistes des bords de Seine ; le géant d'Aboukir, au raffinement naturel ; bref, une galerie de portraits où les modèles sont rehaussés à l'or vif de l'amitié et de la tendresse.
Louis Nucera laisse ici aller sa mémoire pour arracher des images d'un homme qui fut son ami et qui, par ce livre, plus que jamais est son ami. Il n'y a pas là d'invention, d'imagination. On attend de l'auteur de l'Obstiné et du Greffier quelque chose de rare, de violent : le go-t amer, mêlé de la vie des êtres. Frank, le disparu, est tantôt au centre du récit, tantôt derrière, tantôt, enfin, à l'extrémité d'un moment. Il est présent sans être vu de façon traditionnelle, car il est à peine décrit. Et ce qui compte en vérité, c'est l'indicible qui fait un être, ce n'est pas sa défroque. Un homme est mort, un écrivain se souvient. Mais l'écrivain ne pare pas le disparu pour on ne sait quelle éternité. Il l'évoque avec colère, avec rage, avec humour aussi et avec cette tendresse qui n'appartient qu'aux amitiés d'hommes. Tout Nucera est là, implacable, avec ce qui pourrait nier l'autre, qui seul compte ici. Et tout ce que Frank et Nucera ont aimé et haï ensemble est évoqué. Chaleur, sourde violence - et cette mer de regrets, ces cris vers le noir, cette montée contre l'absurde mort. Mais aussi un rire fraternel qui la combat. La façon dont nous parlons de la mort des autres nous juge aussi s-rement que notre façon d'affronter notre propre mort. Nucera a écrit l'Obstiné et le Greffier d'après vivre, sans imaginer, inventer, arranger. Il rencontre ici un des plus grands sujets qui s'imposent un jour ou l'autre à tout écrivain digne de ce nom. Il l'aborde à sa manière, qui n'est pas d'essayer d'apprivoiser la mort. Il cherche simplement, avec une patience tendue, à rendre inoubliable une présence, le son d'une voix, des souvenirs mêlés de jeunesse et de soleil - Nice est là, en arrière-plan, comme elle était présente dans l'Obstiné - et ces secrets enfin qui sont entre deux hommes, intransmissibles. Le tombeau de Frank n'est plus seulement dans le coeur de Louis Nucera. Si les hommes ne sont pas très forts contre le monde et s'ils ne durent guère, il leur arrive de rencontrer un ami. Et leur vie alors n'est pas seulement une vie anonyme mais cette pierre dure, cet être secret : un livre. Gilbert Sigaux.
Quand son mari devait écrire, elle faisait place nette sur la table de la cuisine. Elle prenait un chiffon sec, essuyait la toile cirée à petits carreaux bleus et blancs, qui n'avait nul besoin de ce surcroît de propreté. Puis elle ouvrait le buffet, en sortait le sous-main et le papier à lettres qu'elle posait religieusement. Bientôt l'encrier et le porte-plume suivaient, prêts pour l'officiant. Alors le mari s'asseyait sur la chaise qu'elle avançait. Elle se tenait droite derrière lui dans une attitude de recueillement et d'admiration. Le visage inspiré, il lissait une feuille blanche, prenait le porte-plume, le trempait dans l'encre et commençait à tracer de cette écriture qui n'a plus cours, faite de pleins et de déliés, de fioritures et de boucles, des lettres qu'elle épelait pour elle-même, en remuant les lèvres, dans un murmure de prières chuchotées ou de confessionnal. Elle connaissait par coeur la première ligne puisqu'elle savait à qui il écrivait ; mais elle ne pouvait résister au désir d'épeler et de voir que C a se disaient Ca, r o, ro, G i, Gi, n o, no : Caro Gino".
Résumé : De Nice à Paris, parce qu'il aimait la littérature autant que les hommes, Louis Nucéra a rencontré les plus grands : Kessel, Cocteau, H Miller, Nabokov, Gary, Cioran, Monfreid ou Mac Orlan. Certains sont devenus ses amis, ce qui explique le ton d'intimité profonde et la générosité sagace de ces Mémoires où foisonnent citations, portraits et moments rares. Mes ports d'attache ouvre à une mer de mots qui miroitent à l'infini, et par-delà les siècles. A l'endroit des géants (Baudelaire, Dostoïevski, Tolstoï, Céline) comme à celui des moins célèbres (Jules Renard ou Charles-Louis Philippe), l'auteur semble aussi s'acquitter d'une dette de lumière. Les écrivains ne sont pas seuls ici. Picasso, Moretti, Brassens, Brel, entre autres, colorent aussi ce fabuleux répertoire dédié à la beauté et traversé par un ardent sentiment d'urgence. Car la vie est trop courte pour " s'attarder sur le jargon des pions, les dégueulis des corrupteurs ou les méfaits des forbans qui biseautent les mots et gauchissent la générosité ".
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).