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L'AMI
Nucéra Louis
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246368519
Louis Nucera laisse ici aller sa mémoire pour arracher des images d'un homme qui fut son ami et qui, par ce livre, plus que jamais est son ami. Il n'y a pas là d'invention, d'imagination. On attend de l'auteur de l'Obstiné et du Greffier quelque chose de rare, de violent : le go-t amer, mêlé de la vie des êtres. Frank, le disparu, est tantôt au centre du récit, tantôt derrière, tantôt, enfin, à l'extrémité d'un moment. Il est présent sans être vu de façon traditionnelle, car il est à peine décrit. Et ce qui compte en vérité, c'est l'indicible qui fait un être, ce n'est pas sa défroque. Un homme est mort, un écrivain se souvient. Mais l'écrivain ne pare pas le disparu pour on ne sait quelle éternité. Il l'évoque avec colère, avec rage, avec humour aussi et avec cette tendresse qui n'appartient qu'aux amitiés d'hommes. Tout Nucera est là, implacable, avec ce qui pourrait nier l'autre, qui seul compte ici. Et tout ce que Frank et Nucera ont aimé et haï ensemble est évoqué. Chaleur, sourde violence - et cette mer de regrets, ces cris vers le noir, cette montée contre l'absurde mort. Mais aussi un rire fraternel qui la combat. La façon dont nous parlons de la mort des autres nous juge aussi s-rement que notre façon d'affronter notre propre mort. Nucera a écrit l'Obstiné et le Greffier d'après vivre, sans imaginer, inventer, arranger. Il rencontre ici un des plus grands sujets qui s'imposent un jour ou l'autre à tout écrivain digne de ce nom. Il l'aborde à sa manière, qui n'est pas d'essayer d'apprivoiser la mort. Il cherche simplement, avec une patience tendue, à rendre inoubliable une présence, le son d'une voix, des souvenirs mêlés de jeunesse et de soleil - Nice est là, en arrière-plan, comme elle était présente dans l'Obstiné - et ces secrets enfin qui sont entre deux hommes, intransmissibles. Le tombeau de Frank n'est plus seulement dans le coeur de Louis Nucera. Si les hommes ne sont pas très forts contre le monde et s'ils ne durent guère, il leur arrive de rencontrer un ami. Et leur vie alors n'est pas seulement une vie anonyme mais cette pierre dure, cet être secret : un livre. Gilbert Sigaux.
Comme on sait, Louis Nucera est fou de vélo. Il a imaginé de refaire le Tour de France de 1949, que gagna Fausto Coppi, coureur de légende et de tragédie, et qui inspira Curzio Malaparte et Dino Buzzati. Ce tour-là : 4813 kilomètres. Comment Louis Nucera a-t-il conçu son livre ? Le matin, par les plaines et les cols, dans les forêts ou sous le mistral, il roulait ; l'après-midi, il marchait dans les villes : Reims, Saint-Malo, Bordeaux, Nîmes, Briançon, Nancy. Car on est cycliste de France comme Léon-Paul Fargue était piéton de Paris : fureteur, attentif, conquis plutôt que conquérant. Ainsi le livre devient-il un recueil d'histoires vivantes. Là c'est l'instituteur du Cannet rendu muet car le mal l'a frappé ; ici le Normand qui sait parler aux oiseaux ; plus loin le clochard toulousain, monarque de la prose, qui mêle rugby et troubadours d'antan ; ailleurs les estaminets de Bruxelles où fleurissent des expressions semblables à celle-ci : "Tout homme a droit à vingt-quatre heures de liberté par jour. . ". .
Le Ruban Fils d'un manoeuvre et d'une femme de ménage, Romain Elléna est distingué, à l'école, par ses maîtres. Ses parents en sont fiers. Ils rêvent de le voir devenir "employé aux écritures". Il part pour la guerre, en réchappe, retrouve Françoise, la fille qui l'aime depuis l'enfance, et devient écrivain, passion qui lui permettra de surmonter bien des peines. Charlotte Carno, de mêmes origines modestes, aura moins de chance. Belle imaginative, couturière aux doigts de fée, elle restera vieille fille, proie de l'adversité. Dans ce nouveau livre, qui court de 1925 à nos jours, c'est la vie des Italiens (et plus précisément ceux de l'Ombrie) immigrés à Nice que Louis Nucéra nous montre.
Louis Nucéra raconte dans ce livre comment, d'abord téléphoniste à seize ans dans une banque, il a été amené à rencontrer au fil des ans et des chemins de la vie : Kessel, Cocteau, Picasso, Cioran, Nabokov, Monfreid, Henry Miller, Brassens, Gary, Brel, Félix Leclerc et d'autres que le poids de l'existence oppresse parfois mais que l'écriture, la lecture, la solitude subliment. Certains devinrent ses amis. Cocteau l'appela "le donneur de sang" ; Kessel "le coeur pur" ; Brassens "l'honnête homme". Ils sont tous là, rendus vivants par la magie d'un observateur chaleureux, respectueux des hommes, et qui garde pour la littérature un amour transi d'adolescent. Les livres aussi sont ses "ports d'attache".
Au printemps 1964, Louis Nucéra découvre Montmartre et en tombe amoureux fou au point de s'y installer pour vivre cette passion avec un quartier où chaque coin de rue est chargé d'histoire, d'art et de poésie. Il raconte Montmartre avec érudition, amour et tendresse. Il en profite pour présenter tous ceux qui firent les grandes heures des veillées du " Lapin Agile ", ce cabaret devenu monument historique, qui est encore aujourd'hui un lieu de passage privilégié pour nombre d'artistes. Tout en restant niçois, Nucéra offre à Montmartre sa chaleur, son accent et ses éclats de rire.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.