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Avenue des diables bleus
Nucéra Louis
GRASSET
22,34 €
Épuisé
EAN :9782246078210
Quand son mari devait écrire, elle faisait place nette sur la table de la cuisine. Elle prenait un chiffon sec, essuyait la toile cirée à petits carreaux bleus et blancs, qui n'avait nul besoin de ce surcroît de propreté. Puis elle ouvrait le buffet, en sortait le sous-main et le papier à lettres qu'elle posait religieusement. Bientôt l'encrier et le porte-plume suivaient, prêts pour l'officiant. Alors le mari s'asseyait sur la chaise qu'elle avançait. Elle se tenait droite derrière lui dans une attitude de recueillement et d'admiration. Le visage inspiré, il lissait une feuille blanche, prenait le porte-plume, le trempait dans l'encre et commençait à tracer de cette écriture qui n'a plus cours, faite de pleins et de déliés, de fioritures et de boucles, des lettres qu'elle épelait pour elle-même, en remuant les lèvres, dans un murmure de prières chuchotées ou de confessionnal. Elle connaissait par coeur la première ligne puisqu'elle savait à qui il écrivait ; mais elle ne pouvait résister au désir d'épeler et de voir que C a se disaient Ca, r o, ro, G i, Gi, n o, no : Caro Gino".
Résumé : Florence et Bastien, du jour où ils se sont rencontrés, ils se sont aimés. " Leur amour est de telle guise, qu'il ne saurait vivre sans elle et elle sans lui ". La comptine règle et berce leur existence. Ils habitent une ruine qu'ils ont restaurée, en surplomb du nid d'aigle d'Eze, de Villefranche, de Monaco. De là-haut, l'?il porte d'un côté jusqu'à la baie de San Remo, de l'autre vers l'Estérel et les Maures, tandis qu'au loin persiste souvent l'illusion de la Corse. Ils sont heureux autant qu'on peut l'être en ce monde. Mais une nuit, cet hymne à la nature, à la beauté, aux petites gens, au respect de l'autre, à l'amitié, à l'amour est interrompu. La violence les prend pour cible. Une voiture s'approche de la leur. Des phares blancs les éblouissent. " Il y a vraiment des détraqués " s'écrie Florence. Alors commence une autre vie.
Deux êtres s'abordent sur une plage et la baie des Anges, ne serait-ce que par eux seuls, mérite alors son nom. Ils s'émeuvent, s'apprivoisent, se conquièrent. Les progrès de l'amour sont assez lents, ici, pour que le désir ne s'épuise jamais. Mais s'agit-il uniquement d'aimer ? Ne faut-il pas encore en être digne et s'attacher à ne pas perdre ce bien précieux qu'est l'estime ? De Nice à Montmartre, empreint de poésie et de mystère, à partir du kiosque à musique, lieu du premier rendez-vous, c'est la vie de Mireille et de Jean qui nous est contée, de l'été 1958 à aujourd'hui. Et, comme toujours avec Louis Nucera, passent des gens simples et humbles qui ne sont pas n'importe qui : Adrien et Clarence, les exemples ; Aldo, que l'univers concentrationnaire n'a pas épargné ; l'Anarchiste revenu brisé de la guerre d'Espagne ; la mère à chats ; Francis le conteur, mémoire d'un pays ; André le maçon ; les bouquinistes des bords de Seine ; le géant d'Aboukir, au raffinement naturel ; bref, une galerie de portraits où les modèles sont rehaussés à l'or vif de l'amitié et de la tendresse.
Résumé : De Nice à Paris, parce qu'il aimait la littérature autant que les hommes, Louis Nucéra a rencontré les plus grands : Kessel, Cocteau, H Miller, Nabokov, Gary, Cioran, Monfreid ou Mac Orlan. Certains sont devenus ses amis, ce qui explique le ton d'intimité profonde et la générosité sagace de ces Mémoires où foisonnent citations, portraits et moments rares. Mes ports d'attache ouvre à une mer de mots qui miroitent à l'infini, et par-delà les siècles. A l'endroit des géants (Baudelaire, Dostoïevski, Tolstoï, Céline) comme à celui des moins célèbres (Jules Renard ou Charles-Louis Philippe), l'auteur semble aussi s'acquitter d'une dette de lumière. Les écrivains ne sont pas seuls ici. Picasso, Moretti, Brassens, Brel, entre autres, colorent aussi ce fabuleux répertoire dédié à la beauté et traversé par un ardent sentiment d'urgence. Car la vie est trop courte pour " s'attarder sur le jargon des pions, les dégueulis des corrupteurs ou les méfaits des forbans qui biseautent les mots et gauchissent la générosité ".
Au printemps 1964, Louis Nucéra découvre Montmartre et en tombe amoureux fou au point de s'y installer pour vivre cette passion avec un quartier où chaque coin de rue est chargé d'histoire, d'art et de poésie. Il raconte Montmartre avec érudition, amour et tendresse. Il en profite pour présenter tous ceux qui firent les grandes heures des veillées du " Lapin Agile ", ce cabaret devenu monument historique, qui est encore aujourd'hui un lieu de passage privilégié pour nombre d'artistes. Tout en restant niçois, Nucéra offre à Montmartre sa chaleur, son accent et ses éclats de rire.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.