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En passant
Noiret Gérard ; Gerbaud Jean-Louis
OBSIDIANE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782916447926
Ces poèmes ont une triple origine. 1/ Une petite fille disant : "La poésie, c'est quand il y a des mots, et qu'on dit "Ah oui ! " en levant les yeux" à un journaliste venu l'interroger après un atelier d'écriture. Ma volonté de trouver une équivalence aux haïkus japonais dans notre système d'écriture. 2/ Les voyages qui nous amène à court-circuiter l'analyse en gardant une impression qui s'est imposée alors qu'on passait par hasard. 3/ Une invitation à lire plusieurs fois 3 minutes lors d'un festival qui m'a amené à les réunir dans une forme dépendant beaucoup du silence ". Ainsi parle Gérard Noiret de la conception de ce livre écrit sur plusieurs années, mais qui est en vérité un choix dans un ensemble beaucoup vaste, fait de notations (parfois proches du haïku donc) ; elles sont bien souvent de pures sensations transcrites dans l'instant et retravaillées légèrement ensuite. A la fois tendres et humoristiques, ces petites visions (ou flashes) du quotidien sont empreintes d'une certaine mélancolie portée par la fugacité de ces rêveuses sensations...
A la fois témoin privilégié et collecteur d'images de notre temps et des temps futurs, Gérard Noiret nous propose une poésie visuelle dépeignant notre monde non sans une certaine satire. On y trouve aussi bien des figures issues de textes fondateurs comme Abel, Marie-Madeleine, Véronique et Moïse, tout comme un décorum ultra-contemporain composé de nouvelles technologies, d'état d'urgence, de plan sanitaire. Le recueil présente une structure éclatée, non linéaire. Des poèmes utilisés en leitmotiv disparaissent et reparaissent tout au long de l'ouvrage comme "Elle aussi" , "Les amants" , "Le calque a bougé" . L'auteur réfléchit aux sens possibles des fragments, les met en rapport avec des scènes, crée des tensions entre récits visuels et coupes. "Sur le trottoir, personne ne devine que le torse avec la chaînette et le tee-shirt impeccable correspond exactement au buste polychrome de la Grande Epouse d'Akhenaton, cette Néfertiti cherchée partout dans les salles".
Philippe Noiret a traversé l'existence avec légèreté et élégance, se partageant entre théâtre et cinéma, mêlant compositions comiques et tragiques. Sa carrière hors normes lui a permis de croiser Jean Vilar et Gérard Philipe, mais aussi Françoise Sagan, Alfred Hitchcock, Philippe de Broca ou certaines de nos plus belles comédiennes, telles Romy Schneider et Catherine Deneuve. Juste avant de tirer sa révérence, Philippe Noiret raconte de sa voix si reconnaissable les mille et une histoires d'une vie exceptionnelle. Une chevauchée à travers le siècle.
Un seul poème, trente-trois rebonds le long des rives du fleuve-frontière Amour (par exemple) où s'embusque le léopard des neiges. Trente-trois salutations aux forces sauvages qui donnent élan et s'arrachent aux méandres de la mélancolie. Une voix souple et prudente s'adresse au fauve aux aguets, salue à sa splendeur menacée de capture et de disparition, concentré dans sa chasse, loin de la solitude des dangereuses foules humaines... En contrepoint, le dessin espiègle de Sébastien Pignon, s'épèle comme on jette par-dessus l'épaule ce qui entravait la marche et le saut". Dessins de Sébastien Pignon
C'est un chant clair, au rythme généreux et à la scansion brève, alerte. Le poète fustige les conflits identitaires et religieux, il fait aussi l'éloge de Tombouctou, la cité médiévale où s'est inventé pour l'Afrique le discours sur l'amour, ainsi que celui sur le savoir. La Saigne est un chant d'amour charnel et filial, car le poète offre son coeur " sans reddition ".
Poursuivant son " enquête " poétique monumentale sur l'aventure de la poésie à travers les cultures et les langues, par le prisme élocutoire du créole, Monchaochi présente ainsi, ce troisième volume de son cycle Lémistè : " Fugue vs Fug ouvre ainsi sur la circonstance décisive en Grèce antique, de l'avènement des voyelles ("Les Saintes Filles") dans une écriture alphabétique jusqu'alors consonantique, par conséquent sans voix. Ce "sans voix" loin d'être une carence, appelle au contraire le répondeur, le juste de voix, l'homme dont la vocation est de bailler à hauteur la voix égale, d'être un entretien avec le monde et, plus encore, un chant (Hölderlin). Là où il existe par conséquent dans l'écriture, le sans voix est cela même qui ménage et aménage le lieu de l'homme. Captant et captivant ainsi la voix, l'écriture alphabétique gréco-latine ouvre à une totalité insigne, suffisante, qui menace à terme de taire l'entretien en faisant retraire le répondeur. Ce terme, c'est cette nuit épaisse en laquelle présentement sont noyées les solitudes fébriles, tâtonnant sans fin sur la toile leurres et simulacres. "
DONA (du latin Donum, don, présent, offrande) est une série de 46 poèmes dédiés principalement à des personnes, mais aussi à des lieux et des heures. Ce sont des envois, des hommages, à des vivants et des défunts, commémorés avec une certaine "piété" . Les destinataires peuvent être des amis chers, des parents, des poètes aimés (contemporains et classiques), des prophètes, des philosophes admirés ; mais aussi bien une nuit parisienne et un matin de février, un quartier de Lyon ou une station balnéaire normande ou un village breton... Tous et toutes m'ont parlé, inspiré, ouvert à une réalité autre qui est celle de la poésie, produit d'une interaction entre l'espace intérieur et le monde extérieur. Un va-et-vient incessant parcourt ce livre, entre la sphère de l'intime, du présent, et le murmure du passé, que nous transmettent la tradition et la mémoire". Gravures de Frédéric Couraillon