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Spinoza subversif. Variations (in)actuelles
Negri Antonio
KIME
19,30 €
Épuisé
EAN :9782841742745
Dans cet ouvrage Antonio Negri rassemble des essais spinoziens écrits depuis 1981, année de publication de la première édition de son livre L'Anomalie sauvage. Dans ces nouveaux essais Negri approfondit son interprétation du concept de " puissance " de Spinoza, et la confronte aux lectures spinoziennes de Gilles Deleuze, Alexandre Matheron, Pierre Macherey, Etienne Balibar et autres interprètes contemporains, surtout en s'attardant sur le concept de démocratie. Les recherches de Negri portent essentiellement sur la question du politique chez Spinoza, en l'intégrant principalement dans une dimension de critique de la modernité - de la modernité dans sa genèse et dans sa crise, de Leopardi à Heidegger. Last not least : pourquoi le retour de Spinoza sur la crise de la pensée politique de la gauche ? Pourquoi Spinoza réussit-il encore à décliner une pensée de la transformation radicale ?
Ce livre ressemble à l?histoire qu?il raconte. Écrit après une longue et dure incarcération politique, au tout début de l?expérience de l?exil en France, il s?attache avant tout à décrire le parcours de perte, de doute et de peur dans lequel Job est pris. Un récit de solitude, donc, qui court à travers les lignes du Livre de Job; mais aussi un récit qui renvoie pour Negri, dans cet exil parisien qui est le sien comme il est celui de toute une tranche d?âge, à l?échec du mouvement de contestation et de transformation politique et sociale qui a secoué l?Italie dans les années 70.Mais Job, c?est aussi autre chose. À la faveur d?un commentaire serré du texte biblique, Negri cherche à repérer ce qui, dans cette expérience extrême de doute et de souffrance, se donne pourtant, envers et contre tout, comme une positivité. Job nous raconte l?histoire d?un défi qui est aussi celle d?un rapport privilégié avec Dieu, c?est-à-dire un moment de joie. Ce défi affirme la puissance des hommes, y compris dans le dénuement le plus total. Ou peut-être est-ce précisément le dénuement - ce que Negri appelle aussi l?expérience ontologique de la « pauvreté » - qui, seul, peut nous montrer ce qu?il y a de joie à vouloir non seulement résister mais changer le monde.Le Livre de Job est pour Negri l?histoire de ce double parcours: perte radicale et puissance constituante, solitude et joie, doute et amour.
Selon Antonio Negri et Giuseppe Cocco, comme le montre exemplairement la situation latino-américaine, nous vivons aujourd'hui un interrègne historique caractérisé par la crise du pouvoir souverain, crise comparable à celle qui marqua le passage de l'époque médiévale aux temps modernes. Cette situation exige de nous que nous nous libérions de tous les dogmatismes, y compris de ceux qui se présentent comme "révolutionnaires". A l'opposé des commentateurs qui voient dans les mouvements politiques latino-américains qui ont porté Lula, Kirschner, Chavez et Evo Morales au pouvoir le symbole d'un renouveau triomphal de la perspective "nationaledéveloppementiste" de l'anti-impérialisme classique ou qui leur reprochent au contraire leur supposée pusillanimité, Negri et Cocco avancent l'hypothèse selon laquelle le problème qui s'impose aujourd'hui aux pays latino-américains n'est pas de relancer les politiques de développement économique "nationalistes". Il s'agit plutôt, d'une part, de gouverner l'interdépendance qui constitue la réalité nouvelle de l'Amérique latine à l'heure de la mondialisation et, d'autre part, de maximiser l'autonomie et la puissance d'agir des mouvements populaires et indigènes inédits qui s'y sont épanouis. Prolongeant, illustrant et précisant les analyses développées précédemment par Michael Hardt et Antonio Negri dans Empire et Multitude, les auteurs de GlobAL nous permettent de saisir avec force ce qui aujourd'hui se joue d'essentiel en Amérique latine notre monde.
Critique radicale de l'idéalisme dont les valeurs transcendantales sont encore dominantes aujourd'hui, cet essai pose à nouveau une question essentielle : les pauvres, c'est-à-dire les sans-pouvoir, pourront-ils un jour décider du destin de l'humanité et construire, en tant qu'hommes libres, une vie sous le signe du commun ? Le parcours philosophique d'Antonio Negri, tout en maintenant toujours en toile de fond cette interrogation, interroge l'événement de la connaissance dans sa relation au temps (kairos, le moment juste), mais aussi l'expérience de la nomination (donner un nom aux choses) et une nouvelle forme de rapport entre les êtres. Ainsi, à travers la volonté commune (Alma Venus) et l'expérimentation de la multitude, nous découvrons une autre mesure de la liberté. Avec ce texte écrit en prison, Antonio Negri cherche à trouver au sein du matérialisme une source de résistance et le fondement d'une constitution éthique.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.