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Anne de Bretagne. Correspondance et itinéraire
Nassiet Michel
PU RENNES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782753586307
Cet ouvrage est une ample publication de sources sur Anne de Bretagne, dont beaucoup sont inédites : toute la correspondance qui a pu être retrouvée, active et passive, de la duchesse et de la reine, complétée par plusieurs documents fondamentaux. La datation des missives restitue leur contexte historique, et l'identification des personnages informe sur les réseaux personnels de la reine. En outre, un itinéraire montre la grande mobilité de cette femme et permet de faire l'histoire de ses voyages, qui sont révélateurs de son tempérament et de ses motivations : une extrême énergie, la piété et les pélerinages, et un amour conjugal dont témoignent aussi les ambassadeurs italiens. Les premières lettres précisent l'extraordinaire agentivité par laquelle la fillette de onze ans a pris son destin en main en repoussant le grand baron avec lequel ses proches voulaient la marier. La correspondance éclaire le rapport au pouvoir monarchique qui, s'agissant d'une femme, prend une importance exceptionnelle du fait de son double statut, celui de reine et celui de duchesse souveraine. La reine va jusqu'à conduire une "diplomatie épistolaire". Des historiens ont critiqué son amitié constante pour la maison d'Autriche, sans voir que son but, explicite, était de faire et assurer la paix dans la chrétienté.
Il n'existe jamais une absolue coïncidence entre les conceptions, les valeurs et les normes du monde de la justice et celles de la société. Ce sont les écarts, les distances ou les proximités entre les conceptions de l'une et l'autre que ce livre entreprend d'explorer dans le temps. Au haut Moyen Age, des évêques ferment les yeux sur des infractions à la législation sur le mariage ; au XIVe siècle, l'application rigoureuse de la législation relative à l'endettement rompt le lien social ; dans l'Italie du Nord, des pratiques coutumières sont utilisées par les tribunaux du pape pour accuser d'hérésie de grands seigneurs ; dans les états bourguignons, les dispositions brutales de la justice ducale brisent des solidarités urbaines fortes ; aux XVe-XVIe siècles, la pratique de l'homicide pour adultère trouve dans la société un quasi consensus ; en 1720, une large partie de l'opinion publique réprouve la sévérité à l'encontre d'un bandit... Parallèlement apparaissent des proximités et des convergences, comme au XIIe siècle dans l'Italie des communes. Au XVIIIe siècle, des tribunaux de proximité renvoient l'image d'une communauté de valeurs entre juges et justiciables. Dans le jugement des blasphèmes, les juges se gardent d'appliquer à la lettre la législation pénale, du moins jusqu'à la fin du XVe siècle, tandis que la mutation provoquée par la Réforme protestante suggère que l'analyse en termes de tolérance est inappropriée pour en rendre compte. Ce que l'on découvre au fil des analyses, c'est une distance entre les valeurs partagées par la société et certaines pratiques judiciaires étroitement liées au pouvoir politique, le pouvoir souverain, soit en expansion, soit, au contraire, en difficulté. Ce livre éclaire donc aussi, à côté de la force de la justice négociée et de la proximité qu'elle maintient entre magistrats et justiciables, l'ambivalence de la justice en tant qu'attribut de la souveraineté.
La France violente étudie la question criminelle et plus particulièrement la violence homicide entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Empruntant les outils conceptuels de la sociologie, l auteur explique la diminution progressive de cette violence, tout particulièrement du duel, par le déclin à l attachement aux groupes, spécialement aux groupes de parenté du type des communautés confessionnelles, attachement qui justifiait auparavant une solidarité indéfectible de l individu et un intransigeant devoir de défense d un honneur perçu comme collectif. L ouvrage montre ainsi l affaiblissement des liens de parenté et le resserrement concomitant du lien conjugal, ainsi que la relativisation et l individuation de l honneur, portées par une aspiration nouvelle à l épanouissement individuel et au bonheur.
La parenté est au coeur du phénomène nobiliaire et son observation fournit des clefs pour la compréhension des systèmes politiques et des cultures de l'Europe moderne. En s'attachant à relier des terrains souvent disjoints - parenté et régime démographique, représentations et pratiques de la parenté, ordre social et système politique, structure et événement - cet ouvrage donne à lire les profils complexes des familles nobles. Qui épouse qui, et comment ? Afin de répondre à cette question, Michel Nassiet propose d'abord un inventaire des modalités vécues des relations de parenté. Il analyse, ensuite, l'alliance matrimoniale en combinant trois dimensions fondamentales : le statut d'héritière ou de cadette, le caractère égalitaire ou non du mariage, les modes de l'échange entre patrilignages. Il tire enfin les conséquences du fait que, dans les Etats monarchiques, le principe de légitimité lui-même prenait une forme familiale et montre comment les structures sociales propres à la noblesse ont encadré, et partiellement déterminé, l'histoire politique du royaume et des principautés aux XVe-XVIe siècles.
Grivel Marianne ; Leproux Guy-Michel ; Nassieu Mau
Célèbre en son temps, qualifié d?"excellent peintre" par ses contemporains, Baptiste Pellerin n?a cependant connu qu?une gloire éphémère. Les historiens de la peinture du XVIIe siècle ayant déjà oublié son nom, une grande partie de son oeuvre dessiné fut attribuée au graveur Etienne Delaune, à qui il avait régulièrement fourni des modèles. Ce livre a pour objet de reconstituer sa carrière et de la replacer dans le milieu artistique parisien de la seconde moitié du XVIe siècle. À partir de 1549, il exécuta des travaux pour le Roi. Il participa aussi au décor de deux des plus beaux livres enluminés du règne de Henri II, les Heures Gouffier et les Heures de Montmorency. Il collabora à l?entrée de Charles IX dans la capitale en 1571, et jusqu?à sa mort, en 1575, travailla pour les commanditaires les plus divers, du simple artisan à l?entourage royal. Ce fut un artiste prolifique : parmi les pièces qui nous sont parvenues et dont on peut lui donner la conception, on trouve aussi des vitraux, des éléments d?armure, des jetons et médailles et de nombreuses gravures. De plus, quantité d?oeuvres disparues nous sont connues au stade du projet grâce à ses dessins, dans des domaines où seule une infime proportion de la production est conservée, comme la tapisserie, l?orfèvrerie et la joaillerie. Aucun autre peintre français de cette époque ne peut se prévaloir d?une telle influence sur l?art de la capitale à la Renaissance.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.