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La Longue-vue
Musso Frédéric
TABLE RONDE
11,30 €
Épuisé
EAN :9782710301455
Muni d'un puissant télescope, François pénètre dans l'intimité de voisins insouciants. Traducteur de son état, amoureux un peu désabusé du monde littéraire, hanté par le souvenir de sa femme, il a pris l'habitude de partager ainsi, à heure régulière, la vie des inconnus qui l'environnent. Dans le Paris estival, à demi-reclus dans son appartement, François goûte alentour les douces quiétudes au soleil, surprend les amours mercenaires, débusque les voyeurs concurrents. Jusqu'à cet instant où braquant la lunette sur la terrasse d'un immeuble situé sur l'autre rive de la Seine, il capte l'image d'une jeune femme qui le bouleverse. Cette femme inconnue, François va l'aimer pasionnément. A en perdre la raison. Chaque journée se réduit à l'heure d'ensoleillement idéal où il guettera l'apparition de la silhouette "grecque et archaïque" , regrettant que les autres sens ne soient pas augmentés en proportion de la vue. François décide de mettre un terme à ce délire. Il part pour la Grèce sans se douter qu'il rencontrera là-bas ce qui, ici, le rendait fou.
«Dans l?odeur nue de l?aube le piéton de la plage pouvait croiser la perfection d?un squelette d?oursin, le bras d?honneur d?une branche sur le sable ou l?idée singulière que les ombres mûrissent en douce avant de s?allonger.» «On frappe à la porte du sommeil. Le songe est mis, rien ne va plus. Des femmes aux désirs fauves se déploient sous de hautes futaies. Une fontaine bruit. Un peuplier tremble. Demain tu seras nu dans l?habitacle de l?aube.» En équilibre sur la pointe des mots, la poésie de Frédéric Musso invoque la mémoire et convoque l?immédiateté des sensations. Elle multiplie les perspectives en jouant à la fois des effets de réel et des effets de surprise.
Dans les papeteries, dédaignant le bloc dédié à la bille et au feutre que tes vendeuses proposent le plus souvent, il tirait un carnet japonais de sa poche et tentait de parvenir au suspens de soi nécessaire à l'appréciation de quelques paramètres : la souplesse et l'épaisseur de la plume, l'angle d'attaque, le poids du stylo. Bleu, c'était toujours du bleu. Il aimait le papier, les liasses d'avant-guerre, les pelures, le couché dont un imprimeur lui fournissait des chutes massicotées. On lui avait transmis l'art de calibrer le feuillet réglementaire (vingt-cinq lignes de soixante signes, double interligne, espaces comptées comme des signes) et de rédiger d'une écriture parfaitement lisible, ce qui lui valait la considération des sténos de L'Air Du Temps. " Julien Delafosse a renoncé sans regret à la littérature. Nègre, mercenaire de l'édition, il met son talent au service des autres, qu'ils soient politiciens, champions sportifs, soldats perdus ou idoles de la chanson - " Je connais des plantations heureuses >> dit-il -, mais un jour de 1984, il achète un ordinateur. Il confie sa part d'ombre à une disquette noire. Il se penche sur ce qu'il a refusé jusque-là de voir en lui-même. Il se lance à la recherche de ses racines. Il écrit un roman. Sa vie va basculer dans un enfer.
Romancier, poète et essayiste, Frédéric Musso a publié une douzaine d'ouvrages, dont La Déesse (La Table Ronde), 1975, Prix Roger Nimier) et Dans les murs (La Table Ronde, 1985, Prix RTL Poésie). Son dernier livre, Albert Camus ou la fatalité des natures (Gallimard 2006, lauréat de la Fondation Charles-Oulmont 2008) n'est ni une biographie nu une exégèse: chacun des quinze chapitres qui le composent s'apparente à une nouvelle. La Table Ronde a réédité Un pékin en Chine en petite Vermillon en 2008.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
En 1938, désespéré par les compromissions de l'Eglise et par la lâcheté des démocraties, Georges Bernanos quitte l'Europe avec sa femme et ses six enfants pour recréer une "nouvelle France" en Amérique latine. Au Brésil, l'écrivain passe sept longues années en exil, à Rio de Janeiro, Itaipava, Juiz de Fora, Vassouras, Pirapora et Barbacena. Contrairement à Stefan Zweig, venu lui rendre visite dans sa ferme quelques jours avant son suicide, le romancier français n'a pas laissé de livre pour célébrer ce pays qu'il a tant aimé. Toutefois, au fil des pages consacrées à cette terre d'espérance et d'amitié dans Lettre aux Anglais, Les Enfants humiliés, Le Chemin de la Croix-des-Ames, sa correspondance trop peu connue et quelques articles publiés après son retour en France, on découvre que Bernanos s'est fait du Brésil une image toute à lui, au coeur des soubresauts de la Seconde Guerre mondiale. Et l'on comprend que c'est un homme profondément changé qui a dit adieu au Cristo Redemptor du Corcovado, le 2 juin 1945.
Ce volume réunit trois grands reportages que Manuel Chaves Nogales a réalisés en Andalousie pour son journal Ahora, à diverses étapes de la Seconde République. "Avec les paysans andalous" date de novembre 1931, "Semaine sainte à Séville" d'avril 1935, et le récit qui donne son titre au recueil, "L'Andalousie rouge et "la Blanche Colombe"" , de juin 1936. Ce sont d'amples pièces où se mêlent les thématiques andalouse, ethnographique, religieuse, socio-économique et politique. Le journaliste met en lumière l'évolution d'un climat hautement politique, qui va de l'atmosphère pré-révolutionnaire - lors de ses journées avec les paysans -, à une atmosphère annonçant clairement le conflit - lors de son pèlerinage d'El Rocío -, en passant par des pages magistrales dédiées à une Semaine sainte bouleversée par cet élan républicain. Dans chacun des trois récits, le contexte historique et actuel impose sa loi et met à mal tout présage, parfois même d'authentiques réalités d'avant guerre. Mais seule une plume avertie comme celle de Chaves Nogales a su faire de son travail de journaliste une oeuvre intemporelle dont la lecture, aujourd'hui, est un exercice que personne ne devrait négliger.
Quand débute la Seconde Guerre mondiale, Muguet vient à peine de découvrir les plaisirs de la chair et de quitter le nid familial. Bientôt prisonnier des Allemands, il s'évade malencontreusement puis cherche à nouveau le gîte et le couvert, sillonnant l'Europe de cachots en salons princiers, de rencontres fortuites en insolentes conquêtes. Une foule de personnages parcourt les aventures débridées de ce Don Quichotte, qui revient de la guerre comme d'une escapade. L'Europe buissonnière, premier roman d'Antoine Blondin, a reçu le prix des Deux Magots en 1950.