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La relation orientale. Enquête sur la communication dans les récits de voyage en Orient, 1811-1861
Moussa Sarga
KLINCKSIECK
29,50 €
Épuisé
EAN :9782252030073
La relation orientale dsigne la fois l'apoge d'un genre (celui des rcits de voyage en Orient) et le caractre spcifique de celui-ci l'poque romantique : les Orientaux ne sont plus perus par les voyageurs europens comme de simples images , mais comme des sujets avec lesquels il est possible de communiquer. Ces derniers acquirent peu peu, dans les rcits de voyage en Orient de la premire moiti du XIXe sicle, un droit de regard sur le regard, qui modifie profondment les conditions de la rencontre et de la reprsentation. Cet ouvrage, dans une perspective d'anthropologie littraire, se veut une contribution l'tude des relations interculturelles. cet gard, le drogman (l'interprte levantin) constitue une figure centrale de la mdiation. Tout en le reprsentant souvent de manire parodique, de nombreux crivains-voyageurs, anims par un fantasme exotique, vont tenter de se substituer symboliquement lui. D'o la place importante qui lui a t faite ici. Sans vouloir banaliser le fait colonial, cette tude cherche apporter une rponse diffrencie la question de la reprsentation littraire de l'altrit orientale. De l'Itinraire (1811) de Chateaubriand, qui hrite de l'imaginaire du despotisme ottoman issu des Lumires, Contantinople (1853) de Gautier, qui rve d'une Turquie barbare encore intouche par les rformes l'europenne, en passant par le Voyage en Orient de Lamartine (1835) et par celui de Nerval (1851), c'est tout un parcours fond sur l'ide de rapprochement que nous donnent lire les voyageurs franais de la premire moiti du XIXe sicle. La parution du Guide Joanne de l'Orient, en 1861, constitue une csure : elle annonce l're du tourisme de masse qui, paradoxalement, rend la rencontre de l'autre plus problmatique.
Ce volume rassemble les actes du colloque international de Lyon (16-18 novembre 2000) sur la construction de la notion de "race". Le corpus part du XVIIIe siècle, époque où émerge l'acception moderne du mot "race" au sens de type. Même si Buffon introduit déjà des hiérarchies entre les "races" humaines, son anthropologie, comme celle de la plupart de ses contemporains, reste de nature monogéniste (unité de l'espèce humaine). En revanche, le XIXe siècle opère un basculement vers une conception polygéniste (croyance à la multiplicité des souches originaires de l'homme), ouvrant la voie à une idéologie (le racisme) qui repose sur une essentialisation de l'idée de "race". Ces deux siècles sont déterminants pour comprendre comment se constitue un discours raciologique dont la genèse complexe et les répercussions littéraires n'ont pas suffisamment été étudiées jusqu'à présent. C'est donc à l'articulation entre plusieurs disciplines (anthropologie, philosophie, histoire, linguistique, littérature) que se situe cette interrogation, qu'on a par ailleurs souhaitée ouverte, à travers quelques communications, sur l'Europe, en particulier sur l'Allemagne et l'Angleterre.
Aujourd'hui, l'intensification des circulations crée de nouvelles formes d'exclusion. Il parait donc important de réactualiser la notion de cosmopolitisme. Ce volume examine les voies ouvertes par la littérature depuis le XVIIIe siècle pour "décentrer le cosmopolitisme" en dépassant la tradition élitiste et européenne, dans laquelle on l'inscrit habituellement, et en mettant l'accent sur sa dimension politique et sociale. On y trouvera donc des réflexions consacrées à des lieux, des oeuvres et des pratiques qui ressaisissent la visée critique, voire émancipatrice, du cosmopolitisme. Ne sont pas oubliés non plus les écrivains, essayistes, journalistes et voyageurs, venus d'espaces culturels divers, qui ne se sont pas limités à parcourir le monde pour dire qu'ils s'en sentaient les citoyens, mais qui se sont aussi intéressés à ses marges culturelles et sociales. Ce qui apparaît ici, c'est un cosmopolitisme pluriel et "d'en bas" que la littérature reconfigure, parfois en lui donnant des lettres de noblesse paradoxales (éloge du vagabond, de l'exil ou de l'autodidaxie).
Les Balkans ont souvent fait l'objet d'un imaginaire négatif, lié à leur fragmentation et aux conflits identitaires. Pourtant, cette région a également constitué un espace à la fois physique et mental d'une possible hybridité culturelle, un espace-frontière, où de nouvelles identités ont pu être imaginées par les voyageurs, rompant ainsi avec la logique habituelle d'essentialisation, que celle-ci serve à stigmatiser une supposée infériorité "orientale" ou à faire l'éloge d'un exotisme folklorisant non moins suspect. A partir d'un corpus viatique cohérent, cet ouvrage part à la recherche de ce qui se joue, entre les xixe et xxie siècles, dans le regard que portent les voyageurs européens sur ces régions où Orient et Occident se côtoient et, parfois, se mélangent, en constituant un "tiers espace", c'est-à-dire un "lieu" privilégié où se recréent de nouvelles identités culturelles.
Résumé : " C'est grâce à l'expédition de Bonaparte que l'Egypte est devenue cette destination à la mode qui n'a cessé de faire rêver les voyageurs. Français, Anglais, Allemands se sont précipités en grand nombre au pied des pyramides, aux chutes du Nil, dans le désert du Sinaï. Tous ont été fascinés par les mystères d'une civilisation disparue qui, au gré des fouilles, émergeait peu à peu d'épaisses couches de sable. Le déchiffrement des hiéroglyphes a permis de donner des noms aux personnages étranges - dieux, pharaons, hauts fonctionnaires - dont la ronde bariolée orne les parois des tombeaux. Beaucoup de ces découvertes ont été banalisées par le tourisme de masse. Mais celui qui veut retrouver l'émerveillement suscité par un monde qui est à mille lieux du nôtre se plongera avec délectation dans les textes laissés par les premiers voyageurs. Il accompagnera Xavier Marmier au Caire, Vivant Denon à Aboukir, contemplera avec Gobineau l'architecture mamelouke et se glissera à la suite de Maspero dans le musée de Boulaq, Flaubert et Loti l'entraîneront dans le Sinaï ou dans le désert Arabique. Après avoir emprunté différents itinéraires, d'Alexandrie au Caire, de Karnak à Abou-Simbel, voici que notre voyageur ira à la rencontre de populations d'origines ethnique et religieuse très différentes. Il ne manquera pas de se pencher sur le sort des femmes, d'essayer, grâce à Nerval ou à Harriet Martineau, de forcer la porte d'un harem. La peinture pittoresque du passé égyptien ne doit pas faire oublier la confrontation, souvent douloureuse jusqu'au départ des Anglais, entre ce pays et ses envahisseurs européens. Aussi le livre s'achève-t-il sur l'émergence de l'Égypte moderne et le lent et difficile renouvellement de ses traditions. " Robert Kopp.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.