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Philosophie ou libertinage. Rorty et le discours postmoderne
Morilhat Claude
KIME
17,30 €
Épuisé
EAN :9782841742370
La critique postmoderne se propose de nous libérer du carcan imposé par la raison. Selon Rorty l'abandon de la croyance en la possibilité de connaître les choses telles qu'elles sont, l'effacement de la distinction entre connaissance et opinion, ouvrent à l'individu la possibilité d'explorer des voies inédites, de multiplier les descriptions novatrices, de développer sa recherche d'autonomie, d'invention de soi, de perfection privée. Mais l'émancipation prônée par Rorty conduit à l'enfermement dans l'univers langagier face à un monde qui s'avère inaccessible. La délégitimation de la connaissance scientifique ruine l'idée même d'une analyse critique rigoureuse de l'ordre social existant ; devant les maux des sociétés contemporaines, l'intervention politique laisse place alors au discours moralisant, à la compassion utilitariste. L'autonomie, exaltée par Rorty, d'individus en état d'apesanteur sociale, semble répondre sans équivoque aux exigences d'un univers marchand surdéveloppé. Bref, par-delà son apparente originalité, le discours post-Philosophique révèle une singulière consonance avec la logique requise par la mondialisation du capital.
Résumé : Théorie des climats, doctrine de la séparation des pouvoirs... ces grands thèmes masquent l'importance des développements consacrés par l'Esprit des lois au domaine de l'économie politique. Au cours du XVIIIè siècle s'affirme une appréhension nouvelle de la dimension économique des sociétés à laquelle Montesquieu contribue de façon originale ; la science sociale qu'il constitue inclut l'analyse du mouvement des richesses. Toutefois la prise en compte de l'importance de la réalité économique, l'observation des transformations sociales ne vont pas sans provoquer de fortes tensions au sein de l'Esprit des lois : si l'essor du commerce pacifie les relations entre nations, l'extension de l'esprit mercantile ruine les valeurs nobiliaires chères à Montesquieu, le rôle croissant des richesses vient mettre en cause la place de la noblesse et la stabilité de l'ordre monarchique. Suprématie du politique ou dominance de l'économie, le problème qui se dessine alors reste le nôtre.
Le lieutenant Orso della Rebbia est de retour en Corse. Il y est attendu par Colomba, sa s?ur cadette, qui le presse de punir les assassins présumés de leur père. Mais la jeune femme obtiendra-t-elle que son frère, libéré des "préjugés barbares" par son séjour sur le continent, accomplisse sa vengeance? Affrontement de familles rivales, coutumes archaïques, vie clandestine dans le maquis: avec Colomba, Mérimée nous donne la superbe image d'une île sauvage, habitée par de bien étranges superstitions
Résumé : Pour avoir développé une philosophie matérialiste conséquente La Mettrie a fait scandale parmi ses contemporains. Mais aujourd'hui encore, il semble que le titre évocateur de son ouvrage le plus célèbre, L'HOMME MACHINE, suffise à justifier l'accusation de mécanisme grossier à l'encontre d'un auteur qui s'efforce en réalité de saisir la dimension spécifique de la matière vivante. L'hostilité violente des esprits religieux à l'égard de La Mettrie était conforme à l'ordre commun des choses, en revanche les appréciations injurieuses de certains philosophes matérialistes (Diderot, d'Holbach) s'avèrent plus que surprenantes. Singulière conjonction des suppôts de l'ordre théologico-politique et des ennemis de ce dernier, qui ne peut qu'inciter à s'enquérir de l'originalité philosophique de l'auteur du DISCOURS SUR LE BONHEUR.
Résumé : Alors que les disciples pusillanimes s'efforaient de masquer les aspects scandaleux de la doctrine de Fourier pour la rduire une simple thorie de l'association, les modernes lecteurs, eux, s'attachent la critique de l'ordre rpressif et l'apologie du libre amour pour mieux oublier les virulentes dnonciations de la civilisation capitaliste. Rcusant ces modes inverses de mconnaissance, la prsente tude apprhende l'ensemble du discours fouririste ; en effet c'est d'un mme mouvement que se trouvent condamns le rgime civilis des amours et celui de la production. Au yeux de Fourier l'organisation sociale n'est pas moins absurde dans l'un que dans l'autre domaine et l'exhibition des vices du chaos civilis renvoie presque immdiatement la dcouverte des bienfaits de l'ordre harmonien, dans le champ de l'conomie comme dans celui des murs. Hors des biensances acadmiques, le Phalanstrien dveloppe un discours trangement singulier ; pour laisser apparatre cette originalit, l'auteur tudie le projet fouririste aussi bien travers la taxinomie des cocus, les spculations cosmogoniques, le rpertoire des crimes du commerce... qu'en analysant la priodisation de l'histoire ou la thorie des passions dveloppes par Fourier. Par del un texte profus o se dploie une multiplicit de thmes, l'auteur explicite le jeu de l'imaginaire fouririste dans le procs de constitution de la doctrine socitaire pour en mettre jour le schme prvalent : l'opra. En effet l'ordre harmonien, c'est l'opra devenu monde.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.