Dominique Monjardet (1943-2006) fut l'un des pionniers en France dans la redécouverte de l'institution policière et la démystification de son fonctionnement. Les notes inédites de son journal éclairent, dans un style limpide et sur un ton engagé, les multiples dimensions de la politique sécuritaire au début d'un siècle fertile en rebondissements: administration de la sécurité publique, réformes de l'institution policière, émeutes urbaines, tensions entre protection de l'État de droit et gestion du maintien de l'ordre, tentatives contrariées de mise en place d'une police de proximité. Les notes de ce sociologue trop méconnu du grand public révèlent l'originalité d'une pensée à la fois critique et constructive, sachant mettre en perspective le moindre événement d'actualité dans un système de compréhension plus général. Cette pédagogie du quotidien offre aux hommes politiques, citoyens, policiers et journalistes, d'utiles clés de lecture et un supplément d'intelligence collective pour comprendre une institution et une action policières qui n'en ont peut-être jamais eu autant besoin qu'aujourd'hui. Ce journal est complété d'une préface de Pierre Joxe, ancien ministre qui fonda l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI), et par une douzaine de contributions de certains des pairs de Dominique Monjardet, qui témoignent de la fécondité exceptionnelle d'une carrière scientifique aux multiples facettes.
Résumé : Alors que les repères religieux traditionnels se sont en grande partie effacés, notre société prend conscience, après des décennies d'indifférence ou de tabou, qu'il lui faut aujourd'hui inventer une nouvelle approche de la mort. Soins palliatifs, accompagnement psychologique des mourants : sur ces thèmes, objets d'un débat désormais largement ouvert dans le monde médical et au-delà, ce livre apporte une contribution essentielle. Médecin, pionnière en ce domaine, Elisabeth Kübler-Ross a rassemblé des témoignages concrets, issus de dix ans de travail auprès d'adultes et d'enfants proches de la mort. Comment faire en sorte que chacun puisse, le moment venu, apprivoiser l'idée de sa propre disparition ? Comment apporter au mourant l'écoute dont il a besoin, tout en le laissant libre de choisir ses interlocuteurs, les soins qu'il souhaite, le cadre où il préfère vivre ses derniers jours ? Quel rôle peuvent jouer les proches, les médecins, les infirmières, les psychothérapeutes, les membres du clergé ? A toutes ces questions, Elisabeth Kübler-Ross apporte des réponses tirées de son expérience. Abordant le sujet particulièrement douloureux de la mort des enfants, elle nous invite à une réflexion non seulement médicale et psychologique, mais philosophique et spirituelle.
Résumé : A partir d'un état des lieux des publications contemporaines sur les classes moyennes, cet ouvrage revient sur la théorie des nouvelles classes moyennes proposée par Dominique Monjardet et Georges Benguigui, à travers une série d'articles écrits entre 1982 et 1990, et autour du débat auquel elle n'a manqué de donner lieu. Cette théorie est fondée sur l'idée que dans nos sociétés deux axes s'entrecroisent : l'axe des rapports de classe et celui des rapports entre l'Etat et la société civile. Ces axes sont gérés par des appareils dont les agents sont les membres des classes moyennes et l'Etat, le principal producteur de ces classes moyennes.
Résumé : Ethnologie française a 50 ans. A l'occasion de cet anniversaire, la revue est racontée en 53 mots ? sans doute pour des années qui comptent double. Les membres du comité de rédaction, éditrices et anciens collaborateurs de la revue ont choisi de le célébrer de façon toute personnelle. Pour certains, ce sera la déclinaison de quelques motifs d'attachement qui peuvent être des objets ou des démarches intellectuelles, mais aussi des lieux ou des situations. D'autres ont livré quelques " secrets " de fabrication : la manière dont un numéro se construit, se traduit, se corrige, etc. D'autres encore ont souligné la façon dont la revue s'emparait de vastes questions mais reposait pour cela sur beaucoup de " petits riens ". Loin du format et du ton académiques de la revue, dans un style très libre qui tient l'article à distance pour mieux permettre un retour affecté sur soi, cette livraison spéciale offrira de quoi sillonner entre " Anniversaire " et " Verbe " en passant, au gré de son humeur, par " Bureau ", " Grand Oral ", " Poème ", " Refus " ou " Classé X ". En somme un joli abécédaire qui est aussi un spicilège de ce qui fait l'identité de la revue.
Résumé : Hier, la fermeture des mines, des industries textiles du Nord et des sites des bassins houillers de Lorraine annonçait une crise, le déclin d'activités industrielles, et plus sûrement encore une mutation économique. Aujourd'hui encore, des établissements ferment ou sont délocalisés, dans le secteur privé comme dans le secteur publie : des usines comme Renault, Cellatex, Mossley, Levi's ; les Folies-Bergère ; la bourse au Palais Brongniart ; des hôpitaux comme Boucicaut, Laennec, Broussais, Hôpital européen Georges-Pompidou ; des musées comme le Musée national d'Art d'Afrique et d'Océanie. Mais que se passe-t-il vraiment quand se ferme un lieu de travail ? C'est ce à quoi cherche à répondre ce numéro, qui vise à mettre en lumière le processus à l'?uvre : accompagner de plans sociaux, occuper les usines, faire la grève, clore par des rituels, des fêtes et des contre-fêtes, écrire et mettre en scène, donner une valeur patrimoniale à ces lieux de vie. Ces actions semblent opérer comme un remède qui fait oublier, se souvenir, sortir du silence, reconstruire son identité. Paroles et images restent parfois les seules traces après la fermeture des sites qui sont tantôt rachetés, tantôt laissés à l'abandon ou détruits, devenant ainsi les supports du mythe d'un âge d'or. Les fermetures ne sont donc pas uniquement synonymes de disparitions ; elles renvoient aussi à des ouvertures, à des créations : le " nouveau " fait écho à l'" ancien ", le présent s'élabore sur le passé.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.