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Tiphaine ou le silence du moi
Monod Guillaume
ALBIN MICHEL
16,85 €
Épuisé
EAN :9782226251589
Tiphaine, 8 ans et demi, est enlevée à sa famille parce qu?elle est couverte d?hématomes et hospitalisée dans le service du Dr Dentreville, pédopsychiatre. L?enfant est mutique, sa situation familiale étrange, avec un père qui voyage, une mère jamais là, une grande soeur qui s?occupe d?elle en la rouant de coups, selon le dossier. Pour Dentreville quelque chose cloche dans cette version des faits. Il ne peut se résoudre à l?entériner auprès de la juge pour enfants. Il faut attendre la comparution de la soeur de Tiphaine devant la juge pour découvrir qu?elle est à la fois la soeur et la mère de la petite fille. Comment cette enfant va-t-elle pouvoir se remettre d?une telle aberration familiale, surmonter d?être le fruit d?un tabou parmi les tabous? En mettant en scène des enfants pas comme les autres, avec une part d?innocence et une autre meurtrie, Guillaume Monod décrit de l?intérieur les structures d?accueil des enfants en souffrance. On découvre les relations particulières et complexes qui se nouent entre adultes spécialisés et enfants. Avec réalisme et sensibilité, l?auteur pénètre ce monde de l?enfance. Il le restitue par touches subtiles et qui font sens, prend sur le vif et sans commentaire les gestes, mots, regards, attitudes les plus anodins. Ce récit dans lequel une vraie tension mène jusqu?au dénouement est très prenant agréable à lire, plein d?humanité, d?une écriture simple sans pathos ni fioritures. On sent qu?il est le fruit d?une longue réflexion sur la souffrance des enfants et ses manifestations. Cette forme, quasiment un docu-fiction, permet de toucher le lecteur et de lui faire appréhender la souffrance de l?enfant, et l?amène à une réflexion sur la pédopsychiatrie et sur les services sociaux.
L'un des traits communément cités comme distinctifs des Temps Modernes est la "sécularisation". Or ce concept, que la pensée allemande, de Hegel à Weber, a constitué en instrument majeur d'interprétation de l'histoire occidentale, est marqué par une profonde ambivalence: s'il peut recouvrir l'idée d'un déclin du religieux comme "secteur dominant" de la vie sociale, il peut aussi bien viser un mouvement de transformation ou de "transfert" de schèmes, de valeurs ou de concepts religieux ou théologiques au plan "mondain". Selon la perspective adoptée, la physionomie des Temps Modernes s'en trouve changée: la prétention à fournir à la pensée et à l'action des fondements neufs et rationnels n'est-elle pas compromise, s'il s'avère que le contenu essentiel des représentations modernes n'est rien d'autre qu'un ensemble d'héritages judéo-chrétiens sécularisés?En mettant au jour la fonction polémique cachée de cette catégorie de la sécularisation, Hans Blumenberg a provoqué dans la pensée contemporaine une vaste discussion. Ainsi, faut-il croire (avec Karl Löwith) que les philosophies de l'Histoire occidentales, et jusqu'à l'idée de Progrès, ne sont que des avatars de "l'Histoire sacrée" judéo-chrétienne? Doit-on admettre, suivant la "théologie politique" de Carl Schmitt, que les concepts-clés de la théorie moderne de l'État ne seraient que des concepts théologiques sécularisés? Comment faire la part des héritages dans les Temps Modernes, en refusant ainsi l'image mythique d'un "commencement absolu", sans pour autant nier les ruptures historiques et sans délégitimer le projet d'émancipation? Biographie de l'auteur Jean-Claude Monod est chargé de recherche en philosophie au CNRS (UMR 8547, Archives Husserl de Paris).
Le maréchal de Vauban a toujours la mauvaise joui d'une , immense popularité, avec sa théorie du "pré carré" conscience du roi qui a aidé à fixer les frontières de la France ou ses fortifications en étoile inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pourtant c'est un commissaire général au tempérament méconnu : loin d'être soumis au tout puissant Louis XIV, Vauban est un esprit libre et audacieux, généreux et tolérant. Ce maréchal proche du pouvoir, nécessaire au pouvoir, fidèle au pouvoir, interpella avec vigueur le plus puissant monarque que la France ait jamais connu. Contre l'indigne oppression religieuse et l'expulsion des protestants, au nom de la liberté d'opinion et de conscience qu'il revendiqua avec fermeté. Contre les iniquités et les injustices qui frappaient un peuple plongé dans la misère. Vauban défendit un projet de réforme de la fiscalité fondée sur une contribution générale éliminant tous les "traitants" et autres intermédiaires véreux. Portrait d'un personnage résolument moderne, en marche, tout botté et encuirassé, vers le siècle des Lumières et le temps d'une Révolution dont il craignait la fatale conclusion.
A la fin des années 1970, Michel Foucault a avancé le concept de "crise de gouvernementalité" pour approcher des phénomènes où la contestation de certains pouvoirs — religieux, politiques, disciplinaires... —, d'abord localisée, s'est élargie pour mettre en question un dispositif général de gouvernement, un ensemble de relations de pouvoir. Chaque fois s'y exprime quelque chose comme : "nous ne voulons plus être gouvernés ainsi". C'est l'une des ambitions de cet essai que de montrer la fécondité de ce concept pour éclairer des révoltes passées et présentes, pour compliquer et compléter les perspectives centrées sur la seule lutte des classes et celles qui se sont attachées à la construction de la démocratie, à la dynamique égalitaire et à l'institutionnalisation de ses formes. Il s'agit aussi de poser un diagnostic sur la crise actuelle de l'Etat néo-libéral, au sein duquel démocratie et libéralisme tendent à se dissocier et dont la vision de l'économie renvoie les dégâts sociaux et écologiques au rang d'externalités négatives. Il s'agit enfin et peut-être surtout de penser "un art de ne pas être trop gouverné" qui ne serve pas d'auxiliaire involontaire aux formes de dérégulation économique et de dévastation écologique, mais s'articule à un souci ici thématisé comme celui de "l'usufruit du monde".
Un jour, entendant le son des marteaux qui travaillaient l'or dans l'atelier d'un ami bijoutier, Rumi crut entendre une invocation du nom d'Allah et, pris d'une grande émotion, il se mit à danser au beau milieu du bazar. Cette danse devint plus tard la danse rituelle de ses disciples, connus en Europe sous le nom de derviches tourneurs écrit Ahmed Kudsi-Erguner dans l'introduction de ce recueil. Bien des épisodes de la vie de Rumi, poète, sage et mystique soufi du XIIIe siècle, ont l'air comme celui-ci tirés d'un conte. Le mot Mesnevi désigne un poème composé de distiques (groupes de deux vers renfermant un énoncé complet) ; celui de Rumi en comporte 24 000. Versets du Coran, hadiths (paroles du prophète), légendes bibliques, contes hindous ou bouddhistes, vie quotidienne sont autant de points de départ à son inspiration. Extraits de cette grande oeuvre, sont présentés ici les contes que Rumi utilisait pour illustrer son enseignement très vivant. Si cette oeuvre est considérée comme un commentaire du Coran, sa sagesse, accessible à tous, toujours actuelle, fait fi des étiquettes. --Colette-Rebecca Estin
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,