La démocratie se conçoit habituellement par opposition au conflit, vecteur de division et de dissension au sein du corps politique. Comme l'indique Christian Lazzeri dans sa préface, " le présent livre, bien que ses auteurs ne contestent pas la nécessité des pratiques de démocratie délibérative, considérerait plutôt que leurs présupposés résident d'une part, dans une représentation négative des conflits et de l'autre, en la croyance dans la possibilité de les réduire ". Partant de la distinction entre conflit et violence, cet ouvrage collectif a ainsi pour ambition de redonner tout son sens agonistique à la démocratie : un espace public où la possibilité même du conflit doit être maintenue. Qu'ils prennent la forme des mobilisations en faveur des travailleurs pauvres, des immigrés clandestins, des minorités dites " culturelles " ou " ethniques ", les conflits au sein d'une démocratie ne disent pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, " ce que veut le peuple ", mais ce que le peuple ne veut pas, à savoir sa disparition, son invisibilisation en tant que peuple. Les conflits témoignent alors des capacités de résistance à des formes d'oppression, qu'elles soient de classe, de race ou de genre, visant à changer le récit de la communauté politique afin de rendre au terme de démocratie son sens authentiquement originel : un égal accès à la sphère publique pour tous.
Résumé : Etudier la non-violence et la désobéissance civile à partir d'une approche genrée et postcoloniale des résistances permet de mettre en évidence ce qui, dans les antagonismes politiques, relève des inégalités en termes de sexe, de classe et de race. En ce sens, l'engagement tel qu'il se trouve ici redéfini ne relève pas d'une posture purement morale, consistant à s'engager pour "la cause de l'Autre", mais d'une résistance de ces corps qui sont toujours, inévitablement, déjà engagés, car sans cesse interpellés pour rendre raison de leur être dans les termes mêmes du pouvoir qui meurtrit leur chair.
Résumé : La race fut longtemps appréhendée politiquement dans un sens biologique, approche qui constitua l?une des formes les plus puissantes de l?idéologie raciste. A la suite de la disqualification scientifique et politique de ces catégorisations biologiques, le racisme fut relégué précipitamment au rang de simple préjugé. Or, qu?en est-il de la production continuée de la race dans les sociétés postcoloniales, à une ère prétendument "post-raciale" ? En mêlant une approche féministe, attentive à une compréhension des rapports sociaux de sexe, et une approche postcoloniale, le présent volume s?interroge sur les conditions épistémiques de la difficulté de défaire la race, ainsi que sur les outils permettant de la déconstruire. Le dernier chapitre porte ainsi précisément sur la supposée obsolescence du racisme scientifique qui serait supplantée par un racisme culturel.
Résumé : Dans cette introduction claire et engagée, Hourya Bentouhami propose une relecture vivifiante de l'oeuvre de Judith Butler. Jusqu'à présent, les lecteurs français ont eu tendance à séparer ses écrits théoriques fondateurs sur le genre, les identités et le langage de ses interventions jugées plus directement politiques sur le 11 septembre, Israël-Palestine, Guantanamo, le Printemps arabe ou Occupy Wall Street... Butler se serait détournée de la réflexion sur le queer pour s'attacher à des objets plus classiques, mettant en jeu les formes de constitution du peuple. Mais, surtout, on tend à ignorer le dialogue qu'elle entretient avec les principales figures des théories postcoloniales et critiques de la race. Or, selon Hourya Bentouhami, ces séparations ne tiennent pas. Les élaborations théoriques de Butler attestent du nouage complexe entre sexe, genre, race et nation. Les discours de la différence sexuelle et de la différence raciale sont articulées et ont une généalogie étroitement entrelacée : impossible dès lors de déconstruire l'un sans déconstruire l'autre. Emerge ainsi le portrait d'une Judith Butler théoricienne critique de la violence et des identités, mais aussi, indissociablement, des mobilisations et des alliances minoritaires contre les assignations identitaires et les politiques de dépossession et de vulnérabilisation.
Résumé : Cet ouvrage présente pour la première fois en langue française quelques-uns des textes fondateurs de la Critical Race theory ainsi qu'une sélection des développements les plus remarquables écrits par des professeur(e)s de droit américain sur la production juridique de la race. La démarche méthodologique de ce puissant et novateur mouvement théorique ancré dans une pensée radicale de gauche emprunte à un large spectre des sciences humaines et sociales, puisque sont analysés la production du racisme et ses effets aussi bien sur un plan matériel, institutionnel (justice, citoyenneté, travail, éducation, santé, etc.) que sur un plan psychologique (préjugés, inconscient racial, érotisation de la domination raciale etc.). Mais loin de ne rassembler qu'un ensemble de textes traduits portant sur la vie politique et juridique américaine, ce volume se donne pour ambition de voir comment cette analyse en termes de "race" peut trouver une pertinence dans le contexte européen, et plus spécifiquement français. A ce titre, de longs chapeaux d'introduction écrits par des juristes, philosophes et historiens français(es) expliquent l'importance de chaque texte pour une compréhension renouvelée de la réalité française et européenne des rapports sociaux de sexe, de genre et de race, considérés notamment à travers la cristallisation des débats sur le voile, l'enseignement de l'histoire de l'esclavage et de la colonisation, l'intersectionnalité, la "discrimination positive" , le délit de "haine ou de diffamation raciale" . Cet ouvrage offre donc une double traduction linguistique et conceptuelle d'une approche critique du droit jusqu'à présent peu connue en France. Sous la direction de Hourya Bentouhami, maîtresse de conférences en philosophie à l'Université de Toulouse 2 et Mathias Möschel, professeur en droit constitutionnel comparé et droit des libertés fondamentales à la Central European University de Budapest Avec le concours de Tammouz Al Douri, Sylvia-Lise Bada, Magali Bessone, Christelle Gomis, Stephanie Hennette-Vauchez, Emilia Roig, Janine Silga, Michael Stambolis-Ruhstorfer
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.