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Judith Butler. Race, genre et mélancolie
Bentouhami Hourya
AMSTERDAM
12,00 €
Épuisé
EAN :9782354802486
Dans cette introduction claire et engagée, Hourya Bentouhami propose une relecture vivifiante de l'oeuvre de Judith Butler. Jusqu'à présent, les lecteurs français ont eu tendance à séparer ses écrits théoriques fondateurs sur le genre, les identités et le langage de ses interventions jugées plus directement politiques sur le 11 septembre, Israël-Palestine, Guantanamo, le Printemps arabe ou Occupy Wall Street... Butler se serait détournée de la réflexion sur le queer pour s'attacher à des objets plus classiques, mettant en jeu les formes de constitution du peuple. Mais, surtout, on tend à ignorer le dialogue qu'elle entretient avec les principales figures des théories postcoloniales et critiques de la race. Or, selon Hourya Bentouhami, ces séparations ne tiennent pas. Les élaborations théoriques de Butler attestent du nouage complexe entre sexe, genre, race et nation. Les discours de la différence sexuelle et de la différence raciale sont articulées et ont une généalogie étroitement entrelacée : impossible dès lors de déconstruire l'un sans déconstruire l'autre. Emerge ainsi le portrait d'une Judith Butler théoricienne critique de la violence et des identités, mais aussi, indissociablement, des mobilisations et des alliances minoritaires contre les assignations identitaires et les politiques de dépossession et de vulnérabilisation.
Bentouhami Hourya ; Grangé Ninon ; Kupiec Anne ; S
La réflexion sur le droit apparaît aujourd'hui comme l'un des centres d'intérêts les plus productifs de la philosophie et de la sociologie politique, démontrant par là que la relation entre droit, morale et politique ne cesse d'être questionnée, entraînant un continuel déplacement de frontières entre ces trois sphères. Le droit est-il politique? Ou encore : quel rapport le droit entretient-il avec la morale? Loin d'être formelles, ces questions rappellent combien le souci pour le droit doit être avant tout un souci pour la politique comme préservation des conditions de réalisation de la liberté. D'où l'identification du politique à la critique. Mais comment le droit qui est l'axe qui structures nos sociétés peut-il être politique? Autrement dit, comment peut-il être à la fois l'objet et l'instrument d'une critique qui conduise à transformer notre rapport au monde? Peut-il être dialectiquement l'objet d'un souci qui soit à la fois une inquiétude ou un soupçon jeté à son égard, et une attention ou un soin particulier?
La démocratie se conçoit habituellement par opposition au conflit, vecteur de division et de dissension au sein du corps politique. Comme l'indique Christian Lazzeri dans sa préface, " le présent livre, bien que ses auteurs ne contestent pas la nécessité des pratiques de démocratie délibérative, considérerait plutôt que leurs présupposés résident d'une part, dans une représentation négative des conflits et de l'autre, en la croyance dans la possibilité de les réduire ". Partant de la distinction entre conflit et violence, cet ouvrage collectif a ainsi pour ambition de redonner tout son sens agonistique à la démocratie : un espace public où la possibilité même du conflit doit être maintenue. Qu'ils prennent la forme des mobilisations en faveur des travailleurs pauvres, des immigrés clandestins, des minorités dites " culturelles " ou " ethniques ", les conflits au sein d'une démocratie ne disent pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, " ce que veut le peuple ", mais ce que le peuple ne veut pas, à savoir sa disparition, son invisibilisation en tant que peuple. Les conflits témoignent alors des capacités de résistance à des formes d'oppression, qu'elles soient de classe, de race ou de genre, visant à changer le récit de la communauté politique afin de rendre au terme de démocratie son sens authentiquement originel : un égal accès à la sphère publique pour tous.
Résumé : Etudier la non-violence et la désobéissance civile à partir d'une approche genrée et postcoloniale des résistances permet de mettre en évidence ce qui, dans les antagonismes politiques, relève des inégalités en termes de sexe, de classe et de race. En ce sens, l'engagement tel qu'il se trouve ici redéfini ne relève pas d'une posture purement morale, consistant à s'engager pour "la cause de l'Autre", mais d'une résistance de ces corps qui sont toujours, inévitablement, déjà engagés, car sans cesse interpellés pour rendre raison de leur être dans les termes mêmes du pouvoir qui meurtrit leur chair.
Résumé : La race fut longtemps appréhendée politiquement dans un sens biologique, approche qui constitua l?une des formes les plus puissantes de l?idéologie raciste. A la suite de la disqualification scientifique et politique de ces catégorisations biologiques, le racisme fut relégué précipitamment au rang de simple préjugé. Or, qu?en est-il de la production continuée de la race dans les sociétés postcoloniales, à une ère prétendument "post-raciale" ? En mêlant une approche féministe, attentive à une compréhension des rapports sociaux de sexe, et une approche postcoloniale, le présent volume s?interroge sur les conditions épistémiques de la difficulté de défaire la race, ainsi que sur les outils permettant de la déconstruire. Le dernier chapitre porte ainsi précisément sur la supposée obsolescence du racisme scientifique qui serait supplantée par un racisme culturel.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.