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Bergson dans le miroir des sciences
Miquel Paul-Antoine
KIME
18,00 €
Épuisé
EAN :9782841746521
Cet ouvrage est une reprise du livre publié chez Kimé en 2007 : Bergson ou l'imagination métaphysique. J'y introduis pourtant des changements assez importants. Il s'agit essentiellement de mettre en valeur le fait que Bergson n'est pas un simple philosophe de l'immanence. C'est un philosophe de l'immanence redoublée. Ce point apparaît clairement, explicitement à travers l'analogie entre la durée de la conscience et la durée de l'univers qu'il développe dans son ouvrage de 1907. Mais il trouve son origine dans le premier chapitre de Matière et mémoire. C'est pour comprendre ce redoublement que se construit chez Bergson une nouvelle vision des relations entre la philosophie et la science. La connaissance n'est plus relative. Elle participe à l'absolu. Elle engage ontologiquement. Le donné n'est plus directement constitué, il faut pour que l'intuition philosophique le saisisse, qu'elle "chevauche l'intelligence". Enfin ce que ce redoublement engage, c'est une philosophie du devenir fondée sur la théorie des deux ordres. On ne commente souvent que l'aspect négatif de cette théorie : la critique de l'idée de néant. Là n'est pas pour nous le point le plus central. Cette théorie nous engage à ne plus penser l'absolu comme complet, intelligible, ou encore parfait. L'absolu, qu'il soit l'esprit, la vie ou la matière, est toujours défini par l'inachèvement, puisque ce qu'il n'est pas n'est jamais du rien. C'est un autre visage de lui-même.
Bergson Henri ; Forest Denis ; Miquel Paul-Antoine
Publié en 1896, Matière et mémoire est le livre qui imposaBergson comme un philosophe de premier plan. Il y abordeune question philosophique essentielle, celle des relations ducorps et de l'esprit. Par le choix de sa méthode, il fait dialoguerd'une manière singulière la métaphysique a et la psychologie,l'analyse des concepts et les apports de la science, alors enplein renouvellement. Pour lui, pas de connaissance de l'espritsans connaissance de la mémoire et de ses défaillances, quepsychologues et neurologues ont commencé à appréhender;pas de connaissance du corps sans une interrogation sur lamatière, qui doit rencontrer celle des physiciens. Si Bergson,en soutenant que la vie mentale ne se réduit pas à la viecérébrale, s'inscrit dans le débat intellectuel de son temps, laportée générale de l'ouvrage invite à réexaminer des questionsqui, plus d'un siècle plus tard, sont toujours les nôtres.
Résumé : Faire de la biologie et penser la biologie constituent deux activités indispensables l'une à l'autre. L'exemple de la " métaphore du programme génétique " nous montre, qu'entre l'explication atomique des physiciens et l'explication vitaliste, il peut y avoir un niveau moléculaire spécifique d'analyse des propriétés du vivant. Cet ouvrage a pour double ambition de montrer comment cette métaphore s'est constituée et quels en sont les éléments discutables. Il se propose d'analyser le processus à travers lequel elle est passée historiquement de l'état de concept dynamique et opératoire à celui d'une image figée de plus en plus décalée de la réalité de la connaissance biologique.
Résumé : Ce livre voudrait soutenir une thèse sur le vital : ce n'est tout simplement pas au philosophe d'en parler le premier. Il n'a rien à dire sur cette question avant ce que fait le savant. Et nous voulons même l'affirmer en un sens plus radical : il y a bien des aspects physiques du vital. Ainsi commence à se dessiner une perspective : pour traiter la question du vital, il faut accepter d'abord que le point de vue de la conscience ne soit pas originaire. Ne nous fions pas aux apparences : tout ne commence pas avec le verbe de la conscience. Tout commence donc avec un geste, un geste systémique. Le point de vue systémique est celui de la science et son geste nous précipite hors du monde de la conscience. Il n'est donc pas possible de comprendre le vital, sans interpréter, sans écouter ce mouvement de bascule qui va et qui vient entre le monde de la conscience et le monde de la science interminablement. C'est ainsi que commence à naître une nouvelle métaphysique de la nature, une philosophie, non plus de l'être de l'étant, mais de cet être dans cet étant.
Ce livre traite de deux problèmes : comment pouvons-nous faire quotidiennement l'expérience du monde extérieur alors que tout en elle semble nous ramener à nos sensations ? Et qui fait le mieux cette expérience ? Ce n'est pas l'homme de tous les jours, c'est le scientifique. Le processus d'objectivation à l'oeuvre dans l'expérience systémique du scientifique est aussi ce qui nous dégage du solipsisme. Il nous engage dans un autre monde, dont nous faisons partie et qui n'est pas le nôtre. Cet engagement prend la forme d'une expérience d'immanence redoublée, à partir de laquelle nous proposons de reconstruire le concept de Nature. Le second problème est le passage d'un système physique auto-organisé du type " transition de phase " à un système biologique. L'hypothèse de l'auteur est que ce dernier n'est pas seulement soumis à certaines contraintes qui rendent sa structure causale ouverte et agentive. Il forme un monde de contraintes qui se dédouble de sa structure causale et dont la structure normative est elle-même ouverte et agentive. C'est ainsi que le problème du redoublement d'immanence, d'abord aperçu du point de vue des expériences que peut faire la conscience, apparaît désormais à l'intérieur des systèmes que la pensée théorique du savant analyse.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.