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Rester noble dans le monde des affaires. De l'utilité des anciennes élites
Mension-Rigau Eric
PASSES COMPOSES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782379338861
Comment l'héritage éthique que la noblesse revendique comme distinctif - car il repose sur des principes qui lui donnèrent sa légitimité - et qu'une stabilité pluri-générationnelle dans la même condition sociale l'a aidée à entretenir, peut-il encore influencer, sinon conditionner, les décisions et les choix ? Comment cette éthique peut-elle être transférée et convertie dans un monde différent de celui dans lequel elle est née tout en gardant une valeur opératoire ? Pour le comprendre, l'ouvrage rassemble des portraits de figures du monde de l'entreprise qui sont interrogées sur la manière dont elles concilient l'ambition d'excellence dans la création et l'innovation avec la fidélité aux valeurs identitaires ancestrales de leur groupe. L'analyse des trajectoires biographiques s'adosse sur une réflexion soulignant comment le nom devenu une marque par le cumul intergénérationnel des excellences, le respect de la transmission et la perception dynastique du temps, le devoir d'exemplarité qu'impose la remémoration de la bravoure chevaleresque ou de l'intégrité édifiante d'un aïeul, le goût du combat et de la performance continuent à servir de boussole et à déterminer actes et comportements.
Résumé : La revendication aristocratique de distinction a-t-elle encore un sens aujourd'hui ? Fondée sur le principe d'une hérédité, prolongeant le souvenir d'un privilège et attachée à la permanence des usages, elle paraît en complet désaccord avec la culture dominante qui exalte la justice sociale et l'aspiration égalitaire. Depuis près de vingt-cinq ans, Eric Mension-Rigau, en historien, rassemble des sources, côtoie, observe, interroge les descendants des grandes familles aristocratiques afin de comprendre comment cette "caste", aujourd'hui sans statut officiel, tente de s'adapter aux évolutions sociales et politiques du monde qui l'entoure. Entre résistance et concession, les nobles français sont en charge d'un héritage qui dépasse leurs simples familles, dépositaires d'une histoire et d'une mémoire collective qu'ils se doivent d'entretenir. Entre l'essai sociologique et la recherche historique, Singulière noblesse invite à saisir une catégorie sociale dans sa spécificité, mais aussi dans le rapport que la société tout entière entretient à son égard, révélant, en creux, notre rapport au passé.
Descendant d'une des plus anciennes familles de France, arrière-petit-neveu de Talleyrand, il sait à la fois recueillir les suffrages des électeurs des Basses-Alpes, régaler de ses traits d'esprit le populaire ou l'aristocrate et séduire l'héritière du roi des chemins de fer américain. Son mariage fastueux en 1895 avec la richissime Anna Gould fait de lui un symbole: la France donne son blason et l'Amérique sa fortune. L'or du Nouveau Monde lui permet de réaliser ses rêves: il fait construire le Palais rose sur le modèle du Grand Trianon et donne des fêtes grandioses qui réunissent artistes, politiques et gotha. Il rassemble une fabuleuse collection d'objets d'art. Son divorce en 1906 le laisse sans fortune. Assailli par les créanciers, il devient journaliste, puis antiquaire, s'adaptant à cette vie nouvelle avec son élégance légendaire. Phénomène médiatique étonnant, il fascine ses contemporains autant par son sens esthétique et sa propension à la dépense que par son détachement lorsque survient le temps des épreuves. Pour cette première biographie, l'auteur a eu accès à d'importants fonds d'archives privées, restées jusqu'alors inédites. Biographie: Eric Mension-Rigau, maître de conférences à l'université de Paris-Sorbonne (Paris 110, a publié notamment, chez Perrin, Aristocrates et Grands Bourgeois. Education, traditions, valeurs (1997, Tempus 2007), Le Donjon et le Clocher. Nobles et curés de campagne de 1850 à nos jours (2003). Il est aussi l'auteur de Châteaux de famille. Une élégance française (Le Chêne, 2007).
Dressant le tableau de la France aristocratique d'aujourd'hui, Eric Mension-Rigau éclaire sa vie privée et ses mentalités. Il souligne le rôle de la mémoire familiale à travers l'attachement aux noms, aux titres, aux lieux et aux objets qui ancrent la destinée de la famille dans une continuité historique et dans une terre, berceau originel de la lignée. Il décrit le tissu serré des signes, des pratiques et des représentations par lesquels la noblesse et la grande bourgeoisie qui lui est agrégée préservent un modèle de société, maintiennent une volonté d'exemplarité, et se soucient de transmettre les valeurs traditionnelles. Biographie: Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé de l'Université, Eric Mension-Rigau est maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV) et membre de l'Institut universitaire de France. Il a déjà publié chez Perrin La Vie des châteaux et Le Donjon et le Clocher.
Une analyse fine et précise éclaire une part d'ombre de la vie privée et des mensualités des groupes aristocratique et grand bourgeois. Elle souligne le rôle de la mémoire familiale à travers l'attachement aux noms, aux titres, aux lieux et aux objets qui ancrent la destinée familiale dans une continuité historique et dans une terre, berceau originel de la lignée. L'auteur étudie les signes et les pratiques, perceptibles dans le langage, l'éducation, le savoir-vivre, les alliances, les attitudes, les goûts, par lesquels nobles et grands bourgeois se distinguent des autres groupes de la société. Il montre comment les nécessaires adaptations à la société contemporaine, sensibles dans les rapports avec l'argent, les autres milieux sociaux, le travail, les diplômes ou la République, composent, avec la persistance d'un modèle de cour, une constance volonté d'exemplarité et le souci de transmettre les valeurs familiales.
Si l'histoire se lit dans les livres, elle peut également se comprendre par les images. Au début du Moyen Age, en France, l'Eglise chrétienne utilisa la représentation iconographique pour enseigner à ses fidèles les évangiles et la vie des saints. Le pouvoir royal l'imita. Des artistes y trouvèrent une occasion de se distinguer. Sur la toile, des scènes intimes, où des personnages prennent vie. Au début du XIXe siècle, le genre faisait toujours fureur. Il est aujourd'hui appelé peinture d'histoire et contribue à la glorification d'un passé que l'on veut commun aux Français. Alors, sans naïveté, laissons-nous aller à la rêverie, amusons-nous à décrypter, par quelques figures emblématiques ? Vercingétorix, Clovis, Geneviève, Charlemagne, Saint Louis, Jeanne d'Arc, François Ier et Henri IV ?, un sentiment national qui s'affirme à partir d'une iconographie riche, audacieuse et toujours vivante, puisque exposée dans les lieux les plus fréquentés de France.
L'histoire des cinq premiers siècles de l'Islam, de la mort du Prophète (632) à l'émergence des sultanats turcs (XIe siècle), en passant par les conquêtes arabes, la mise en place du califat, l'éclosion et la chute des dynasties abbasside, omeyyade ou almohade, tel est le propos de Gabriel Martinez-Gros. Mais pour sortir d'une histoire de l'Islam vue d'Occident, et sans tomber dans l'illusion d'une histoire mondiale qui aboutit inévitablement à la réaffirmation du triomphe de l'exception occidentale, l'auteur convoque les quelques rares voix qui nous parviennent encore du fond de l'histoire islamique. Ces voix, ce sont celles des historiens arabes médiévaux, dont Ibn Khaldun et Ibn al-Athir. Ainsi se dessine une toute autre perception tant de l'Islam que de l'Empire, où les dynasties se consolident dans la première génération de leur existence, atteignent leur floraison dans la deuxième, vieillissent et agonisent dans la dernière. C'est donc à une triple réflexion que nous invite l'auteur : d'abord sur l'histoire de l'Islam, ensuite sur la dynamique impériale, enfin sur l'écriture de l'histoire. Un chef-d'oeuvre.
Fondé sur l'ensemble des documents disponibles et sur tous les textes écrits par Machiavel, notamment sa correspondance, ce livre fait le récit d'une vie prise dans une guerre quasiment permanente bouleversant Florence et l'Italie. Sans ces "Guerres d'Italie" rien ne se comprend de ce que Machiavel a fait, dit et rédigé. "Du plus loin que je me souvienne, soit on a fait la guerre soit on en a parlé ; maintenant on en parle, d'ici peu on la fera et, quand elle sera finie, on en parlera de nouveau" écrit-il en 1526. Dans une telle situation, les enjeux et les nécessités de l'écriture et de l'existence s'entrecroisent et se nourrissent les uns les autres, dans une expérience que ne sauraient épuiser les lieux communs et les débats entre spécialistes. L'attention portée aux textes et à la vie des mots permet ainsi de faire entendre la voix de Machiavel, dégagée des exégèses comme des simplifications abusives. Jean-Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, par ailleurs traducteurs de Machiavel, proposent ici l'histoire d'une exceptionnelle oeuvre-vie.
Il est courant d'affirmer qu'au XVIIIe siècle, les femmes étaient libres, pour ne pas dire libérées. Puis d'ajouter dans la foulée que la Révolution française les a privées de leurs droits. Pour illustrer ce propos, les protagonistes de cette représentation utilisent à l'envi l'argument des femmes tenant Salon. Au-delà de la question de la représentativité de ces salonnières, il y a là le souhait de discréditer les années révolutionnaires. Toutefois, il ne suffit pas de se cantonner dans l'impressionnisme d'une telle hypothèse. Christine Le Bozec procède donc à un état des lieux de la condition féminine à l'époque des Lumières, avant d'envisager leur implication et leur rôle au cours de la Révolution française, puis de conclure sur l'Empire et la Restauration. Ses conclusions sont novatrices : le seul moment où le groupe femme (et non de rares individus) a réellement pris la parole, s'est fait écouter en investissant l'espace public, furent les années 1789-1795 ; années de conquête de droits chèrement et âprement acquis, puis difficilement conservés, avant que Bonaparte ne commence à les rogner et que la Restauration ne les supprime.