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Espaces lisses et lignes de fuite. Ethique, esthétique et politique deleuziennes
Mengue Philippe
KIME
16,00 €
Épuisé
EAN :9782841747221
Ce livre ne présente pas la philosophie de Gilles Deleuze, ni encore moins il ne la résume. Il s'en sert en l'appliquant à des problèmes spécifiques politiques et esthétiques, pour en montrer concrètement, sur des exemples précis, des cas, la pertinence et la fécondité. Ainsi à travers le masochisme de la Vénus à la fourrure, la peinture du Lorrain, l'espace public démocratique du contrat social, et l'étrange athéisme de Sade, on peut voir la force de révélation que détiennent les concepts deleuziens d'espace lisse et de lignes de fuite. Mais en même temps qu'on verra jouer concrètement ces concepts, leur parenté très grande avec ceux de Lacan apparaîtra clairement. Le travail d'analyse, la clinique, quand il est concret et précis, dissout les gros concepts et, au-delà des oppositions d'opinion massives, ouvre et trace des lignes de sens et des perspectives de lecture radicalement nouvelles, où les vieux antagonismes deviennent désuets. D'où la richesse atypique de la philosophie deleuzienne.
Pour qui veut comprendre la cassure qui traverse et travaille en profondeur le champ de la pensée contemporaine, il convient de revenir et de s'interroger sur la philosophie politique de Gilles Deleuze, l'une des plus importantes de la modernité récente. Son œuvre mérite mieux qu'une fidélité respectueuse : elle exige qu'on la questionne et problématise, surtout dans son rapport difficile et paradoxal à la démocratie. Comment une pensée du multiple, nomade et expérimentatrice, pensée du et, du entre, récusant toute la problématique classique du fondement, peut-elle être si hostile au pluralisme inhérent des démocraties occidentales ? Penser et comprendre dans ses difficultés et avancées ce paradoxe constitue une ouverture pour mieux saisir les affects fondamentaux nouveaux qui soutiennent l'époque qui prend visage sous nos yeux, ainsi que les remaniements conceptuels qui donnent au postmoderne ses traits décisifs.
Etre idiot en politique n'est pas forcément un handicap mais plutôt une ressource nécessaire pour retrouver une fraîcheur dans le questionnement. A travers des dialogues philosophiques, des rencontres, des discussions et des expériences dans des milieux socio-culturels variés, le personnage principal de ce récit, retrouve grâce à son idiotie enjouée de nouvelles orientations capables d'atténuer la misère sociale et spirituelle qui est présentement la nôtre, malgré l'abondance des biens et les progrès en tout domaine des technologies nouvelles. "L'Idiot" est un récit littéraire qui retrace le cheminement d'une réflexion politique qui dégage les soubassements affectifs du politique. Sans être retenu par les convenances intellectuelles et politiques, l'idiot fait ironiquement apparaître la folie interne du politique et le démembrement de la démocratie. Il s'achemine vers la découverte de la dualité du monde qui est le nôtre en tant qu'un autre rapport à la Terre.
Une certaine conception du temps et de l'histoire (l'historicisme) aura constitué l'axe organisateur du plan de pensée qui fut commun aux philosophies modernes et d'avant-garde. Les maîtres de l'historicisme (principalement Hegel et Heidegger) ont piégé la philosophie en annulant sa destination anhistorique (il n'y a pas d'histoire de la philosophie) et lui ont permis de colmater le " trou " de la métaphysique (Lacan) par une politique du progrès et de la révolution (permanente ou non). L'auteur explore les conséquences théoriques qu'entraîne ce changement de perspective : d'abord une théorie de la pensée comme faillée (dont le modèle fut fourni par Pascal), déchirée en ordres de rationalité pluriels, hétérogènes et irréductibles. Ensuite, une réévaluation de la démocratie en tant que régime se sachant reposer sur la béance du savoir de ce que doit être la société. Enfin, l'avènement d'une éthique du désir et des singularités, distincte de la morale. Interrogeant le plan de pensée doxique propre au politique et son rapport au plan d'immanence de la pensée philosophique, Philippe Mengue tente de tracer, à partir des deux ?uvres majeures que sont à ses yeux celles de Deleuze et de Lacan, une ligne de réflexion qui se voudrait intempestive et positive par rapport à notre actualité.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.