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Ménandre. Tome 3, Edition bilingue français-grec ancien
MENANDRE
BELLES LETTRES
77,00 €
Épuisé
EAN :9782251006109
Après deux tomes consacrés essentiellement aux deux grands témoins de Ménandre que sont le papyrus Bodmer et le papyrus du Caire - l'un et l'autre relevant sans doute du Choix byzantin - ce tome III marque une large ouverture. Certaines des comédies de Ménandre, éditées ici dans l'ordre alphabétique des titres grecs et précédant les Sicyoniens déjà édité comme tome IV, ont certes pu faire partie du Choix byzantin : le Haï, le Thrasyléon (complétant la triade commencée par la Tondue et associant, comme cette pièce, comique et pathétique masculin - un homme momentanément abandonné par la femme qu'il aime) et le Laboureur. (appartenant à une triade dont la couleur sociale est plus marquée). Mais, semble-t-il, à aucune des autres comédies il n'a été donné de franchir le cap fatidique du IVe siècle de notre ère. Elles ne sont cependant pas sans intérêt. Certaines d'entre elles ont retenu l'attention des poètes comiques latins dont l'oeuvre nous a été transmise : la Périnthienne (comme le montre l'Andria de Térence), l'Eunuque (adapté par le même Térence), et surtout la Double Tromperie, pour nous premier exemple concret et important, en raison de l'étendue du papyrus, d'un original grec adapté par Plaute (dans ses Bacchides). Quant aux autres comédies, leurs minces fragments ont toujours le mérite de nous faire mieux percevoir la diversité de l'art de Ménandre, en particulier dans la mise en scène, même si ce ne sont parfois que des "textes d'attente" dont on peut seulement espérer qu'ils seront un jour éclairés par de nouveaux papyrus. Une grande attention a été portée, d'autre part, aux documents archéologiques, en l'occurrence les très nombreux panneaux de mosaïque, éventuellement de peinture, qui illustrent les scènes en rapport avec le titre des pièces. Que ce soit par l'apparition constante de nouveaux papyrus ou de nouveaux documents archéologiques, les études sur Ménandre sont en constante progression et cette édition a cherché à en faire le point exact.
L'oeuvre de Ménandre, bien que célébrée dans l'Antiquité, ne nous a pas été transmise par la tradition médiévale. La comédie intitulée Les Sicyoniens en particulier a été redécouverte à l'époque moderne à partir de maigres fragments conservés dans l'Anthologie de Stobée et dans les notes de scholiastes. D'autres fragments ont été retrouvés par Pierre Jouguet lors de fouilles effectuées dans un cimetière antique en Egypte. Enfin, en 1962, un plastron provenant du même cimetière et démonté par Nicole Parichon et Alain Blanchard révéla cinq autres fragments de la pièce. Ce sont ces différents extraits qui sont présentés dans l'édition établie par Alain Blanchard et présentée dans la Collection des Universités de France. L'oeuvre, écrite à la fin du IVe siècle avant J. -C appartient au courant que l'on nomme habituellement "comédie nouvelle" . Ménandre y a dépeint l'amour entre un mercenaire nommé Stratophanès et la jeune Philouménè, enlevée dans son enfance par des pirates. Les deux personnages découvrent au cours de la pièce leur origine athénienne, tandis que le parasite Théron parvient à séduire la courtisane Malthakè. Bien que le contexte politique dans lequel la pièce a été écrite soit incertain, on y retrouve néanmoins une critique vive de l'oligarchie représentée à travers le personnage de Smicrinès, père de Stratophanès dont le portrait peut être rapproché de celui fait des oligarques par Platon dans la République ou par Théophraste dans ses Caractères. L'édition des Belles Lettres propose au lecteur les fragments des Sicyoniens de Ménandre réunis et traduits par Alain Blanchard. Le texte est précédé d'une riche introduction précisant l'histoire de la redécouverte de ces fragments. Dans cette introduction, Alain Blanchard a tenté de redonner une cohérence à ces fragments en reconstituant la trame d'une action qui comprend de nombreuses lacunes. Le lecteur trouvera aussi dans cette notice une discussion sur la signification politique de la pièce et sur le problème posé par sa datation.
Résumé : Ce tome II de l'édition de Ménandre dans la "Collection des Universités de France" comprend les pièces dont une partie plus ou moins importante a été conservée grâce au papyrus du Caire, exception faite de la Samienne déjà publiée dans le premier tome par le regretté Jean-Marie Jacques comme l'une des trois pièces transmises avant tout par le Papyrus Bodmer. Tel, en effet, avait été le plan voulu jadis, après l'apparition du Dyscolos en 1958, par Alphonse Dain, et que Jean-Marie Jacques, après la mort de ce dernier en 1964, a entrepris de mettre en oeuvre. Mais s'il a pu ainsi publier, en trois volumes séparés formant le tome I, les trois pièces du Papyrus Bodmer, le travail occasionné par la publication de ses très riches et savantes éditions, en 2002 des Thériaques, en 2007 des Alexipharmaques de Nicandre, puis sa mort survenue le 2 novembre 2008, l'ont empêché de satisfaire son grand désir d'éditer les pièces restantes du Papyrus du Caire, ne serait-ce que l'Arbitrage. Jean Martin, savant éditeur de l'Atrabilaire aux PUF, aurait pu, lui aussi, publier ce tome II, mais là encore d'autres projets (Aratos, Libanios) l'en ont détourné, et sa mort, survenue le 9 janvier 2007, a tout arrêté. C'est un Français, Gustave Lefebvre qui, en juillet 1905, a découvert à Kôm Ishkaou ces fragments papyrologiques de Ménandre qu'il a édités avec une traduction en 1907 et repris en 1911 : une découverte et une édition qui ont marqué la véritable "résurrection" de Ménandre, selon le terme employé par Philippe-Ernest Legrand en 1908 dans la Revue de Paris. Dès 1908 également, Maurice Croiset a tenu à présenter une édition avec traduction et notes du joyau déjà reconnu qu'était l'Arbitrage. Pour la Tondue (sous le titre plus élégant mais trompeur de la Femme aux cheveux coupés), il faudra attendre 1927 pour que le Belge Marcel Hombert en donne une traduction française à peu près complète et soigneusement revue par Octave Guéraud, grand déchiffreur du papyrus du Caire et premier pressenti pour éditer le Ménandre de la "Collection des Universités de France". Plus tard enfin, en 1954, le Suisse Gorges Méautis contribuera à faire connaître en France les pièces du Papyrus du Caire en les traduisant dans son Crépuscule d'Athènes et Ménandre. Citons enfin les Extraits d'Aristophane et Ménandre, dus à Louis Bodin et Paul Mazon et qui, depuis 1908, ont donné sans cesse aux jeunes générations une première approche de ces trésors de la Comédie nouvelle. Sans cesse et jusqu'à une époque très récente, bien des papyrus, originaires en particulier d'Oxyrhynchos, sont venus compléter les fragments du Caire, essentiellement ceux de l'Arbitrage, posant parfois plus de problèmes qu'ils ne permettaient d'en résoudre. Ils ont fait et continuent de faire l'objet d'un immense travail international, comme déjà en leur temps les textes édités par Lefebvre. Ce sont les résultats de ce travail qui sont ici présentés. Cette édition est précédée d'une biographie de Ménandre qui manquait au tome I et que Jean-Marie Jacques aurait sans doute écrite si l'occasion lui en avait été donnée. Alain Blanchard est professeur émérite à l'université Paris-Sorbonne.
Ménandre a donné au monde tous les personnages classiques de la comédie : le jeune amoureux, la fille de joie blanche, le père autoritaire, voire tyrannique (ou le père trop bon enfant), la mère acariâtre, la courtisane au grand coeur, le jeune voluptueux, l'amoureux transi, l'entremetteuse, l'esclave futé, etc. Caractères qui se retrouveront chez les auteurs comiques du XVIIe siècle français et en premier lieu chez Molière. On le jouait au théâtre et on le lisait même dans les fêtes privées au point que l'adage naquit qu'il "était plus facile pour les convives de se passer de vin que de Ménandre" . Jusqu'à une époque récente l'oeuvre de Ménandre était surtout connu par les imitations qu'en avaient données Plaute et Térence. Mais une série de découvertes tout au long du XXe siècle nous a restitués de grands fragments de ses pièces : en 1905, la moitié de l'Arbitrage et plus d'un tiers de la Tondue. En 1959, un papyrus a restitué l'intégralité du Misanthrope et de très larges extraits de la Samienne. Dans les années 1960 et 1970, de nouveaux fragments ont été découverts du Paysan, des Syconiens et de la Double Tromperie ; les années 1990 ont rendu presque les deux tiers du Bouclier. C'est aussi sur la base de ces découvertes que Philippe Renault a établi ses traductions. Un résumé de chaque pièce accompagne les extraits traduits et permet de les situer dans le contexte général de l'ouvrage.
Résumé : Ménandre a fait représenter sa comédie du Dyscolos devant le public athénien, en 316 avant Jésus-Christ. Le texte en a été retrouvé tout récemment sur des papyrus appartenant à la collection Bodmer (Genève) et publié par le professeur Victor Martin. La scène est à Phylê, un petit bourg de l'Attique, aux flancs du mont Parnès. Au cours d'une partie de chasse un jeune homme riche, Sostrate a rencontré une jolie paysanne et le dieu Pan a fait qu'il en tombe follement amoureux. Mais le père de la jeune fille, Cnémon, est affligé d'un caractère terriblement grincheux et misanthrope (c'est le sens du mot "dyscolos"). La plupart de ses proches l'ont abandonné, à commencer par sa femme et par Gorgias, le fils qu'elle avait eu d'un premier mariage. Cnémon vit très pauvrement avec sa fille, le seul être qu'il aime, et une vieille servante. Celte dernière a laissé tomber dans le puits de la maison une cruche et un croc à labourer. En voulant les repêcher, Cnémon tombe à son tour dans le puits. Gorgias et Sostrate le tirent de là, assez mal en point. Il comprend alors les dangers qu'il court à exploiter seul son petit domaine et abandonne celui-ci à Gorgias, dont il reconnaît maintenant les mérites. Gorgias marie sa demi-sour à Sostrate, qui obtient pour lui la main de sa propre sour. Il s'agit donc d'une comédie sentimentale dont les personnages sont tous sympathiques, mais aussi tous marqués d'un travers ou d'un ridicule, qui sauvegarde les droits de la vérité humaine. Cnémon lui-même, malgré son vilain caractère, est dans le fond un fort honnête homme, victime de l'exiguïté de son bien et du peu de fertilité de la terre attique. Un serviteur fripon et un cuisinier apportent un élément comique à l'action. L'état de conservation du texte grec, le fait qu'il s'agit d'une comédie de caractère sans allusions politiques, le style très proche de la langue familière ont fait penser que le Dyscolos pouvait être de nouveau mis à la scène, moyennant un minimum d'arrangements de détails. C'est cette adaptation que l'on présente ici à l'intention des spectateurs de langue française.
Sacrifices humains, siège de Tenochtitlan, serpent à plumes: la civilisation aztèque a ses images d'Épinal, qui tendent à masquer des réussites plus subtiles. À la tête d'un grand empire politique et économique, mais aussi héritiers des cultures antérieures à la leur dont ils ont brillament fait la synthèse et parfois même amélioré les apports, les Aztèques ont su développer une pensée et une vision du monde profondément originales, qui trouvent des échos jusque dans la culture du Mexique contemporain.
Résumé : Ispahan, Boukhara, Samarcande... Un rêve d'Orient. La Perse médiévale de l'islamisation à l'invasion mongole, du VIIe au XIIIe siècle. Un territoire beaucoup plus vaste que l'Iran actuel, une civilisation déjà millénaire entre monde méditerranéen et Asie. Rapidement, la Perse fut bien plus qu'une simple province de l'Empire musulman : elle aussi conquit son farouche vainqueur. Ce guide culturel met en lumière ce que lui doit la civilisation musulmane, des institutions aux productions intellectuelles et artistiques. Ce qui ne fut pas sans conséquences, y compris sur la géopolitique contemporaine.
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Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.