Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Otrante N° 18, automne 2005 : Jules Verne et la veine fantastique
Mellier Denis ; Schaffner Alain ; Bozzetto Roger ;
KIME
20,30 €
Épuisé
EAN :9782841743773
Jules Verne est la plupart du temps présenté comme un spécialiste du roman d'aventures, un romancier de la science ou un précurseur de la science-fiction moderne. Le centenaire de la mort de Jules Verne est l'occasion de sonder plus avant une strate un peu oubliée de son ?uvre : la veine fantastique. Verne était en effet un lecteur de Hoffmann et d'Edgar Poe, qui l'ont beaucoup influencé : si un véritable fantastique vernien se développe en marge des grands romans dans des nouvelles moins connues (" Maître Zacharius ", " M. Ré-dièze et Mlle Mi-bémol ", " Frritt-Flace ", etc.), il apparaît nécessaire de questionner une éventuelle " dimension fantastique " des Voyages extraordinaires. Nombreux sont à ce titre les romans qui débutent par un mystère, un événement étrange, une énigme à résoudre (Vingt mille lieues sous les mers, L'Ile mystérieuse, Nord contre Sud, Maître du monde), alors que d'autres récits se plaisent à flirter avec le fantastique (Les Indes Noires, Le Château des Carpathes, Le Secret de Wilhelm Storitz). De plus, les personnages rencontrent souvent des scènes d'horreur, des cadavres (Voyages et aventures du capitaine Hatteras, Le Sphinx des glaces, Voyage au centre de la terre, La Jangada), et Verne excelle à mettre en scène le singulier, le bizarre (Une ville flottante, Hatteras, Mathias Sandorf). La science est ainsi mise au service non seulement de l'explication du monde mais aussi de l'exhibition de l'étrange. Ce numéro entend donc mettre en évidence l'importance et la diversité de " l'inspiration fantastique " chez Jules Verne, une véritable veine, filon précieux jamais tarie, à l'image du gisement des Indes Noires, une artère irriguant peut-être le c?ur secret de l'?uvre.
La théorie littéraire a voulu lire le fantastique comme essentiellement lié à l'ambiguïté du sens et à l'incertitude des formes, plaçant son enjeu dans une herméneutique de l'indétermination. Mais devant l'insistance des apparitions fantastiques - monstres, vampires ou spectres - à s'objectiver dans la fiction, à rendre toujours plus explicite leur présence, il convient de requalifier, désormais, à l'intérieur du champ fantastique, ce qui a toujours constitué, depuis son origine gothique, son autre modalité : une écriture de l'excès. Examinée depuis ses origines, dans les rapports du sublime, du gothique et du grotesque, jusqu'à sa systématisation dans l'écriture de Lovecraft, la poétique de la terreur rend visible dans l'excès spectaculaire des formes fantastiques, une scène spéculaire. Dans le jeu de l'hyperréalisme descriptif et de la rhétorique de l'indicible, l'écriture dramatise, dans l'effroi, ses limites. Dans le prisme hyperbolique de la terreur, le fantastique de l'excès offre aussi un redoublement de l'effet de -fiction : si le monstre, dans la fiction, s'objective, hors l'imaginaire, pour terrifier les personnages, comment lisons-nous sa fiction - toute fiction - pour que lui soit ainsi consenti un tel effet pathétique ?
Comment l'observation du bébé peut-elle devenir un outil pour les professionnels de la petite enfance? Comment peut-elle être une aide pour accueillir un bébé et prendre soin de lui? Cet ouvrage montre que la valeur de l'observation résulte surtout du travail que les équipes peuvent réaliser à cette occasion pour percevoir toute la complexité de la vie psychique. Les travaux d'Esther Bick et ceux d'Emmi Pikler (Loczy) trouvent ici un prolongement pratique pour les lieux d'accueil des bébés et de leur mère. Sous certaines conditions, le dispositif de l'observation permet d'instaurer une véritable médiation pour percevoir, recevoir, contenir et penser tout l'impact de la vie émotionnelle du bébé dans son environnement, et garder ainsi vivante l'attention à son égard.
Résumé : Comment intervenir quand un bébé est trop en détresse pour exprimer sa souffrance? Comment apporter un soin psychique à des sujets trop en souffrance pour formuler une demande? Cet " état de détresse" doit pouvoir être reconnu, contenu et transformé par un travail de lien. A partir d'une approche psychanalytique résolument intersubjective et groupale, la fonction contenante est analysée ici selon 5 axes : une conflictualité archaïque ; le rôle des affects ou émotions ; la dynamique de l'attention ; le travail d'équipe ; la contenance du dispositif. Un tel paradigme est particulièrement utile en clinique institutionnelle où le travail reste très dépendant du non-verbal, du ressenti et des groupes.
Résumé : Fiction réflexive par excellence, le fantastique est saturé de mises en abîme et de jeux de miroirs, de distorsions et de reprises. Sans cesse, les citations, les références et les réécritures exhibent le jeu des artifices dont procèdent les textes. le métadiscours sur l'écriture y abonde, accusant le pouvoir défaillant du récit et les conditions de sa maîtrise, figurant ouvertement une limite des représentations, des formes ou des discours. Autant de traits autoréférentiels qui finissent par apparaître comme la matière même du fantastique. Spectres, doubles ou vampires seraient alors des figures manifestées de l'écriture, revenant hanter la scène fantastique. Rarement, la conscience du texte, de l'écriture et de la fiction aura été à ce point requise, jusqu'à peut-être constituer la condition propre à ce type de fiction dont on dit pourtant, souvent, qu'il ne tire son effet que d'une immersion dans l'imaginaire et d'une séduction immédiate du récit. Essentiellement autoréférentiel, le fantastique ne s'écrit que dans l'interrogation constante des médiations qu'il met en ?uvre alors qu'il s'agit de donner forme aux figures indicibles, indéterminées ou irreprésentables qui le caractérisent. A partir des récits de Seignolle, Lovecraft, Béalu, Leroux, du Dracula de Stoker ou du Malpertuis de Jean Ray, mais aussi en examinant la postérité de la figure du vampire ou la question politique dans le champ fantastique, le projet de ce livre est de qualifier ce questionnement complexe et riche que le fantastique déploie quant à son écriture, ses moyens ou ses effets, l'enjeu de sa fiction et de la relation critique qu'elle entretient avec le réel.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.