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L'Equivoque blasphématoire ; Autour de Pierre Bayle
McKenna Antony ; Moreau Pierre-François
PU SAINT ETIENN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782862726175
Notre premier dossier porte sur les "équivoques blasphématoires", souvent érotiques, profanant à divers degrés les objets " sacrés" : les auteurs cherchent à en apprécier d'abord la diversité, pour tenter ensuite d'en apporter la contextualisation interne et externe et d'en évaluer les enjeux : simple jeu littéraire ? Plaisanterie anodine ? Objection larvée d'inspiration "hérétique" ? Indice d'un plus grave recul à l'égard du credo chrétien, voire de toute religion ? C'est à Bayle, à ses amis et au contexte intellectuel de la composition de ses écrits que sont consacrées les études suivantes : sur la bataille entre calvinistes orthodoxes, arminiens, déistes, athées et anticléricaux autour de la notion de "libre examen" dans le contexte de la revendication du droit de la "libre pensée" publiée par Anthony Collins en 1713 ; sur la défiance des intellectuels réformés à l'égard de l'interprétation figurative de l'Ancien Testament ; sur le "patriotisme" de Bayle et sa conception de la souveraineté politique, qui doit résister à toutes les ingérences cléricales ; sur l'importance du contexte politique de la Glorieuse Révolution pour l'interprétation des intentions de Bayle ; sur la pensée politique de Frédéric Ancillon ; et sur la réception de la pensée de Bayle en Hongrie. Notre dossier Varia, très riche, comporte des articles sur la catégorie historiographique du "libertinisme", d'abord, sur deux "jeunes éventés", Geoffroy Vallée et Noël Journet, qui sont présentés par Garasse comme des exemples typiques du cheminement de l'hérésie à l'athéisme, ensuite, et enfin sur la bibliothèque de Philibert de La Mare, érudit dijonnais qui a fortement contribué à faire de Dijon un "lieu intellectuel" au carrefour des réseaux de la République des Lettres. Trois dossiers distincts qui témoignent de la diversité et de la richesse de la pensée libre à l'époque classique.
Interroger les relations que les libertins entretiennent avec la science de leur temps ne peut se faire qu'à travers des approches croisées : selon les sensibilités et les méthodes, l'accent est ici mis tantôt sur les contenus de pensée, tantôt sur les stratégies discursives qui les prennent en charge. Le rapport des libertins à la science se caractérise le plus souvent par une série de déplacements orientés et pleinement maîtrisés : un tel traitement permet de révéler le potentiel de subversion d'une théorie scientifique, d'en tirer les conséquences philosophiques les plus radicales, de replier aussi le discours scientifique sur lui-même en le soumettant à un questionnement épistémologique. Même s'il se déploie généralement en marge de l'activité scientifique proprement dite, le discours libertin rejaillit en quelque sorte sur la science : il contribue à la constituer en champ autonome et y exporte parfois ses stratégies de dissimulation. Entre la révolution scientifique et la mouvance libertine, l'interaction a sans doute été plus profonde et plus complexe qu'on a coutume de le croire. Les articles réunis dans la deuxième partie de ce volume reflètent la diversité des modes de diffusion et de réception des discours scientifiques à l'Âge classique. Leurs auteurs s'interrogent sur les enjeux épistémologiques, polémiques ou stratégiques de l'inscription du savoir dans des lieux de passage tels que les dialogues, les pièces poétiques, les romans ou les histoires comiques, que la taxinomie actuelle exclut du corpus scientifique. L'Arétin, Bruno et Galilée, Louis Le Laboureur, Madame Deshoulières et La Fontaine, Sorel, Tristan et Cyrano, étudiés ici dans cette perspective, permettent de nuancer les classifications trop rigides, faites a posteriori. Car la représentation littéraire d'univers qui se sont construits en marge de la physique aristotélicienne et du mécanisme cartésien ne manque pas de favoriser et de concrétiser des hypothèses fécondes.
Une des distinctions importantes dans la littérature hétérodoxe de l'Age classique semblait se fonder sur l'érudition : les libertins dits " érudits ", La Mothe Le Vayer et Naudé en particulier, rendent leur propos obscur à force de citations et de références bibliographiques, et cette obscurité était sans doute nécessaire à la publication de leurs oeuvres. Mais les philosophes clandestins, pouvait-on penser, étant protégé par l'anonymat, peuvent s'exprimer plus simplement et plus directement, sans détour et sans se justifier par la multiplication des références érudites. Cependant, on constatera dans le dossier thématique de ce numéro 20 de La Lettre clandestine que les philosophes clandestins ont eux aussi recours à l'érudition, afin de donner poids à leur parole et afin de démontrer que leurs arguments jugés scandaleux se trouvent chez les auteurs les plus respectables. Histoire de montrer du doigt les conflits internes du camp dévot. Bayle leur avait montré le chemin et il leur fournit souvent les références dont ils ont besoin. Ce dossier thématique s'accompagne des actes de la Table ronde de Graz (juillet 2011) sur la philosophie antique dans la littérature clandestine, de plusieurs articles consacrés à des particuliers, auteurs ou collectionneurs d'écrits clandestins, ainsi que de variétés hétérodoxes " en hommage à Charles Porset. Notre dossier de comptes rendus s'épaissit, comme il se doit, et notre rubrique bibliographique signale les dernières publications dans notre domaine d'étude.
Diderot est à la fois auteur, lecteur et éditeur de manuscrits philosophiques clandestins. Sa philosophie radicale et non systématique, son recours à la clandestinité et l'évolution de sa pratique vers une diffusion sous forme d'imprimés destinés à un très large public, son travail en équipe aussi (Encyclopédie, Histoire des deux Indes), sont certainement emblématiques de l'évolution du mouvement des Lumières. Il s'agit de passer d'un espace public restreint et clandestin à un espace public généralisé. Ce passage a un prix philosophique qu'il est intéressant de mesurer, d'autant que ce dossier s'accompagne de la réponse de Jonathan Israel au compte rendu de ses travaux publié par Antoine Lilti dans les Annales : il y oppose de façon très claire ses principes méthodologiques aux reproches qui lui ont été adressés. On trouvera aussi dans ce numéro, outre un dossier substantiel de comptes rendus, une étude approfondie des papiers concernant Diderot dans les archives de la Bastille, des notes de lecture sur le libertinage philosophique au XVIIe siècle, une analyse du grand projet philosophique de Boullanger, ainsi qu'un rubrique bibliographique très fournie, qui témoigne de la vitalité et de la dynamique des recherches sur la philosophie clandestine.
Résumé : Adolescent, Kev a été trouvé à moitié mort dans une ruelle. S'il a survécu aux horreurs qu'il a subies, d'atroces cauchemars hantent pourtant ses nuits. Avec seulement quelques éléments en tête, dont une date - le 24 août -, un lieu précis et son prénom tatoué sur le mollet, il tente de reconstituer son passé. Un passé dont la clé pourrait bien être "Osterman", alias le Docteur O, son ancien tortionnaire, qui détient enfermés tous ses souvenirs. Parfois, pourtant, dans ses songes, Kev entrevoit non pas ce monstre d'autrefois mais un ange, un être sublime qui l'éveille à la vie, apaise sa douleur, nourrit ses fantasmes...
L a Société d'Etudes Anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles a été créée en 1975 par les professeurs J. Béranger, J. Dulck et R. Ellrodt. Son champ de recherche s'étend de la naissance de Shakespeare aux Lyrical Ballads de Wordsworth et Coleridge ou, si l'on veut, de la fin de la Renaissance au début du Romantisme. Cette tranche d'histoire, qui va jusqu'aux années 1830 en ce qui concerne les études américaines, forme un tout cohérent particulièrement riche dans les domaines de la littérature (roman, théâtre, etc.), de l'histoire des idées politiques, économiques, scientifiques, esthétiques, et tout ce qui concerne les grands enjeux sociaux de la civilisation occidentale moderne et contemporaine. La Société publie deux fois par an sa Revue (RSEAA XVII-XVIII) centrée sur des thèmes de recherche explorés lors de colloques annuels ou à l'occasion d'une réflexion collective dans le cadre de la préparation aux concours de recrutement de l'enseignement français (Agrégation. Capes). Ce volume porte sur Tristram Shandy de Laurence Sterne, Pride and Prejudice de Jane Austen, Some Thoughts Concerning Education de Locke, la philosophie politique de Thomas Jefferson et la Royal Academy of Arts. sous les signatures de Peter de Voogd, Jens Gurr. Anne Bandry-Scubbi, Brigitte Friant-Kessler, Pierre Goubert, Marie-Laure Massei-Chamayou, Pierre Lurbe, Jean-François Baillon, Elise Marienstras et Thierry Labica.