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Tu, c'est l'enfance
Maximin Daniel
GALLIMARD
13,70 €
Épuisé
EAN :9782070765010
Ton île, j'ai su un jour qu'elle n'était pas enracinée, ni fichée en terre, mais qu'elle était bien ancrée. Ancrée on ne voit pas au juste à quoi, ni sous l'eau ni sur terre en tout cas, mais sûrement à ses îles s?urs en archipel, peut-être aussi au feu des volcans sous-marins. Une petite embarcation orpheline de terre et mer, sans cales ni voilures, chargée d'une cargaison de fruits nourris de sèves recomposées. Non pas échouée comme une épave, ni dérivante comme un radeau ivre, non pas tranquille à l'ancre de flaches ou d'anses calmes, ni mollement ballottée à l'espère, ou prisonnière au lasso des tempêtes. Mais solidement ancrée. Ton île, telle une barque dans la tempête, je l'ai sentie brusquement frémir, tanguer, osciller, danser, prête à dérader, brusquement charroyée sur une mer sans eau. Le jour du grand tremblement de terre, celui dont je sens toujours vibrer sous mes pieds le souvenir, dans la maison de notre enfance. "
Résumé : Toi, c'était moi, autour du Nous des six frères et soeurs, à l'âge où l'on a plus d'avenir que de souvenirs. Une enfance antillaise édifiée à hauteur de Soufrière, entre catastrophes saisonnières et jouissance de paradis, au passage des quatre épreuves vécues par ton île. Celle du feu avec l'éruption volcanique. Celle de la terre avec le premier grand séisme. L'épreuve des eaux avec le cruel Atlantique porteur d'inhumanité et de tempêtes, mais aussi la mère-Caraïbe accueillante à l'île aux belles-eaux, le nom amérindien de la Guadeloupe. Et l'épreuve de l'air avec le cyclone dévastateur, mais surtout le grand air des musiques de tout l'archipel caraïbe qui t'ont appris à résister, danser, chanter et espérer. Avec les quatre continents : Afrique, Europe, Asie et Amériques, qui composent ton humanité, fructueusement créolisée sur le métier à métisser ton identité.
Au pied de la Soufrière, les tambours et les contes antillais rythment le récit de cinq générations de pères rebelles et de mères héroïques : les affres de l'esclavage, la lutte pour la liberté et l'avenir à construire. Dans le giron d'une nature toujours menaçante, la poésie de Daniel Maximin raconte l'épopée de la Guadeloupe. Né à la Guadeloupe, au pied de la Soufrière, Daniel Maximin est poète, romancier et essayiste. Soufrières, L'Invention des désirades et L'Ile et une nuit sont disponibles en Points. "Un livre riche et pathétique. Toute l'histoire antillaise est là. Que tout finalement s'y retrouve, c'est miracle". Aimé Césaire
Daniel Maximin, né à la Guadeloupe, est poète, romancier et essayiste. Son ?uvre, dont L?Ile et une nuit, Les Fruits du cyclone ou encore L?invention des désirades, est principalement publiée au Seuil.
C'est l'histoire d'un "coup de foudre éternel" et d'une amitié sans faille entre deux des plus grands créateurs du Xxe siècle. Daniel Maximin fait toute la lumière sur la complicité qui a uni Césaire le poète martiniquais et Lam le peintre cubain pendant plus de quarante ans. Il nous invite à entrer de manière originale dans leurs univers intimes en faisant dialoguer non pas les hommes mais leur chef-d'oeuvre respectif: deux oeuvres initiales, initiatiques - le Cahier d'un retour au pays natal et La Jungle - créées entre la montée des périls fascistes et les pires combats de la guerre et qui les ont fait connaître à travers le monde. Tout commence le 25 mars 1941 quand le petit vapeur le Capitaine Paul-Lemerle appareille de Marseille en direction de l'ouest. À son bord, Wifredo Lam, André Breton et 350 autres intellectuels menacés par le régime de Vichy ou la police allemande. Un "départ de forçats" décrit dans Tristes Tropiques par un de leur compagnon, Claude Lévi-Strauss. L'accueil des autorités "coloniales" à la Martinique le 24 avril est glacial. Puis c'est la découverte inouïe de la revue Tropiques et de leurs fondateurs Suzanne et Aimé Césaire qui organisent des lectures pour leurs nouveaux amis. Celle du Cahier d'un retour au pays natal éblouit le peintre. C'est un chant qui manifeste la dignité du Noir, affirme son être et son génie propre, un combat contre l'injustice et le despotisme colonial... En retour, Césaire, observant le peintre s'immerger dans la nature tropicale, s'écrit: "II a vu ce paysage. Ça a été un choc profond. Sa peinture a changé." Et d'ajouter "Lam est un poète", "un homme des Antilles" sur le point de replonger dans son identité afro-cubaine. Sur la toile naîtra La Jungle en 1942-1943. Dès cet instant le poète et le peintre ne se quitteront plus. Unis par un même enracinement dans la Caraïbe, un même cri d'indignation devant le drame colonial, un même combat pour la liberté totale et universelle... Ces frères en poésie dégaineront leurs "couteaux de justice" dans l'espoir de bâtir un monde nouveau. En 1982, ils ont baptisé leur dernière oeuvre commune, Annonciation, un dernier message d'espoir pour le XXIe siècle, pour ne jamais abandonner l'idée d'une nouvelle humanité.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.