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L'Université de Kinshasa en quête de repères
Mawanzi Manzenza Thomas
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782343050928
Cet ouvrage aborde la question de la crise du renouvellement du personnel académique au sein de l'Université de Kinshasa, une institution qui a connu au cours de son évolution historique, à la fois le phénomène colonial, l'africanisation de ses structures et qui subit actuellement les enjeux de la mondialisation. Contrairement à certaines études antérieures qui n'entrevoyaient cette crise qu'à travers le prisme économique (mauvaises conditions de travail, manque des moyens financiers...), cette étude privilégie dans son explication d'autres facteurs relevant de dimensions non seulement culturelles et symboliques, mais également de la logique même du fonctionnement du champ universitaire congolais, marqué par des conflits entre ses différents acteurs. Cette étude nous montre comment l'université s'est laissée gouverner au quotidien par des pratiques de racisme et de discrimination, mobilisées par ses différents acteurs : pour le contrôle du monopole de l'autorité scientifique. Les enjeux de toutes ces luttes ont été abordés ici parce qu'ils ont eu des répercussions sur la politique de la relève du corps académique.
Penser le pathos de la vie sapientiale africaine à la lumière de la phénoménologie de Dominique Kahang, c'est chercher à fonder des certitudes d'une "philosophie du sentir" de toute une culture et d'une tradition. Réfléchir sur la philosophie sapientiale de la maturité revient à déceler les défis éthiques, politiques et épistémiques de la gestion de la postcolonie par les "élites africaines", écartelées entre l'autonomie et une situation géopolitique et néolibérale qui marginalise l'Afrique. Il s'agit en effet de déployer, à la lumière de la phénoménologie radicale de la vie de Michel Henry, trois questions fondamentales, dont l'articulation n'est pas une évidence : quelle est l'essence de la vie dans la conception négro-africaine ? En quoi consiste la visée de maturité du Muntu dont la maturité se révèle dans le langage symbolique initiatique, porté par l'intelligence de la rationalité symbolique ? Comment la pensée du "sentir" qui est au coeur de la réflexion de Kahang peut-elle promouvoir le vivre-ensemble dans un horizon cosmopolitique universel ? En s'interrogeant sur la visée phénoménologique de maturité de la vie africaine, cet ouvrage montre que la pensée de Kahang reste fortement imprégnée par une expérience de la temporalité de l'homme africain, capable d'assumer son destin devant l'histoire. Par ailleurs, elle s'affiche clairement comme une phénoménologie politique, qui stimule l'éveil de conscience de tout homme opprimé qui se découvre dans l'épreuve de la vie, celle qui s'autoaffecte dans les contingences, les enjeux de savoir et de pouvoir. Soucieux de bâtir un Etat de droit, un espace public en Afrique, enrobé dans les valeurs républicaines et démocratiques, Kahang appelle à construire une éthique du pouvoir et de la responsabilité, fondée sur les principes de reconnaissance et de justice.
L'Etat, en tant qu'institution sociale, ne s'impose dans la réalité qu'à travers les pratiques des acteurs qui l'incarnent et à qui il prête sa force coercitive pour réaliser les objectifs d'intérêt général. Seulement, ces acteurs se retrouvent souvent au cceur de crises politiques dont les enjeux redéfinissent la nature et les missions de cet Etat. Cet ouvrage, en analysant les structures sociales qui déterminent, par leurs particularités, les pratiques des acteurs politiques, montre que les crises qui ont secoué la République démocratique du Congo, loin d'être fortuites, font partie des stratégies politiques auxquelles recourent les autorités dirigeantes pour, non seulement prolonger leur règne politique, mais aussi pour affaiblir l'Etat afin de le convertir en un instrument de prédation des ressources nationales. Cette prédation n'est pas l'apanage des autorités politiques nationales, et profite largement aux anciennes puissances coloniales, signataires de l'Acte général de Berlin de 1885. Car ces dernières, recomposées dans les sociétés multinationales avec certaines puissances émergentes, s'abritent derrière les pratiques de la coutume internationale pour non seulement piller les ressources naturelles de la République démocratique du Congo, mais aussi exclure l'application effective du droit international dans cet Etat qu'elles considèrent implicitement comme un Etat international. Ce sont toutes ces stratégies de prédation sous la bannière ambiguë d'un Etat souverain et international qui ont été analysées dans cet ouvrage.
Ancré dans les travaux d'Ernst Cassirer sur la philosophie de la culture et le néokantisme, s'appuyant certes sur les acquis des études phénoménologiques et sur la théorie de la reconnaissance dans la tradition de l'Ecole de Francfort (J. Habermas, A. Honneth), cet essai emprunte quelques considérations au débat contemporain de la phénoménologie, ainsi qu'à la question de l'identité (Kwame Anthony Appiah, O.?Bimwenyi-Kweshi), de la réappropriation de soi (V.Y. Mudimbe), de l'auto-détermination du Muntu (F. Eboussi Boulaga) et de l'humanisme de la traduction, socle du (multi-)latéralisme (Souleymane Bachir Diagne) que discutent maints auteurs africains et d'ailleurs. Leurs paradigmes et outils herméneutiques constituent ici une référence inéluctable. César Mawanzi N. est professeur à l'Université Pédagogique Nationale (UPN) de Kinshasa et à l'Université Catholique du Grand Bandundu à Kikwit (RD Congo). Philosophe et théologien, il y enseigne la philosophie de la culture, la phénoménologie des religions et les théories de la science comparée des religions. Il a fait des études de littérature gréco-latine et française, de philosophie, de théologie, de psychologie et de sciences des religions aux universités de Kalonda (RDC), d'Innsbruck (Autriche), de Marbourg et de Francfort-sur-le-Main (Allemagne). Membre du Cerclecad (Canada), il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont La phénoménologie à l'épreuve de la vie sapientiale africaine. Dominique Kahang'a Rukonkisha à l'école de la philosophie de Michel Henry (Paris, L'Harmattan, 2017) et Jean-Marc Ela : L'humanisme de la raison critique au coeur d'une pensée politique (Paris, L'Harmattan, 2021).
Promoteur d'une vaste réflexion critique sur l'humanisme et le devenir de l'homme africain, Jean-Marc Ela (1936-2008), sociologue, théologien et philosophe camerounais, tente de renouer, à travers l'histoire récente des missions chrétiennes en Afrique, un nouveau dialogue entre le christianisme, le génie culturel et la vie de la communauté politique. Pour y parvenir, il scrute, non pas du seul point de vue de l'histoire, où le passé trouble de la rencontre de l'Afrique avec l'Occident plonge ses racines, mais en particulier dans la banalité du quotidien concret, où "la douleur noire" indicible refait surface et jette le discrédit sur la crédibilité de l'Evangile de libération. C'est sur ce fond que l'auteur du présent essai entreprend la reconstruction de la raison critique qui traverse la pensée politique de J.-M. Ela dans une perspective humaniste. Au-delà du désir de réappropriation de soi et de revendication de la libération des peuples opprimés de la servitude, l'assujettissement et la prise en otage de certains pays d'Afrique actuelle relèvent indéniablement des structures politiques et économiques systémiques, ainsi que de la seule volonté des maîtres venus d'ailleurs et de leurs caporaux, animés avant tout par l'idéal de conquête d'hégémonie, de mondialisation, de mainmise et de pouvoir de domination. Quelles perspectives d'avenir en Afrique ?
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.