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Jean-Marc Ela. L'humanisme de la raison critique au coeur d'une pensée politique
Mawanzi César ; Awazi Mbambi Kungua Benoît
L'HARMATTAN
37,00 €
Épuisé
EAN :9782343233765
Promoteur d'une vaste réflexion critique sur l'humanisme et le devenir de l'homme africain, Jean-Marc Ela (1936-2008), sociologue, théologien et philosophe camerounais, tente de renouer, à travers l'histoire récente des missions chrétiennes en Afrique, un nouveau dialogue entre le christianisme, le génie culturel et la vie de la communauté politique. Pour y parvenir, il scrute, non pas du seul point de vue de l'histoire, où le passé trouble de la rencontre de l'Afrique avec l'Occident plonge ses racines, mais en particulier dans la banalité du quotidien concret, où "la douleur noire" indicible refait surface et jette le discrédit sur la crédibilité de l'Evangile de libération. C'est sur ce fond que l'auteur du présent essai entreprend la reconstruction de la raison critique qui traverse la pensée politique de J.-M. Ela dans une perspective humaniste. Au-delà du désir de réappropriation de soi et de revendication de la libération des peuples opprimés de la servitude, l'assujettissement et la prise en otage de certains pays d'Afrique actuelle relèvent indéniablement des structures politiques et économiques systémiques, ainsi que de la seule volonté des maîtres venus d'ailleurs et de leurs caporaux, animés avant tout par l'idéal de conquête d'hégémonie, de mondialisation, de mainmise et de pouvoir de domination. Quelles perspectives d'avenir en Afrique ?
La justice transitionnelle est sans juges ni tribunaux ; mais grâce à elle, les sociétés démocratiques apprennent à affronter la part sombre de leur histoire. Ses objectifs ultimes consistent à faire la vérité sur les sales guerres menées par les princes contre leur population pour se donner une chance de reconstruire une société plus juste et plus équitable. La RD Congo post-conflit en use au cours de sa transition politique issue de l'Accord Global et Inclusif de Sun City. L'idée de mettre en place une Commission Vérité Réconciliation procédait de la nature particulièrement délicate de la gestion de l'après-guerre en RD Congo en termes de paix. Cette gestion obligeait à regarder, en les repensant, les expériences des autres peuples, en même temps qu'elle exigeait des autorités de la transition un réel sens de justice et surtout une vraie capacité de panser toutes sortes de blessures et de plaies dues aux affres d'un tel contexte.
Penser le pathos de la vie sapientiale africaine à la lumière de la phénoménologie de Dominique Kahang, c'est chercher à fonder des certitudes d'une "philosophie du sentir" de toute une culture et d'une tradition. Réfléchir sur la philosophie sapientiale de la maturité revient à déceler les défis éthiques, politiques et épistémiques de la gestion de la postcolonie par les "élites africaines", écartelées entre l'autonomie et une situation géopolitique et néolibérale qui marginalise l'Afrique. Il s'agit en effet de déployer, à la lumière de la phénoménologie radicale de la vie de Michel Henry, trois questions fondamentales, dont l'articulation n'est pas une évidence : quelle est l'essence de la vie dans la conception négro-africaine ? En quoi consiste la visée de maturité du Muntu dont la maturité se révèle dans le langage symbolique initiatique, porté par l'intelligence de la rationalité symbolique ? Comment la pensée du "sentir" qui est au coeur de la réflexion de Kahang peut-elle promouvoir le vivre-ensemble dans un horizon cosmopolitique universel ? En s'interrogeant sur la visée phénoménologique de maturité de la vie africaine, cet ouvrage montre que la pensée de Kahang reste fortement imprégnée par une expérience de la temporalité de l'homme africain, capable d'assumer son destin devant l'histoire. Par ailleurs, elle s'affiche clairement comme une phénoménologie politique, qui stimule l'éveil de conscience de tout homme opprimé qui se découvre dans l'épreuve de la vie, celle qui s'autoaffecte dans les contingences, les enjeux de savoir et de pouvoir. Soucieux de bâtir un Etat de droit, un espace public en Afrique, enrobé dans les valeurs républicaines et démocratiques, Kahang appelle à construire une éthique du pouvoir et de la responsabilité, fondée sur les principes de reconnaissance et de justice.
Cet ouvrage aborde la question de la crise du renouvellement du personnel académique au sein de l'Université de Kinshasa, une institution qui a connu au cours de son évolution historique, à la fois le phénomène colonial, l'africanisation de ses structures et qui subit actuellement les enjeux de la mondialisation. Contrairement à certaines études antérieures qui n'entrevoyaient cette crise qu'à travers le prisme économique (mauvaises conditions de travail, manque des moyens financiers...), cette étude privilégie dans son explication d'autres facteurs relevant de dimensions non seulement culturelles et symboliques, mais également de la logique même du fonctionnement du champ universitaire congolais, marqué par des conflits entre ses différents acteurs. Cette étude nous montre comment l'université s'est laissée gouverner au quotidien par des pratiques de racisme et de discrimination, mobilisées par ses différents acteurs : pour le contrôle du monopole de l'autorité scientifique. Les enjeux de toutes ces luttes ont été abordés ici parce qu'ils ont eu des répercussions sur la politique de la relève du corps académique.
L'Etat, en tant qu'institution sociale, ne s'impose dans la réalité qu'à travers les pratiques des acteurs qui l'incarnent et à qui il prête sa force coercitive pour réaliser les objectifs d'intérêt général. Seulement, ces acteurs se retrouvent souvent au cceur de crises politiques dont les enjeux redéfinissent la nature et les missions de cet Etat. Cet ouvrage, en analysant les structures sociales qui déterminent, par leurs particularités, les pratiques des acteurs politiques, montre que les crises qui ont secoué la République démocratique du Congo, loin d'être fortuites, font partie des stratégies politiques auxquelles recourent les autorités dirigeantes pour, non seulement prolonger leur règne politique, mais aussi pour affaiblir l'Etat afin de le convertir en un instrument de prédation des ressources nationales. Cette prédation n'est pas l'apanage des autorités politiques nationales, et profite largement aux anciennes puissances coloniales, signataires de l'Acte général de Berlin de 1885. Car ces dernières, recomposées dans les sociétés multinationales avec certaines puissances émergentes, s'abritent derrière les pratiques de la coutume internationale pour non seulement piller les ressources naturelles de la République démocratique du Congo, mais aussi exclure l'application effective du droit international dans cet Etat qu'elles considèrent implicitement comme un Etat international. Ce sont toutes ces stratégies de prédation sous la bannière ambiguë d'un Etat souverain et international qui ont été analysées dans cet ouvrage.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.