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Savoir/Agir N° 34, Décembre 2015 : De la classe ouvrière aux classes populaires
Mauger Gérard
CROQUANT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782365120777
Il fut un temps qui n'est pas si lointain où " la classe ouvrière " était créditée d'un rôle messianique par les uns, d'épouvantail par les autres. Son éclipse consécutive à celle, intellectuelle et politique, du marxisme, à l'effondrement du socialisme " réellement existant ", à la désindustrialisation massive, etc. , a pu sembler emporter avec elle les rapports de domination et les inégalités sous toutes leurs formes dans une société désormais " moyennisée " et/ou " individualisée ". La montée du chômage et de la précarité, le retour de " l'insécurité sociale ", le creusement des inégalités, etc. , ont fait que, depuis la fin des années 1990, on s'est avisé chez les sociologues, les journalistes et les politiques que " les classes populaires " ne sont pas pour autant disparues avec " la classe ouvrière ". Certes, les classes populaires ne sont pas ce que la classe ouvrière n'a jamais été ailleurs que dans l'imagination des intellectuels. En mobilisant les très nombreuses enquêtes désormais disponibles, il s'agira dans ce dossier de cerner " ce que populaire veut dire ", de s'interroger sur le rassemblement des ouvriers et des employés sous le même label, d'étudier les multiples clivages qui traversent les classes populaires, de se demander comment elles se reproduisent et comment on s'en échappe, de reposer la question de " la culture populaire ".
L'idéologie dominante est un discours de maintien i de l'ordre. De façon générale, elle porte chacun à se convaincre qu'il faudrait désormais accepter l'ordre social tel qu'il s'est imposé comme allant de soi: avec enthousiasme ou en traînant les pieds avec l'espoir de «sauver les meubles».Le souci d'ancrer ces repères pour résister à l'idéologie dominante dans l'actualité impose de se plier aux exigences d'un agenda fixé par les médias et (es politiques, et exclut pratiquement toute possibilité d'enquête systématique. Ainsi ces repères ne concernent-ils que des échantillons significatifs de l'idéologie dominante (sur les classes populaires, sur quelques notions-clés de l'idéologie dominante, sur la vie politique) sans viser l'exhaustivité et sans prétendre à la représentativité.Outre leur intention de clarification, de démystification, de rupture avec le sens commun (avec ses évidences, son ethnocentrisme, ses propensions à la déshistoricisation, à la naturalisation, à la psychologisation) ces repères ont aussi, et peut-être surtout, une vocation pédagogique. En définitive, il s'agit, comme l'écrit Jacques Bouveresse, de «passer du statut de sociologue pour sociologues à celui de sociologue pour tout le monde», de montrer en actes l'intérêt d'une lecture sociologique des discours médiatiques et politiques et, ce faisant, d'une invitation et d'une initiation à la pratiquer pour son propre compte.Gérard Maugerest sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science solitique (CNRS-EHESS-Paris I) et membre de l'association Savoir/Agir.
Aux lendemains de la disparition de Pierre Bourdieu, une soixantaine de chercheurs en sciences sociales, d'artistes, d'écrivains, hommes et femmes de différentes générations, en France, en Europe et dans le monde entier, ont accepté d'évoquer leur " rencontre avec Pierre Bourdieu " : l'homme et/ou l'œuvre. Pour les uns, le souvenir de cette rencontre a donné lieu à un portrait : du " prof de philo " à Moulins au professeur au Collège de France, de l'ethnologue au statisticien, de l'homme de terrain au théoricien, du savant au politique. Pour d'autres, de différentes générations, le récit de la rencontre - à la fois portrait et autoportrait - est d'abord celui d'un apprentissage du métier de sociologue. Les témoignages des quatre coins du monde permettent de rendre compte des " effets " extrêmement divers d'un pays à l'autre, d'une discipline à l'autre, d'une œuvre internationalement consacrée dans le champ des sciences sociales. Une dernière série de témoignages met en évidence l'impact d'une œuvre protéiforme, dans diverses disciplines - de la philosophie à l'ethnologie, de l'économie à la littérature - et dans différents domaines de la vie sociale - de la vie politique à la vie artistique.
Souvent décrite comme une révolution symbolique dans les sciences sociales, l'oeuvre de Bourdieu est aujourd'hui une référence qui y occupe, y compris pour ses détracteurs, une position dominante. Ce livre explicite classe et synthétise les réflexions issues des usages faits de sa "boîte à outils conceptuels" au fil d'un parcours sociologique et indique les perspectives qu'elles ouvrent. Bien qu'elle soit nécessairement pédagogique, il s'agit d'une "reprise" plutôt que d'une présentation synthétique. Elle s'interroge, en effet, sur les limites du "sens pratique" , sur la distribution sociale de la "conscience réflexive" , sur les mécanismes de la "violence symbolique" , sur l'extension du concept de "champ" , sur la multiplication des espèces de "capital" , sur la définition des "classes sociales" , mais elle laisse le chantier "ouvert" : les concepts peuvent et doivent, dans une certaine mesure, rester provisoires, ce qui ne signifie pas vagues, approximatifs ou confus. Dans le cadre de ce paradigme, "l'engagement sociologique" apparaît comme une conséquence pratique, assumée ou non, d'un exercice du métier de sociologue indissociable d'une démarche réflexive.
MILITER. LES CONDITIONS SOCIALES DE LA DEMOCRATIE ASSEMBLEISTE. LE PRINTEMPS CHILIEN. POLITIQUE DE LA RUE CONTRE POLITIQUE DES URNES ?. LES OUVRIERS DU "PARTI DES OUVRIERS". CHEMINOTS ET CEGETISTES : S'ENGAGER AU NOM DU COLLECTIF. UN MILITANTISME MUSULMAN
Face à l'urgence actuelle de changer ce monde. comment lutter et avec qui ? Peut-on se battre comme femme sans trahir sa culture ? Comment s'organiser simultanément en tant que Noir e et prolétaire ? Doit-on vraiment dénoncer à la fois le racisme, le capitalisme et le patriarcat ? Et surtout, quelles solidarités, quelles alliances construire. autour de quels projets ? Imbrication décortique la complexité des identités, des loyautés et des intéréts de chacun-e dans les mouvements sociaux. L'ouvrage présente l'histoire de luttes guerrillères (Salvador), Indiennes-paysannes (mouvement zapatiste au Mexique) ou Noires (Brésil, République Dominicaine, USA). ainsi que les mouvements de femmes, féministes et lesbiennes du continent. Les femmes des Amériques et des Carabes nous tendent un miroir exceptionnel pour mieux comprendre "l'intersectionnalité" à un moment de foisonnement des luttes, parfois déroutant. Partant du quotidien des mouvements pour parvenir à une véritable "science des opprimées", ce livre s'adresse aussi bien au public curieux qu'aux activistes et au monde de la recherche. l
Que se passe-t-il en Algérie depuis une année ? De quelle nature est le mouvement populaire (Hirak) qui a surgi le 22 février 2019 ? Quelles sont les contradictions qui le traversent ? Quelles sont les raisons immédiates qui ont causé son apparition et quelles en sont les origines profondes ? Qu'a-t-il obtenu et que lui reste-t-il a conquérir ? Quels effets a-t-il produits sur le pouvoir et la société ? Comment a évolué le rapport de force entre les protagonistes ? Quels sont les principaux enjeux politiques actuels ? Le régime libéral autoritaire qui a imposé Abdelmadjid Tebboune à la tête du pays veut-il et peut-il se contenter de ravaler sa façade démocratique ? Le Hirak peut-il lui imposer une transition démocratique ? Celle-ci passera-t-elle par l'élection d'une Assemblée constituante ? Le combat du Hirak ménera-t-il a une démocratie parlementaire ultralibérale insérée en position dominée dans la globalisation capitaliste mondiale et dans l'ordre impérialiste régional ? Ou à une démocratie souveraine, non alignée, populaire et sociale ? Telles sont les questions que cet ouvrage tente d'éclairer dans le but assumé de contribuer à résoudre cette crise politique au profit des classes populaires.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua⦠La liste s'allonge des pays vivant un tournant autoritaire. Répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d'un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd'hui affecter les démocraties les plus anciennes et les plus solides. L'ambition de cet ouvrage est de renouveler la question de l'autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfigurationA : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d'Etat), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d'une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d'abuser du pouvoir.