Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
A la rencontre des disparus
Maugarlonne Mathurin
GRASSET
29,05 €
Épuisé
EAN :9782246673514
"Qu'as-tu fait de ta vie, pitance de roi?"demandeHenri Michaux sous le titre Ecce Homo. Je peux luiRépondre: j'ai vu de grands hommes, qui faisaient mieuxque des sauts de puce... Mon parrain le docteur Guttières, l'idéal du militant communiste. Mon maître José Lupin, l'idéal du professeur de littérature. Mon gourou Guy Debord, l'idéal du mystificateur terroriste, enfin, à la mie de pain.Et puis Sartre qui m'intronisa, jugeant mes sottisesdignes des siennes. Jankélévitch qui m'initia à la musiquedes sphères les plus transcendantales, comme Ionesco à latélépathie. Raymond Aron, assez indulgent pour ne pasm'en vouloir de l'avoir condamné comme Antémarx.Cioran, qui m'a apporté des oranges. Et d'autres encore, comme Fernand Braudel qui refusa de conclure à ma nullité.Nul ou pas, je leur devais, je crois, ces miettes demémoire."
Entre une préface de philosophie générale et des essais consacrés à quelques littérateurs, plus ou moins grands, quelle différence à première vue, quel disparate! Cependant qui lira avec soin ce recueil en saisira l'unité. En vérité, une seule et même question le soutient: que restera-t-il du XXe siècle? En particulier, le progrès des neurosciences ne laissera-t-il que des ruines du monument Freud?De ce siècle tragique François-George Maugarlone extrait quelques figures, celle par exemple de Robert Brasillach, cherchant à comprendre comment ce fin lettré en vint à hurler avec les pires loups nazis. Faut-il rendre Nietzsche responsable de certaines dérives?Par ailleurs, François-George Maugarlone insiste sur des auteurs qu'il juge significatifs et qu'il a connus personnellement, Cioran, Ionesco, Robbe-Grillet, Sartre dont il a célébré le centenaire au lycée de Laon devant une foule recueillie au souvenir de son éphémère citoyen d'honneur...Il termine sur un commentaire de l'histoire de France de Fernand Braudel, qui avait salué son Histoire personnelle de la France, laquelle a été prolongée par la Présentation de la France à ses enfants.
Résumé : Qu'aurait été la philosophie nouvelle que Maurice Merleau-Ponty élaborait quand la mort le terrassa en 1961 ? Puisse le centenaire de sa naissance donner l'occasion de réfléchir à la question, même et surtout si elle ne peut que rester ouverte. Si le débat pouvait être à la hauteur de l'enjeu, qui est l'homme... Le différend que Merleau-Ponty eut avec Sartre, s'il est éminemment significatif de son époque, garde tout son sens aujourd'hui. Parce que, a dit Merleau-Ponty qui alors pense plus précisément à la peinture, en particulier à Cézanne en qui il voit le meilleur illustrateur de la phénoménologie, les ?uvres de l'esprit ont toute la vie devant elles. Ce n'est donc pas vraiment de commémoration qu'il s'agit : le philosophe foudroyé nous appelle à un rendez-vous de toujours.
Résumé : Prisonniers dans une caverne, au-dehors de laquelle règne le vrai soleil, éclairant les réalités authentiques, c'est ainsi que Platon nous a décrits, fondant la métaphysique. Avec sa Nuit étoilée, Van Gogh nous présente une autre image de notre situation dans le monde : nous nous trouvons égarés dans l'espace nocturne entre les étoiles lointaines et leurs reflets dans les eaux profondes. Cette image-là implique une conception de l'histoire de la philosophie en quelque sorte ondulatoire. Sur l'eau, des sillages : F.-G. Maugarlone se propose de traiter moins des grands auteurs que de leurs traces, et de leurs résurgences. Ainsi Platon renaît à la Renaissance et, assimilé par Galilée dans l'ambiance issue du quattrocento florentin, lui, le métaphysicien, se trouve au fondement de la physique moderne. A travers le jansénisme, saint Augustin n'a-t-il pas exercé une secrète action sur la Révolution française ? Freud a reconnu sa dette envers Spinoza. Quant à Marx, le moins qu'on puisse dire est qu'il est à l'origine du marxisme... Reflets dans l'eau, images tremblées, éclatées : moins de dissertations ici que d'aphorismes. Puzzle ? Peut-être, cependant aussi panorama qui va des présocratiques aux néopositivistes. Mais attention, un ouvrage à déconseiller aux dogmatiques...
François Mauriac, voilà un nom célèbre et déjà un malentendu... Une littérature qu'on cantonne volontiers aux histoires d'amours contrariées par la morale bourgeoise. Camus en fit, au contraire, le "Dostoïevski de la Gironde". Parce qu'il ne versait ni dans l'utopie ni dans le nihilisme, et ne croyait qu'au Christ à l'instar de l'auteur de Crime et Châtiment. François Mauriac traversa son siècle à l'inverse de Céline: en conservant cette distance avec les passions idéologiques qui consument. Eternellement cloué au pilori de sa lucidité politique, il dévisagea l'injustice sans céder pour autant aux sirènes de la vengeance. S'il a failli perdre la foi au spectacle de l'Holocauste et des persécutions antisémites, il demande la grâce pour Brasillach, son ennemi de toujours. A peine est-il couronné du prix Nobel qu'il s'insurge contre la répression coloniale au Maroc. En 1958, il a déjà dénoncé la torture en Algérie."Provincial" souvent plus perspicace que les grands philosophes de son temps, Mauriac n'aura cessé de se confronter à ses doutes et au mystère du destin. A l'heure de la "mort de Dieu", il incarne le tragique chrétien par excellence. Une évocation fervente et rare par l'auteur de A la rencontre des disparus.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).