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Vive le feu ! (On s'entend bien)
Maslowska Dorota ; Jannès-Kalinowski Isabelle
NOIR BLANC
12,15 €
Épuisé
EAN :9782882502520
« On n'est pas du tout des Polonais, clame la Petite Fille, on est des Européens, des gens normaux! » La pièce ébouriffante de Dorota Maslowska met en présence trois personnages féminins: la « Vieille Prostrée en fauteuil roulant », sa fille Halina et la « Petite Fille en Métal ». Trois générations: celle d'avant le déluge de la guerre, celle qui est née dans l'enclos du communisme et qui se tient désormais, sidérée, face à la télévision et aux rayons du supermarché, et enfin, la jeune génération, celle d'après la chute du Mur, incomprise, pour le moins. Tandis que la grand-mère évoque sans fin le matin d'été qui précéda l'entrée des Allemands dans Varsovie, la mère farfouille dans ses casseroles et profère un collage de phrases insensées: extraits de prospectus de grandes surfaces, de test psycho, de conseils conso. Contrairement aux ménagères du siècle dernier, elle ne rêve pas du grand amour (le mot et la chose semblent avoir disparu): elle réactualise sans cesse le catalogue de tout ce qui lui manque et qu'elle n'aura jamais. La fillette interroge, raille, coupe la parole et le ronron des deux autres. Habitant la même et unique pièce, au énième étage d'un clapier, chacune vit dans une réalité séparée, chacune parle un langage différent, penchée sur son propre gouffre: pure nostalgie, pour la grand-mère, pure envie, ou sidération consumériste, pour la mère, et pure attente pour la Petite Fille, qui écoute le dehors: croyant parfois entendre qu'on frappe à la porte, elle se demande si ce n'est pas la Seconde Guerre mondiale, en personne, qui revient? Ces personnages plus ou moins possédés, qui se juxtaposent en restant séparés, démontrent ici l'inexistence du « Polonais moyen », l'absence d'un terrain commun qui permettrait aux gens de dire « nous ». Et s'il est bien une chose qui semble commune aux Polonais de Maslowska, c'est leur aversion pour la Pologne. Un Polonais, c'est-à-dire personne? Une pièce à l'écriture jubilatoire, à lire comme un petit roman. Dans ce huis-clos, une petite fille, sa mère et sa grand-mère forment un mélange instable et détonnant? qui viendra peut-être à bout de la Pologne et de toutes les Nations!
L'oeuvre de Gombrowicz, célèbre écrivain polonais traduit au niveau international, a été mise en scène par les plus grands (Lavelli, Bergman, Sjöberg...) Elle garde pourtant sa part d'ombre. Ecrivain-penseur, Gombrowicz apparaît comme un pionnier non seulement de l'existentialisme et du structuralisme, mais également de la pensée contemporaine d'un Buber, d'un Ricoeur, ou d'un Girard. Il annonce l'apparition de la psychologie interactionnelle, de la théâtralité du quotidien et du jeu des pulsions.
Écrit sous forme de monologue d?un jeune banlieusard du littoral de la Baltique, dit le Fort, le roman, tel un acid-movie sombre et cocasse à la fois, nous fait plonger dans l?univers des jeunes paumés de la Pologne post-communiste. Le récit du jeune narrateur a des accents hallucinés dus à l?abus des amphétamines. Son monde se réduit à des virées dans des discothèques, des amours qui tournent mal et des rêves qui ne peuvent aboutir qu?à des crises de rage. Le Fort aime Magda, mais Magda semble se moquer de lui. Il finit par se chercher de nouvelles copines : Angela, une anarchiste sataniste maquillée au charbon qui finira par décrocher le titre de « Miss Public » au cours d?une fête municipale xénophobe, Arleta, un chewing-gum éternellement collé à la bouche, symbole du consumérisme, Natacha la brutale puis Ala la sage, une croix en or sur son pull à col roulé, sandales orthopédiques aux pieds, la quintessence de l?ennui et de la bonne conscience petite bourgeoise. Et, pour finir, Dorota Maslowska elle-même, lors d?une série de scènes hallucinantes au commissariat puis à l?hôpital où échoue son malheureux héros suite à une tentative de suicide.
Voici un livre drôle et furieusement novateur. Il tient du hip-hop et du clam, mais l'artiste n'est pas seule en scène. Dorota Masfowska a le talent de faire entendre des dizaines de voix, de langues, de rythmes différents: le baragouin de paysans devenus clochards dans la capitale, l'argot des cités, le jargon de flics analphabètes, le moulin à vent des publicitaires, le blabla des gamines dont toute l'activité, depuis la manucure jusqu'aux virées en boîte, vise à sortir du trou, de l'ombre, de la non-existence des simples spectateurs. Tchatche ou crève, semble dire l'auteur à chacun de ses personnages, lâche tout, ne te retiens pas, nous ferons le tri. Avec une étonnante galerie de personnages, Maslowska explore les recoins et les zones d'ombre d'une ville contemporaine: ses backstage, ses résidences surveillées, ses territoires de gangs, ses salles d'attente à ciel ouvert. Brossée au vitriol par l'enfant terrible des lettres polonaises, cette opérette fantasque expose l'universelle comédie des apparences, la grande toile médiatique et toutes les mouches qui s'y laissent attraper.
Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas ? et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une " folie méthodique " pour l'écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est " la perfection des formes imprécises ". Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l'Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu'à travers les yeux et les propos d'une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l'appartenance, l'émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l'oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu'elle soit religieuse ou philosophique.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.
A Saint-Pétersbourg, les bolcheviks ont déjà gagné la guerre civile. Mais en Sibérie, à l'extrême est de la Russie, les Iakoutes résistent et tentent un dernier assaut contre l'Armée rouge. En 1922, le général Anatoli Pepeliaïev, poète à ses heures, défenseur de la justice et de la liberté, rassemble les soldats dispersés de l'Armée blanche et met sur pied un détachement de volontaires pour soutenir l'insurrection iakoute. Face à lui se dresse un commandant de l'Armée rouge, Ivan Strod, anarchiste et futur écrivain à succès. Lui aussi est une figure énigmatique de la révolution de 1917. Les deux hommes, guidés par des idéaux très proches, sont devenus ennemis par la force du destin. Dans cet épisode méconnu de la guerre civile russe, Youzefovitch dépeint les passions humaines : l'amour et la souffrance individuelle qui se cachent derrière les idéologies, la soif de justice, mais aussi l'ambivalence des personnages, tout à la fois oppresseurs et victimes. Au coeur du récit, la rivalité tragique des deux héros, dans les neiges de Sibérie, se révèle comme une captivante histoire de vie, d'amour et de mort.
Dans cette brève histoire de la Pologne, pratique et moderne, le lecteur trouvera les faits essentiels qui se sont produits depuis les origines jusqu?à nos jours. Elle se présente sous la forme de dix-sept chapitres, qui correspondent moins à des périodes historiques classiques qu?à des moments forts de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays. La lecture de l?ouvrage y gagne ainsi en logique et en intérêt. L?histoire d la Pologne est ici envisagée dans un cadre plus large sur toile de fond européenne et internationale. Cet ouvrage de référence permet de comprendre le rythme de l?histoire polonaise avec ses périodes heureuses aussi bien que ses époques récentes plus troublées.