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Archives de sciences sociales des religions N° 143, Juillet-Septembre 2008 : Christianismes du Sud à
Mary André ; Lassave Pierre ; Luca Nathalie ; Joly
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713221910
Parler de "christianismes du Sud", c'est prendre acte du déplacement de centre de gravité du christianisme vers l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine; un mouvement qui bouscule les problématiques du religieux de l'aire européenne (désenchantement, sécularisation). Dans cette globalisation polycentrique à laquelle participent les "christianités" orientales, asiatiques, sud-américaines, les christianismes africains occupent une place singulière et exemplaire, par leur souffrance historique, leur démographie exponentielle, mais aussi par leur théologie messianique de la mission "en retour". L'Europe découvre le phénomène des "Eglises africaines" par la circulation migratoire des chrétiens d'Afrique, l'écho bruyant des églises de banlieues, les croisades de pasteurs prophètes, ou le relais de prêtres "noirs" dans les paroisses. Ce numéro ouvre une fenêtre sur ces "Eglises Indépendantes" inscrites dans des réseaux transnationaux. La diversité des entrées (études de communautés, parcours prophétiques, histoires d'Eglises) illustre l'hétérogénéité et la scissiparité de ces groupes religieux. Le croisement des regards du dedans et du dehors invite à relativiser tout essentialisme des identités en présence, et le suivi de générations conduit de la niche communautaire, en lien ombilical avec les Eglises mères, au prosélytisme d'assemblées ouvertes sur la société globale. Il y a là tout un chantier de recherche: la globalisation indigène des christianismes africains interpelle les compromis de l'inculturation ou les promesses d'un ?cuménisme interculturel; les ambivalences de l'identité chrétienne africaine conjuguent les catégories d'ethnie, de race, et de nations bibliques, jusqu'à faire perdre son latin au message chrétien; enfin, les réactions aux discriminations religieuses et les demandes de "reconnaissance" introduisent à une confrontation inédite avec les règles de l'espace public ou le régime de droit de la "société des individus".
Le lecteur des Archives constatera un léger changement de coloris pour la présente livraison. C'est la nouvelle couleur du bulletin bibliographique (BB) qui paraît désormais une fois l'an. La pression des numéros thématiques et des varias conduit en effet notre revue à réunir en un seul numéro les comptes rendus et notes critiques produits au cours de l'année. Ces recensions sont parallèlement disponibles en accès libre sur le site Revues.org selon un rythme semestriel de mise en ligne, en juin et en décembre. Une nouvelle formule qui associe l'électronique au papier et se veut fidèle à l'esprit initial du BB : se faire l'écho permanent des recherches dans le monde sur tous ces faits qu'on dit religieux.
Génie ou anomie du syncrétisme, dans ses productions culturelles et religieuses, anciennes et modernes ? Entre l'éloge contemporain du génie du bric-à-brac, l'enchantement des métissages ou des cultures baroques et la dénonciation récurrente de la pathologie des mélanges impurs, des formes hybrides qui caractérisent les cultures à l'agonie, le terme " syncrétisme " ne cesse de se charger de valeurs contradictoires et suscite des attitudes ambivalentes. Au regard de l'histoire des religions, et notamment de l'histoire missionnaire africaine, les syncrétismes viennent surtout témoigner du danger de contamination de la vraie religion par les cultes païens. Les anthropologues, après avoir partagé la même horreur du mélange au regard cette fois de l'authenticité des cultures traditionnelles, ont fini par se convertir à l'idée que le syncrétisme est surtout réinterprétation et ruse symbolique. De là à penser que le malin génie des cultures africaines, afrobrésiliennes ou amérindiennes constitue une anticipation ou un miroir de l'hybridité de la culture postmoderne, il n'y a qu'un pas, peut-être un peu vite franchi. Lorsqu'on se penche sur les logiques du travail syncrétique qui opère au sein des cultures dites " syncrétiques ", on s'aperçoit qu'il devient difficile d'amalgamer la plasticité des cultures païennes, les contraintes de la création par bricolage et les collages de la postmodernité. Syncrétisme et hybridité, métissage et bricolage, cet ouvrage propose d'aller au-delà de la séduction des métaphores en présence et de prendre au sérieux, parmi d'autres, les pré-contraintes que suppose l'outil d'analyse que représente le bricolage en l'appliquant aux productions religieuses de l'Afrique contemporaine.
Qui donc est en quête d'une histoire d'amour n'aille pas plus loin, écrit l'auteur de la principale version allemande du roman, au XIII? siècle. Je satisferai son désir en contant l'histoire d'amants bien nés qui firent paraître une noble passion : un amour passionné, une amante passionnée, un homme, une femme, une femme, un homme, Tristan, Iseut, Iseut, Tristan."Ce récit conte le mythe de l'amour plus fort que la vie, que les rapports sociaux, que soi-même : "Amour par force vous démène." Comme l'écrit Gottfried de Strasbourg : "Ce sera le pain de tous les nobles coeurs. Ainsi leur mort à tous deux restera vivante. Nous lirons leur vie, nous lirons leur mort, et aimer sera plus doux que le pain."Notes Biographiques : Denis de Rougemont (1906-1985), fils d'un pasteur suisse, fonde durant les années 30 le personnalisme, rejetant, aux côtés de Mounier et de Daniel-Rops entre autres, individualisme et collectivisme. Dans L Amour et l'Occident, en 1939, il oppose une tradition romantique de l'amour passionné au véritable amour du prochain. Publiant La Part du diable en 1942, Lettres sur la bombe atomique en 1946, il s'engage après guerre dans les mouvements fédéralistes européens et contribue au développement du mouvement écologique.
Résumé : " Ami Trista,... quand je vous vois mort, je n'ai plus de raisons de vivre. Vous êtes mort pour mon amour, et je meurs de tendresse et du regret de n'avoir pu vous secourir. Ami, ami, je n'aurai plus jamais soulas, confort, joie et santé. Maudite soit cette tempête qui me fit demeurer en mer ! Si je fusse venue à temps, je vous eusse rendu la vie, et vous eusse parlé longuement, doucement de nos amours ; je vous eusse rappelé nos aventures, nos joies et nos peines, tout ce qui fut notre étrange destinée. Puisque je n'ai pu vous rappeler à la vie, qu'au moins je vous rejoigne dans la mort, que j'ai confort avec vous, comme autrefois, du même breuvage. " " Tristan et Iseut ne s'aiment pas, ils l'ont dit et tout le confirme. Ce qu'ils aiment, c'est l'amour, c'est le fait même d'aimer " (Denis de Rougemont).
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.