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Archives de sciences sociales des religions N° 146, Avril-Juin 2009 : Les laïcités dans les Amérique
Mary André ; Lassave Pierre ; Joly Geneviève ; Bru
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713222160
En ce début de XXIe siècle, peut-on encore penser la laïcité comme une exception culturelle française ? Cette idée suscite agacement et polémique en Amérique du Nord comme en Amérique latine. Le Mexique n'a-t-il pas établi le premier Etat laïque, près de cinquante ans avant la France ? Les processus de laïcisation politique et de sécularisation sociale sont certes diversement avancés sur l'ensemble du continent américain. L'un et l'autre ne progressent pas toujours au même rythme et des contradictions peuvent être soulignées entre la norme et la pratique, l'idéal et la réalité. Ces processus répondent néanmoins à des logiques singulières qui ne relèvent pas de la simple imitation du modèle français. C'est ce que nos collègues d'Outre-Atlantique veulent démontrer et le décentrement de leur approche est accentué par la dimension trilingue du numéro (français, anglais et espagnol). La notion de laïcité est interrogée à partir du contexte historique et sociologique de chacun des pays du Nord et du Sud. Traitement pragmatique ou philosophique ; juridique ou politique ; analyse conceptuelle et étude de cas des héritages des colonialismes européens et des résistances à la laïcisation des institutions publiques dans des sociétés largement dominées par l'Église catholique. La question de la laïcité ne se pose pas de la même façon dans des démocraties qui imprègnent en profondeur la vie sociale, dans des régimes politiques qui restent en deçà de l'État de droit ou, encore, dans des États où se prolonge le régime de parti unique. Et pourtant le déploiement des laïcités dans les Amériques témoigne, du Nord au Sud, d'une certaine continuité. Cette approche plurielle des laïcités permet à Jean Baubérot et à Jean-Paul Willaime d'inaugurer une nouvelle rubrique des ASSR ouverte aux débats de société. Nourris et enrichis de leurs désaccords quant à l'interprétation des discours récents de Nicolas Sarkozy sur la laïcité, nos deux spécialistes clarifient leurs convergences et leurs différends sur la place donnée (ou à donner) aujourd'hui à la religion dans l'espace public ou la sphère publique en régime laïque. Une note critique sur le traitement de la laïcité dans des ouvrages récents clôt ce numéro.
Qui donc est en quête d'une histoire d'amour n'aille pas plus loin, écrit l'auteur de la principale version allemande du roman, au XIII? siècle. Je satisferai son désir en contant l'histoire d'amants bien nés qui firent paraître une noble passion : un amour passionné, une amante passionnée, un homme, une femme, une femme, un homme, Tristan, Iseut, Iseut, Tristan."Ce récit conte le mythe de l'amour plus fort que la vie, que les rapports sociaux, que soi-même : "Amour par force vous démène." Comme l'écrit Gottfried de Strasbourg : "Ce sera le pain de tous les nobles coeurs. Ainsi leur mort à tous deux restera vivante. Nous lirons leur vie, nous lirons leur mort, et aimer sera plus doux que le pain."Notes Biographiques : Denis de Rougemont (1906-1985), fils d'un pasteur suisse, fonde durant les années 30 le personnalisme, rejetant, aux côtés de Mounier et de Daniel-Rops entre autres, individualisme et collectivisme. Dans L Amour et l'Occident, en 1939, il oppose une tradition romantique de l'amour passionné au véritable amour du prochain. Publiant La Part du diable en 1942, Lettres sur la bombe atomique en 1946, il s'engage après guerre dans les mouvements fédéralistes européens et contribue au développement du mouvement écologique.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?