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HENRI MICHAUX. Ecritures de soi expatriations
Martin Jean-Pierre
CORTI
30,90 €
Épuisé
EAN :9782714305060
Les lectures critiques de Michaux ont largement décrit les motifs obsessionnels d'une ?uvre qui, tentant de sortir de l'Histoire, semble particulièrement destinée à un parcours thématique. On a moins prêté attention à la généalogie de la poétique, à ses ruptures et à sa chronologie. Cet ouvrage tente de restituer les moments essentiels, souvent occultés, d'une traversée du temps. Il rend compte des rapports mouvants à la littérature, des ruptures poétiques, de l'invention des formes, de l'itinéraire spirituel, depuis les débuts (1922) jusqu'aux écrits de la guerre (Epreuves, exorcismes). Des textes non repris en recueil, confidentiels et pourtant significatifs, permettent de mieux suivre les chemins de traverse. " Ecritures de soi ", " expatriations " : le pluriel indique les formes diversifiées que prend chez Michaux d'une part l'autoportrait fantasmatique de l'identité diffractée, d'autre part l'expérience à la fois poétique et voyageuse du nomadisme. Au lieu de se contrarier, ces stratégies vont peu à peu se conjuguer, au point que les exigences de l'expatriation tendront à se confondre avec celle d'une déterritorialisation de plus en plus intense. Fable, poème ou micro-récit, chaque texte sera une forme provisoire de mise à distance. L'auteur de ce livre tente de montrer comment, pour Michaux, accomplir par l'écriture un désir d'expatriation, c'est nécessairement mettre en ?uvre dans la poétique un ethos particulier - celui d'une pensée nomade, d'une pensée poétique de la dérive.
A mi-chemin entre littérature et philosophie, la « losophie » réunit le meilleur des deux savoir et,par la même occasion, réconcilie les deux facettes de Raymond Queneau, l?écrivain, bien connu, et le philosophe, élève d?Alexandre Kojève, souvent oublié. Les études de philosophie de Queneau auraient donc été pour lui, selon Jean-Pierre Martin, des années de « classes préparatoire » à la losophie, qu?il mettra en pratique tout au long de sa carrière littéraire d?auteur, d?éditeur et de fondateur de l?Oulipo. Jean-Pierre Martin se révèle ici un fin connaisseur de l?oeuvre et de la personnalité de Raymond Queneau dans leurs moindres détails, au point d?avoir rédigé une correspondance imaginaire avec lui d?une confondante crédibilité! C?est donc un Queneau passionnant, bien plus complexe que ne le laisserait supposer une lecture superficielle de Zazie dans le métro, que l?auteur nous invite à rencontrer. Cet ouvrage est le premier d?un triptyque publié à l?occasion du centenaire des Editions Gallimard, les deux autres volumes étant respectivement consacrés à Jean Paulhan et Charles-Louis Philippe.
«Sur un fond de silence et de solitude, on perçoit le bruissement de la mer. La ferme est seule en contrebas, plus seule encore que je ne l'imaginais d'après les lettres et les descriptions. Maintenant que je tiens Barnhill sous mes yeux, maintenant que je peux contempler ce paysage, cet océan, que je devine le jardin désormais abandonné, que j'aperçois des restes du verger, maintenant que je peux imaginer l'homme oscillant entre la main à plume et la main à charrue, entre la chambre où s'invente Big Brother et cette vie du dehors livrée aux éléments, à l'écart de l'Histoire, je ne vois pas davantage de raison majeure, de raison tout court qui l'emporterait, qui puisse justifier cette fugue, mis à part ce qui dépasse la raison, une pulsion profonde, une intériorité exigeante, radicale, propulsant assez loin de ce que l'on croit être soi, de la figure de soi que les circonstances ont façonnée, et de ce que l'on passe pour être au regard des autres.» Jean-Pierre Martin.
Résumé : La honte : émotion particulièrement inavouable, à la fois historique et singulière, intime et collective, plus que toute autre, peut-être, extensive, expansive, contagieuse et susceptible de traverser tous les individus sans distinction. La honte, c'est aussi un des grands ressorts de la littérature. Nous pouvons en effet nous sentir solidaires de quiconque fait l'aveu de sa honte, et singulièrement de celui qui l'écrit, parce que, ayant partie liée avec notre expérience commune, il est celui qui nous dit "honteux lecteur, mon semblable, mon frère". Plongeant dans les gouffres de la déconsidération de soi, la littérature ose briser avec fracas le "silence sacré de la honte". Relisant de grands textes (Rousseau, Dostoïevski, Kafka, Leiris, Gombrowicz, Duras, Philip Roth, Rushdie, Coetzee...), Jean-Pierre Martin déploie les multiples formes de la honte - intime, sociale, historique, politique-en particulier au coeur du récit des survivants (Levi, Antelme, Semprun, Seel...), dans la trame du roman des origines (Memmi, Camus, Cohen, Nizan...), à la source du geste même de l'écriture (Gombrowicz). Ces fragments de discours honteux que tient la littérature, mieux que toute théorie, restituent au plus près l'incessante transformation d'un sujet en un objet.
Résumé : Le narrateur de ce récit se trouve à un moment de l'existence qui ne semble plus rien exiger de lui. Voici qu'une rencontre amoureuse le bouleverse. C'est une jeune femme, Eva. L'événement le surprend d'autant plus que jusque-là, il avait une nette tendance à préférer les femmes mûres. Il est partagé entre l'exaltation et l'effroi. Eva n'est-elle pas victime d'un mirage ? Ne va-t-il pas lui apparaître bientôt pour ce qu'il est ? Il est prêt à s'abandonner. Il renaît. La sensation est merveilleuse. En même temps une angoisse l'assaille, vertigineuse. Il perçoit plus que jamais le sablier. De son côté, elle semble l'aimer sans arrière-pensée, le lui dit, le lui montre. Elle ne paraît aucunement se soucier, elle, de la différence d'âge. Elle lui communique sa sérénité. Un nouvel avenir possible s'est ouvert devant lui. Cependant, il ne peut s'empêcher d'oublier tout à fait le regard des autres. Comment un homme vieillissant et une jeune femme peuvent-il se sentir en aussi parfaite connivence ? Leur relation inquiète la norme. On ne cesse de lui rappeler la fatalité de son âge. Lorsqu'on fait, à l'automne de sa vie, l'épreuve exaltante d'un dernier amour, cette situation met en jeu des sensations intenses. Le narrateur nous dit, avec profondeur et drôlerie, les affres de ses méditations, sans doute pour s'en délivrer. Il nous fait part de ses extases, des moments sublimes d'une vie nouvelle. Il n'aura jamais fini d'accomplir son éducation sentimentale. Or un nouvel événement inattendu va encore bouleverser la donne...
Voici rééditée pour la 4ème fois cette seule édition intégrale commentée de l'ensemble des 201 contes des frères Grimm auxquels sont joints les 28 textes qu'ils ont supprimés dans la dernière mouture de leur recueil, et 10 légendes pour les enfants. Nous l'avons cette fois réédité en 1 volume de 1175 pages. Extrait de la presse unanime et élogieuse à la sortie du livre en 2009. Enfin paraît en France la première édition intégrale des 239 contes collectés par les frères Grimm, y compris les censurés, y compris les retranchés. Cette édition est indispensable à tous ceux qui aiment les livres. (...) Il y a au fond du conte, continuant de rêver, en état de rébellion à l'état pur, en état de splendeur à l'état pur, un jadis animal aussi intraitable que l'enfant incorrigible. Pascal Quignard, Le Monde des livres Les contes des Grimm doivent leur magie à la souffrance qui les fixe et la liberté qui les porte. (...) La plupart des auteurs feraient de cet enfer des machines moralistes, des manuels édifiants, ou, pire encore, des romans psychologiques. Ici, rien de tel. Lire est un acte libre. L'imagination est l'action : elle va vite, comme une vie courte réduite à l'essentiel. Philippe Lançon, Libération Classées au patrimoine mondial de l'Unesco, les 239 histoires recueillies par les frères Grimm, " vivent encore aujourd'hui ", comme on dit de leurs héros. Cette nouvelle traduction leur rend fraîcheur et rugosité. Isabelle Rüf, Le temps Soit donc deux beaux volumes, copieusement annotés et soigneusement illustrés (...). Postface, notes copieuses, index précis : l'appareil critique est sans faille, mais jamais pesant ? libre au lecteur de choisir de l'oublier ou d'en faire son miel. Nathalie Crom, Télérama
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Gaston Bachelard (1884-1962) est le premier à avoir pris comme principal sujet de recherche l'imagination de la matière. Ses neufs grands ouvrages (traduits dans plusieurs langues) ont renouvelé durablement la critique.Avec La Terre et les rêverie de la volonté, Bachelard se rapproche de Jung. Le livre atteste qu'il n'a pas qu'une mais plusieurs méthodes, ce qu'on appellera la " nouvelle critique " s'en inspirera." Je ne crois pas nécessaire de camper ici un portrait de Bachelard. Toute la presse s'en est chargée dans la dernière année de sa vie. Elle n'a rien laissé ignorer de cet homme trapu, râblé et d'une corpulence tout à fait 1900. (...). Tout le monde sait maintenant qu'il avait le visage même du philosophe, tel du moins que le rêve l'imagination populaire. On en a admiré la chevelure romantique et la barbe peu soucieuse du ciseau.Ses familiers, ses étudiants savent seuls qu'il avait l'accueil jovial, la parole vive et que son rire était toujours prêt à fuser aux bons mots - et même aux calembours, à ceux des autres comme aux siens - que la conversation faisait jaillir.Bachelard forçait la sympathie dès l'abord : il n'est pas si commun de voir un grand esprit sous l'apparence d'un homme simple et comme ordinaire. Il avait conquis la mienne dès notre première rencontre, un an après la publication de son Lautréamont.Je veux dire ici ma reconnaissance à Albert Béguin... C'est à lui que je suis redevable d'être l'éditeur de Bachelard ; de Bachelard de qui les quatre livres majeurs qu'il m'a donnés ont été la semence d'où est née la critique nouvelle. "José Corti, Souvenirs désordonnés.