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FICTIONS DE L'ORIGINE 1650-1800
MARTIN CHRISTOPHE
DESJONQUERES
32,00 €
Épuisé
EAN :9782843211386
Quelle est l'origine de la religion? de la Terre? de la société? de la connaissance? des idées? de l'amour? Depuis le milieu du XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle, la littérature et la philosophie ont été habitées, on le sait, par la question de l'origine. Ce volume souhaite montrer en quoi ce souci de l'origine a partie liée avec la fiction. Car si dans la pensée critique qui se déploie alors, le temps des origines est celui de l'affabulation, le recours à la fiction (de Descartes à Rousseau) apparaît quant à lui comme le moyen de concevoir de véritables laboratoires de l'origine, ou de donner à l'origine un langage, une figure. Tout au long d'un siècle et demi d'ébranlement des croyances, c'est le double mouvement d'une pensée "hypercritique" de l'origine et d'une libération de l'imaginaire et du fantasme qu'il s'agit de mettre en lumière. A ce questionnement, la fiction participe à sa manière: en ne cessant de regarder vers ses propres origines, en invitant à pénétrer dans les mystères de la filiation, en remontant vers ce temps des origines alors encore largement méconnu qu'est l'enfance du sujet.
Résumé : UN ESSAI : Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. UN DOSSIER : Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire
L'image qui s'est très tôt imposée de l'auteur des Entretiens sur la pluralité des monde est celle du "discret Fontenelle", tenant d'un art léger, inoffensif et de pur agrément. Cette image est parvenue à effacer celle de l'interlocuteur "sourdement inquiétant" qu'il fut aussi, selon le mot de Marc Fumaroli. C'est au fond cette dimension sourdement inquiétante qu'il s'agit ici de mettre en lumière. Car ce que l'hypothèse épicurienne de la pluralité des mondes semble avoir offert à Fontenelle, c'est à la fois un modèle critique pour penser sans inquiétude un univers déserté par les dieux, non pas hostile aux hommes, mais radicalement étranger, et l'idée d'une nature en perpétuelle mutation et ouverte à tous les possibles. Il s'agit au fond non seulement de susciter le goût de la science mais d'éveiller une curiosité désormais dénuée de tout scrupule. De sorte que "le désir et la jouissance sensuels se joignent à la puissance de l'esprit pour arracher l'homme au simple donné et l'envoyer prendre l'air au pays du possible" (Ernst Cassirer). Postface de David Aubin.
Martin Christophe ; Norci Cagiano de Azevedo Letiz
On attribue ordinairement l'origine des fables à l'imagination vive des orientaux " , affirme Fontenelle dans De l'origine des fables (1714), faisant écho à une idée formulée avec éclat dès 1670 par Huet dans son Traité de l'Origine des romans, publié en tête de la mauresque Zayde de Mme de Lafayette. Orient et fabulation sont indissolublement liés pour la conscience occidentale à l'âge classique. C'est ce rapport du Moyen-Orient et de la fable, entendue en son sens le plus large, que ce volume souhaite explorer. Il s'agit non seulement d'examiner pourquoi la pensée occidentale s'est alors plu à imputer aux Orientaux l'invention des mythes et des fables originaires, mais aussi et surtout de s'interroger sur les mille et une manières dont l'imaginaire de l'Occident classique (singulièrement en France) n'a cessé de fabuler autour du Moyen-Orient.
Que reste-t-il de l'oeuvre de Lesage ? De ce mouvement d'innovation romanesque et théâtrale qui caractérise le premier XVIIIe siècle et auquel il a participé avec enthousiasme ? De sa pratique, singulière, du comique ? En reconsidérant l'invention comique lesagienne, tant romanesque que théâtrale, ce volume invite à remonter le temps pour mieux comprendre les mécanismes de la "machine de l'oubli" qui a occulté Lesage et sa postérité, et à apprécier à sa juste mesure la place de cet écrivain, qui parie pour le comique, au coeur des innovations de son siècle.
Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Egyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite " hellénistique " qui allait assister aussi au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-Etats de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeurs d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine. C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de m?urs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs, tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure. Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.
Homme de guerre et homme du monde autant qu'homme de pensée et d'écriture, Saint-Evremond prend place parmi les grands moralistes du XVIIe siècle, les La Rochefoucauld, Pascal et La Bruyère ; mais sa place est à part : Sainte-Beuve voyait en lui un " Montaigne adouci ". Comme en témoignent généreusement les textes de ce recueil, ce n'est pas l'abstrait des principes qui suscite sa réflexion, c'est l'expérience des rapports que tout homme entretient avec l'histoire, les m?urs, la langue, les livres, avec les autres et avec soi. On voit alors se dessiner en creux la figure du moraliste véritable dont la méthode consiste à prendre la vie pour guide et non les idées préconçues. Cette rare liberté d'esprit et de style qui rend sa lecture si tonique aujourd'hui, Saint-Evremond la laisse s'épanouir dans le mouvement d'un commentaire, d'une conversation, sur le mode privé et amical de la séduction et de la connivence. Il traite de l'essentiel, et, parce qu'il s'agit de l'essentiel, il en traite comme négligemment, du bout des lèvres, avec une fermeté discrète.
Résumé : Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les ?uvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans. Parmi les premiers, les lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. Admiratrice du penseur genevois, elle établit avec lui un dialogue critique d'un genre nouveau, soumettant une à une les ?uvres du romancier-philosophe, et au premier chef les confessions, à une analyse pénétrante. L'essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie " la seule peinture des mouvements du c?ur ", à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson. Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré-romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme. Dans ces premières ?uvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice de romantisme français qui déjà se révèle.
Garcia-Baquero Gonzalez Antoni ; Bennassar Bartolo
Dès la découverte du Nouveau Monde, un intense trafic s'instaura entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer du souverain des Espagnes. Il reçut le nom de Carrera de Indias : la Route des Indes occidentales, c'est-à-dire des Amériques. Ainsi naissait un réseau d'échanges aux dimensions de la planète, archétype de tous les systèmes économiques mondiaux ultérieurs : escortées par les galions, ses flottes transportaient par-delà l'Océan commerçants, aventuriers, militaires et missionnaires, épices, étoffes, armes, alcools, cuirs, perles, or et argent surtout, mais esclaves aussi. Mettant en rapport les hommes, les cultures et les denrées d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, la Carrera de Indias fut un phénomène fondateur du monde moderne, que les esprits drapèrent du prestige du mythe. Ce livre en offre la première synthèse générale. Il fait le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord et Cadix ensuite. Depuis l'aube du XVIe siècle jusqu'au crépuscule du XVIIIe ce trafic est envisagé dans ses aspects juridiques, administratifs et financiers, mais aussi dans son déroulement réel, à travers tempêtes, guerres, piraterie, variant au gré des progrès techniques et des vicissitudes économiques. Au fil de l'analyse se révèle la réalité d'une entreprise prodigieuse, compromis instable entre prétentions royales, ambitions négociantes, avidités étrangères et astreintes naturelles, ranimée sans relâche par les illusions fascinantes des imaginations éblouies.