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Le goût de la science et la culture de la curiosité. Les entretiens sur la pluralité des mondes de F
Martin Christophe
SUP
7,90 €
Épuisé
EAN :9791023140293
L'image qui s'est très tôt imposée de l'auteur des Entretiens sur la pluralité des monde est celle du "discret Fontenelle", tenant d'un art léger, inoffensif et de pur agrément. Cette image est parvenue à effacer celle de l'interlocuteur "sourdement inquiétant" qu'il fut aussi, selon le mot de Marc Fumaroli. C'est au fond cette dimension sourdement inquiétante qu'il s'agit ici de mettre en lumière. Car ce que l'hypothèse épicurienne de la pluralité des mondes semble avoir offert à Fontenelle, c'est à la fois un modèle critique pour penser sans inquiétude un univers déserté par les dieux, non pas hostile aux hommes, mais radicalement étranger, et l'idée d'une nature en perpétuelle mutation et ouverte à tous les possibles. Il s'agit au fond non seulement de susciter le goût de la science mais d'éveiller une curiosité désormais dénuée de tout scrupule. De sorte que "le désir et la jouissance sensuels se joignent à la puissance de l'esprit pour arracher l'homme au simple donné et l'envoyer prendre l'air au pays du possible" (Ernst Cassirer). Postface de David Aubin.
Publiées pour la première fois en 1721, les Lettres persanes offrent le paradoxe d'une oeuvre ayant bénéficié d'un succès immédiat et vite devenue un "classique", objet de très nombreuses imitations et d'innombrables commentaires, bref d'une oeuvre semblant n'avoir plus guère de secret à révéler ; mais qui, à bien des égards, reste pourtant quasi insaisissable. Non seulement, parce que cette "espèce de roman" (selon la désignation tardive des "Quelques réflexions sur les Lettres persanes" publiées de manière posthume en 1758) se dérobe à toute catégorie générique clairement identifiable, mais parce que le dispositif épistolaire conçu par Montesquieu repose à la fois sur le principe d'une fragmentation de la matière et sur celui d'une "chaîne secrète et en quelque façon inconnue" (selon une autre formule fameuse de ces mêmes "Réflexions") qui impose de lire l'oeuvre au croisement de la fiction et de la philosophie, de l'économie des passions et de la réflexion morale, de la satire et du discours politique. C'est précisément cette série d'articulations que les seize études ici réunies s'efforcent de saisir. Traitant de sujets distincts et aussi variés que possible, elles se rejoignent toutes néanmoins dans une même exigence : lire les Lettres persanes non pas en focalisant l'attention sur tel ou tel aspect qui rendrait plus ou moins aveugle à tous les autres, mais en prenant la mesure d'un jeu de métaphores généralisées qui implique de mettre en regard l'Orient et l'Occident, le roman de sérail et les considérations théoriques, la réflexion politique et le discours satirique sur la France du temps.
Quelle est l'origine de la religion? de la Terre? de la société? de la connaissance? des idées? de l'amour? Depuis le milieu du XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle, la littérature et la philosophie ont été habitées, on le sait, par la question de l'origine. Ce volume souhaite montrer en quoi ce souci de l'origine a partie liée avec la fiction. Car si dans la pensée critique qui se déploie alors, le temps des origines est celui de l'affabulation, le recours à la fiction (de Descartes à Rousseau) apparaît quant à lui comme le moyen de concevoir de véritables laboratoires de l'origine, ou de donner à l'origine un langage, une figure. Tout au long d'un siècle et demi d'ébranlement des croyances, c'est le double mouvement d'une pensée "hypercritique" de l'origine et d'une libération de l'imaginaire et du fantasme qu'il s'agit de mettre en lumière. A ce questionnement, la fiction participe à sa manière: en ne cessant de regarder vers ses propres origines, en invitant à pénétrer dans les mystères de la filiation, en remontant vers ce temps des origines alors encore largement méconnu qu'est l'enfance du sujet.
Résumé : La Fausse Suivante est sans doute la comédie la plus singulière de son auteur : non seulement elle s'organise autour de l'échec et non de la réussite d'une intrigue amoureuse, mais elle s'écarte délibérément aussi de cette "éternelle surprise de l'amour" qui, selon D'Alembert, serait le "sujet unique" du théâtre de Marivaux. En décidant de se travestir en homme pour déterminer la valeur de l'époux (Lélio) que son beau-frère a trouvé pour elle, la fausse suivante accède, en effet, à un univers cynique de prédateurs qui méprisent les femmes et ne voient en elles que leur dot, leur fortune, et éventuellement leur corps. Renversant le topos du loup dans la bergerie, la pièce introduit parmi les loups une tendre brebis, non sans l'avoir préalablement dotée de la ruse du renard. Virtuose du simulacre, la fausse suivante accomplit sa mission avec une virtuosité éblouissante et féroce. Véritable allégorie de la comédie, elle en exalte les pouvoirs, jusqu'au vertige.
Résumé : UN ESSAI : Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. UN DOSSIER : Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire
Tout en montrant la nouveauté radicale du bolchevisme, et les techniques de Staline pour faire régner sa tyrannie, ce livre fait ressortir les continuités de l'histoire russe et ses constantes (idéologie, pratiques du pouvoir, place et influence de l'empire, conceptions et méthodes de politique étrangère, utilisation de la propagande). L'ouverture des archives de l'URSS et leur abondance a enrichi la connaissance de ce monde autrefois fermé et rend indispensables certaines clés de compréhension : elles faciliteront aussi l'abord de la Russie post-communiste et son passé difficile à surmonter.
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.
Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. A l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al-Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de "l'Autre", que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.