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Marie mondialisée. L'Atlas Marianus de Wilhelm Gumppenberg et les topographies sacrées de l'époque m
Christin Olivier ; Flückiger Fabrice ; Ghermani Na
ALPHIL
32,00 €
Épuisé
EAN :9782940489527
Grandes découvertes et évangélisation des Amériques, possibilités de reproduction à l'infini des images et des récits offertes par l'imprimerie, circulation sans précédent des objets, des produits et des personnes. Aux XVIe-XVIIe siècles, de nouvelles conditions historiques font que les images de la Vierge Marie, soudainement, se multiplient, se diversifient, s'exportent partout dans le monde, ou presque. Cette mondialisation de Marie, qui s'observe dans la littérature spirituelle et dans l'iconographie, porte quelques auteurs audacieux, souvent liés aux ordres religieux qui participaient au premier chef à ces échanges de biens symboliques, à entreprendre le recensement et le classement des images dans de vastes ouvrages encyclopédiques, dont l'Atlas Marianus du jésuite Wilhelm Gumppenberg est l'exemple le plus abouti. Ces ouvrages, les topographies sacrées, sont aussi l'occasion pour certains auteurs de se prononcer sur l'équilibre du monde, l'organisation de l'univers et la réalité des miracles avec l'ambition de contrecarrer les périls du temps : les attaques protestantes contre le culte de Marie et des saints, les positions des philosophes de la nature et des savants qui doutaient de l'action de forces surnaturelles invisibles mais irrésistibles, et les progrès de l'astronomie qui tendaient à vider les Cieux de toute présence surnaturelle et à laisser l'homme seul face à l'univers. Parler de Marie, c'était parler du monde comme il devait aller, un monde où Dieu ne se cachait pas. C'est ce moment clé de l'aventure de la science jésuite et de cette ultime tentative pour mettre tous les savoirs anciens et modernes au service de la foi que cet ouvrage entend retracer, en croisant histoire de l'art et histoire des sciences, anthropologie historique et histoire religieuse.
A partir des années 1530, et pendant près d'un demi-siècle, catholiques et protestants français s'affrontent à propos d'un enjeu en apparence minime, les images saintes. En quelques années, la question de savoir si l'on peut représenter les sujets sacrés, problème théologique complexe mais limité, provoque de brèves escarmouches, menées par des extrémistes des deux bords, puis s'enfle aux dimensions de la guerre civile qui ravage bientôt le royaume. Comment une telle mobilisation des théologiens, des juristes, des artistes mais aussi et surtout des simples fidèles a-t-elle été possible ? C'est seulement en retrouvant, dans les ouvrages de controverse, dans les récits d'émeutes, dans les poursuites judiciaires et dans les oeuvres d'art, l'enjeu véritable du conflit que l'on peut proposer une réponse et comprendre enfin ceux qui s'entretuèrent pour des images.
En partie inspiré d?entreprises antérieures, ce dictionnaire regroupe des textes consacrés à quelques-uns des termes ou des concepts à travers lesquels les sciences sociales et l?histoire pensent le monde social et se pensent elles-mêmes. Mais à la différence des précédents ouvrages qui avaient choisi un champ bien précis (le vocabulaire des groupes sociaux, les concepts centraux des idéologies ou des formes constitutionnelles?) et surtout une seule aire linguistique, aucune discipline, aucune nation,aucune langue n?est privilégiée. Au contraire, les articles rassemblés ici et confiés à des spécialistes reconnus et de nationalités différentes décrivent la naissance, la carrière et la circulation, à travers les époques et les langues, de noms communs, d?expressions idiomatiques ou de termes apparemment techniques dont on porte au jour le caractère de constructions idéologiques et de produits de l?activité des acteurs sociaux. On y rencontrera donc des vocables, des concepts, des expressions de nature très hétérogène et ne présentant pas les mêmes caractères de variabilité: certains relèvent de la description des groupes sociaux par eux-mêmes et par les sciences sociales (Avant-garde, Mouvement ouvrier, Junker?), d?autres des sciences de l?Etat et du savoir administratif (Administration, Moyenne, Droit musulman?), d?autres encore de constructions idéologiques particulières dont les conditions d?émergence et d?imposition de sens appellent à une mise en perspective (Occident, Laïcité, Absolutisme?). L?essentiel n?est donc ni dans le choix des termes, ni dans la poursuite d?une forme d?encyclopédisme. Seules importent la démarche et l?exemplarité de l?analyse, tournées vers la dénaturalisation et l?historicisation des usages lexicaux qui font des exemples retenus autant de cas d?école, c?est-à-dire de cas exemplaires sur lesquels penser ce que les structures académiques, les usages linguistiques, les routines et les inconscientsintellectuels imposent de manière subreptice. Renonçant à tout but normatif, ce dictionnaire a l?ambition d?apporter sur quelques cas significatifs des exemples d?enquêtes méticuleuses, associant sémantique historique, comparatisme et objectivation critique des conditions sociologiques et historiques de possibilité et d?opérationnabilité des concepts et des usages lexicaux des sciences sociales, qui montrent que les rapports et les conflits de sens sont également des rapports et des conflits de force. En mettant en avant la dimension « nomade » des concepts historiques, il s?agit ainsi de favoriser les bases d?un dialogue dans les sciences sociales européennes, conscient du poids des héritages socio-linguistiques.
La fracture religieuse du XVIe siècle ne fut pas constituée que de querelles de clercs et de professionnels de la foi. Elle bouleversa aussi la vie des fidèles et fit très vite à chacun l'obligation de se déterminer, avec plus ou moins de courage et de clarté, et donc d'affirmer sa foi, par la parole bien sûr, mais aussi par d'innombrables gestes de la vie quotidienne. Débats publics soigneusement organisés, querelles de tavernes, disputes de marché, nécrologies, portraits et médailles des réformateurs devinrent ainsi autant d'occasions et de moyens de confesser sa foi à Dieu, à soi-même et aux autres, de dire ce que l'on croyait et comment. C'est à retracer ces lieux et ces signes de la construction moderne des identités confessionnelles, en France mais aussi dans l'Empire et en Suisse, que s'attache ce livre, adossé à une ample documentation inédite en français. Biographie de l'auteur Olivier Christin est professeur d'histoire moderne à l'Université de Lyon-II depuis 1997 et directeur d'études à l'École pratique des hautes études depuis 2003 Spécialiste de l'histoire des XVIe-XVIIe siècles, il a publié une dizaine d'ouvrages et près de cent articles au carrefour de l'histoire, de l'histoire de l'art et des sciences.
La République est une et indivisible, assuraient les révolutionnaires. Son histoire, en revanche, ne l'est pas. Il n'est plus possible aujourd'hui de l'écrire d'un bloc ou comme une longue généalogie qui ferait de nos démocraties les héritières plus moins fidèles d'Athènes, de Sparte ou de Rome. Résolument européen, ce volume a donc pour ambition de retracer l'ensemble des traditions politiques, des doctrines philosophiques ou religieuses et des aspirations collectives qui ont dessiné l'histoire des républicanismes et des régimes républicains. De Rome à Florence, de la Révolution anglaise aux Révolutions américaines et françaises, des oligarchies urbaines à la République sociale, il souligne la diversité des expériences historiques concrètes et rappelle les obstacles, les échecs, les détours rencontrés au cours de celles-ci dans la poursuite des idéaux de liberté, d'égalité ou de justice. C'est donc une histoire plurielle, ouverte, souvent exaltante mais tout aussi souvent contrariée, que dévoile ce volume confié à quelques-uns des meilleurs spécialistes européens actuels. Il s'y dévoile page après page et par-delà les singularités historiques, des traits communs ou un air de famille du Républicanisme, qui s'impose comme alternative au libéralisme et au populisme en récusant la religion du marché du premier et l'essentialisation du peuple du second pour appeler à la construction d'un espace commun de confrontation et de fabrication de l'intérêt général.
Les barrières socio-économiques érigent des remparts dans l'accès aux postes politiques ! Cet ouvrage révèle comment la rémunération des mandats exécutifs a sculpté une élite exclusive dans les villes suisses. Plongez au coeur d'une recherche historique minutieuse sur 73 ans dans les archives de Zurich, Lausanne, Lucerne et Lugano, dévoilant une professionnalisation précoce remettant en question le principe suisse de la " milice ". Les salaires visent à attirer les cadres des classes supérieures, engendrant une fracture sociale dans le paysage politique. D'un côté, les notables fortunés issus de professions libérales, de l'autre, les professionnels du secteur public et de la politique. Cette étude révèle l'essor d'une nouvelle élite excluant les salariés modestes et redessinant le pouvoir au sein de nos villes. Une exploration saisissante des transformations des élites politiques, révélant les complexités et les défis d'une démocratie confrontée à des hiérarchies sociales profondes.
Bozzini David ; Fresia Marion ; Killias Olivia ; L
Qu'est-ce que L'engagement en anthropologie ? Comment s'engage-t-on aujourd'hui ? En s'appuyant sur le parcours de notre collègue et amie Ellen Hertz, cet ouvrage souhaite renouveler la réflexion sur ces questions. Il montre l'intérêt de penser l'engagement de manière élargie, non seulement comme un souci de rendre ta recherche pertinente et accessible à un large public, mais aussi comme une responsabilité exercée au quotidien au sein des institutions académiques et au-delà. Si Ellen Hertz s'est engagée par ses choix de recherche centrés sur l'analyse du pouvoir, sa trajectoire est aussi faite d'engagements a priori plus ordinaires - pédagogiques, diplomatiques, relationnels et amicaux, de mentoring et d'encadrement - la plupart du temps absents des débats sur le sujet. S'inspirant de cette trajectoire, onze contributions nous invitent à explorer et à valoriser la diversité des manières de s'engager, loin d'une science uniquement motivée par la course aux publications. L'engagement s'y dessine comme un art aux facettes multiples, qui se déploie tant à partir de positions prestigieuses d'autorité et d'expertise, que dans des activités académiques et administratives peu visibles, voire ingrates. Un art qui repose sur l'indignation tout comme sur l'humour, la légèreté, le care et l'amitié, mais qui souvent suppose une disponibilité totale dont les coûts et les limites sont également abordés dans l'ouvrage.
Depuis l'introduction de l'assurance obligatoire des soins en 1996, les controverses sur l'organisation et le financement de l'assurance-maladie, les coûts croissants du système de santé ou encore les relations tendues entre assureurs et professions médicales, constituent autant de points d'achoppement majeurs de la politique suisse. Malgré cette actualité brûlante, l'histoire du système de santé demeure largement méconnue. En s'appuyant sur des archives jusqu'alors inexploitées, ce livre éclaire pour la première fois l'histoire de longue durée des caisses-maladie, qui forment le socle institutionnel du système de financement des soins. Il révèle la façon dont les myriades de sociétés de secours mutuels du XIXe siècle, à fort ancrage local et s'adressant en premier lieu aux hommes de la classe ouvrière, se sont transformées au cours du XXe siècle en caisses-maladie opérant sur l'ensemble du territoire national. La diffusion de l'assurance-maladie auprès de couches toujours plus larges de la population a modifié la gouvernance et le fonctionnement des sociétés mutuelles, qui ont progressivement adopté les technologies commerciales issues du monde de l'assurance-vie. Cet effacement des anciens idéaux mutualistes et leur remplacement par des mécanismes de marché se sont accompagné d'une concentration sectorielle croissante et ont conduit à l'émergence, après la Seconde Guerre mondiale, de l'assurance-maladie en tant que produit de consommation de masse. La thèse de doctorat dont ce livre est issu a reçu le Prix Pierre du Bois 2021, récompensant annuellement la meilleure thèse en histoire défendue à l'Institut des hautes études internationales et du développement de Genève.
S'appuyant sur un rappel de ses racines italiennes, la présente série d'entretiens commence par évoquer en détail les premières années de cet enfant du Val-de-Travers, entre fratrie nombreuse, parents mal appariés et aïeux profondément aimants. On évoque ensuite ses séjours à Genève et à Engelberg (OW), passages obligés vers le Grand séminaire. C'est de cette abbaye bénédictine que le choc d'une lecture le ramène à Neuchâtel, pour y achever ses études gymnasiales et universitaires. A côté de quelques mentions discrètes sur sa vie de couple et de famille, on le suit, à compter du milieu des années 1960, dans sa carrière d'enseignant, d'abord, puis de conservateur au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, qu'il codirigera de main de maître pendant près de trois décennies. Le fait de renvoyer en sous-titre à la forme des " carnets de route " relève à la vérité d'une aimable provocation : c'est en effet un des petits secrets du personnage que d'avoir été marqué, durant la première moitié de sa vie d'adulte, par une réelle phobie des voyages ou, comme il aime à le dire, des " déplacements latéraux "! Au final, ce petit clin d'oeil ne fait donc que souligner mieux encore la persistante fidélité de Jean-Pierre Jelmini à l'axe de la verticalité. Celui-là même qui l'aspira d'abord vers le Ciel avant de le plonger dans le fécond gisement des siècles passés, qu'il ne cessa d'exploiter pour le plaisir et l'édification des Neuchâtelois curieux de leur propre histoire.Entretien avec Julien Knoepfler.