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CONFESSER SA FOI
CHRISTIN OLIVIER
CHAMP VALLON
23,00 €
Épuisé
EAN :9782876735026
La fracture religieuse du XVIe siècle ne fut pas constituée que de querelles de clercs et de professionnels de la foi. Elle bouleversa aussi la vie des fidèles et fit très vite à chacun l'obligation de se déterminer, avec plus ou moins de courage et de clarté, et donc d'affirmer sa foi, par la parole bien sûr, mais aussi par d'innombrables gestes de la vie quotidienne. Débats publics soigneusement organisés, querelles de tavernes, disputes de marché, nécrologies, portraits et médailles des réformateurs devinrent ainsi autant d'occasions et de moyens de confesser sa foi à Dieu, à soi-même et aux autres, de dire ce que l'on croyait et comment. C'est à retracer ces lieux et ces signes de la construction moderne des identités confessionnelles, en France mais aussi dans l'Empire et en Suisse, que s'attache ce livre, adossé à une ample documentation inédite en français. Biographie de l'auteur Olivier Christin est professeur d'histoire moderne à l'Université de Lyon-II depuis 1997 et directeur d'études à l'École pratique des hautes études depuis 2003 Spécialiste de l'histoire des XVIe-XVIIe siècles, il a publié une dizaine d'ouvrages et près de cent articles au carrefour de l'histoire, de l'histoire de l'art et des sciences.
Chercher Dieu jusqu'au bout. Jusqu'à se perdre, jusqu'à humilier, frapper ou mutiler son corps pour prendre congé du monde et libérer son âme, jusqu'à attendre la mort avec impatience et couper toute relation inutile avec ses semblables, y compris sa famille, jusqu'à se plier aux règles les plus strictes et les plus arbitraires pour s'interdire toute liberté et toute marge d'interprétation. Certaines expériences religieuses présentes ou passées conduisent à ces comportements de rupture excessifs et peut-être compulsifs. C'est à retracer l'une des plus spectaculaires d'entre elles - celle des mystiques et des saintes sans Eglise du XVIIe siècle - et à en montrer les prolongements contemporains dans un monde partiellement déchristianisé que s'attache ce livre.
A partir des années 1530, et pendant près d'un demi-siècle, catholiques et protestants français s'affrontent à propos d'un enjeu en apparence minime, les images saintes. En quelques années, la question de savoir si l'on peut représenter les sujets sacrés, problème théologique complexe mais limité, provoque de brèves escarmouches, menées par des extrémistes des deux bords, puis s'enfle aux dimensions de la guerre civile qui ravage bientôt le royaume. Comment une telle mobilisation des théologiens, des juristes, des artistes mais aussi et surtout des simples fidèles a-t-elle été possible ? C'est seulement en retrouvant, dans les ouvrages de controverse, dans les récits d'émeutes, dans les poursuites judiciaires et dans les oeuvres d'art, l'enjeu véritable du conflit que l'on peut proposer une réponse et comprendre enfin ceux qui s'entretuèrent pour des images.
En partie inspiré d?entreprises antérieures, ce dictionnaire regroupe des textes consacrés à quelques-uns des termes ou des concepts à travers lesquels les sciences sociales et l?histoire pensent le monde social et se pensent elles-mêmes. Mais à la différence des précédents ouvrages qui avaient choisi un champ bien précis (le vocabulaire des groupes sociaux, les concepts centraux des idéologies ou des formes constitutionnelles?) et surtout une seule aire linguistique, aucune discipline, aucune nation,aucune langue n?est privilégiée. Au contraire, les articles rassemblés ici et confiés à des spécialistes reconnus et de nationalités différentes décrivent la naissance, la carrière et la circulation, à travers les époques et les langues, de noms communs, d?expressions idiomatiques ou de termes apparemment techniques dont on porte au jour le caractère de constructions idéologiques et de produits de l?activité des acteurs sociaux. On y rencontrera donc des vocables, des concepts, des expressions de nature très hétérogène et ne présentant pas les mêmes caractères de variabilité: certains relèvent de la description des groupes sociaux par eux-mêmes et par les sciences sociales (Avant-garde, Mouvement ouvrier, Junker?), d?autres des sciences de l?Etat et du savoir administratif (Administration, Moyenne, Droit musulman?), d?autres encore de constructions idéologiques particulières dont les conditions d?émergence et d?imposition de sens appellent à une mise en perspective (Occident, Laïcité, Absolutisme?). L?essentiel n?est donc ni dans le choix des termes, ni dans la poursuite d?une forme d?encyclopédisme. Seules importent la démarche et l?exemplarité de l?analyse, tournées vers la dénaturalisation et l?historicisation des usages lexicaux qui font des exemples retenus autant de cas d?école, c?est-à-dire de cas exemplaires sur lesquels penser ce que les structures académiques, les usages linguistiques, les routines et les inconscientsintellectuels imposent de manière subreptice. Renonçant à tout but normatif, ce dictionnaire a l?ambition d?apporter sur quelques cas significatifs des exemples d?enquêtes méticuleuses, associant sémantique historique, comparatisme et objectivation critique des conditions sociologiques et historiques de possibilité et d?opérationnabilité des concepts et des usages lexicaux des sciences sociales, qui montrent que les rapports et les conflits de sens sont également des rapports et des conflits de force. En mettant en avant la dimension « nomade » des concepts historiques, il s?agit ainsi de favoriser les bases d?un dialogue dans les sciences sociales européennes, conscient du poids des héritages socio-linguistiques.
Biographie de l'auteur Olivier Christin est professeur d'histoire moderne à l'Université de Neuchâtel et directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études à Paris.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.