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Revue de synthèse N° 127/2006 : Le marché dans son histoire
Margairaz Dominique ; Minard Philippe
ULM
28,40 €
Épuisé
EAN :9782728803750
Analyser le marché dans son histoire, c'est d'abord interroger cette catégorie et l'usage qu'en font les historiens. La démarche ne va pas de soi, dans une discipline largement plus empiriste que théoricienne, qui emprunte le plus souvent ses concepts aux sciences sociales voisines. Or, précisément, cette clé de la coordination entre les agents est toujours remodelée par la théorie économique. A la reconstitution des indicateurs macroéconomiques, dans le sillage de François Simiand, s'est substituée depuis les années 1980 l'analyse des acteurs, de leurs réseaux de connaissance et d'échange, de leurs décisions mises en contexte. Mais à l'échelle de la microanalyse n'a-t-on pas présupposé, et dès lors consolidé, une représentation du marché excessivement abstraite et passablement anhistorique ? À l'inverse, des historiens spécialistes des époques anciennes ou médiévales ont voulu montrer que le marché " n'existait pas " aux périodes considérées, que les échanges ne s'inscrivaient pas alors dans le pur jeu de l'offre et de la demande. Ce numéro, coordonné par Dominique Margairaz et Philippe Minard, propose un bilan des recherches les plus récentes qui visent à dépasser ce dilemme entre la surinterprétation de l'action des agents économiques et la dissolution de la catégorie de marché. L'ensemble des contributions se situe dans un itinéraire de questions plus anciennes qui structurent les recherches sur l'économie dans la Grèce antique (Raymond Descat), sur les conditions de la croissance médiévale (Mathieu Arnoux), sur la formation des échanges marchands dans les États-Unis des XVIIIe et XIXe siècles (Pierre Gervais), sur la constitution des critères de qualité des vins en France depuis le début du XIXe siècle (Alessandro Stanziani), ou encore sur les formes de la division du commerce international depuis le XIXe siècle (Patrick Verley).
Sociétés et Représentations : ces deux termes méritent d'être pesés, car ils associent dans leur pluralité et leur transversalité chacune des notions composant les champs d'analyse de cette revue de sciences humaines orientée vers les questions de société et portée à l'examen des représentations. Certes, les objets visés par cette publication semestrielle s'inscrivent dans de vastes domaines, qui peuvent sembler difficiles à cerner, mais qui dessinent de larges perspectives. Aussi, après plus de dix années et vingt-quatre livraisons, s'agira-t-il de faire jouer encore davantage ces concepts en croisant les regards critiques, les lectures transhistoriques et les approches pluridisciplinaires - où dialoguent des savoirs qui habituellement s'ignorent ou se limitent à cohabiter : l'histoire en ses multiples formes, la communication, l'histoire de l'art, la sociologie, les sciences du vivant... -. De la période moderne à l'époque contemporaine, les images matérielles et mentales seront interrogées en tant qu'elles répondent aux demandes sociales et qu'elles les transforment en retour. De la littérature à la peinture, de l'illustration au cinéma, de la photographie à la télévision, des figures circulent sans relâche et s'éclipsent, mutent ou s'adaptent, selon des migrations d'un support à un autre, dont les généalogies sont souvent ignorées et qui renseignent sur des pratiques sociales données. Les sujets abordés pourront parfois paraître insolites, secondaires ou marginaux ; au-delà de l'anecdote, ils seront questionnés pour leur capacité à résonner. En effet, l'ambition de la présente publication est, en s'attachant au décryptage de sujets délaissés par les médias généralistes, d'informer et de susciter la réflexion, avec le recul qu'autorisent la périodicité et le format de la revue. Mais Sociétés et Représentations entend également ouvrir des questions nouvelles ou rouvrir des débats peu explorés, proposer des points de vue et risquer des hypothèses, susciter des discussions et favoriser des interrogations épistémologiques. A cette fin, l'équipe de la rédaction veillera à la complémentarité des approches, à la précision des sources documentaires et à la lisibilité des contributions, de même qu'elle cherchera à accorder une tribune régulière à de jeunes chercheurs. Plurielle par ses objets et pluraliste par ses approches, Sociétés et Représentations souhaite être attentive aux enjeux que pose la société actuelle, en les historicisant, pour participer à un renouvellement des manières de la penser.
Larroque Dominique ; Margairaz Michel ; Zembri Pie
Paris et ses transports XIXe-XXe siècles déroule le panorama de la longue histoire des transports publics en Île-de-France. Pour tenter d'expliquer cet enchaînement aux étapes contrastées, Dominique Larroque et Michel Margairaz, historiens, et Pierre Zembri, géographe, ont choisi d'étudier les décisions grandes et petites qui font notre quotidien. En suivant les détours de la réflexion et de l'action qui ont décidé des réseaux de transports parisiens, en mettant en scène les acteurs qui ont conduit ces évolutions, leurs motifs et parfois leurs illusions, cet ouvrage d'histoire ? qui est aussi une réflexion sur la décision publique ? constitue un instrument d'analyse original des politiques d'aménagement. Quels sont la nature, les développements et les effets des décisions publiques en matière de transports ? Ces décisions ont-elles tendance à suivre, à accompagner ou à déterminer l'évolution de l'espace régional et de la demande sociale ?
La navigation intérieure est une catégorie d'action publique particulière à la France qui est progressivement apparue au cours du XVIIIe siècle. Elle induit une nouvelle perception de la circulation selon laquelle l'avènement d'un système de voies d'eau interconnectées serait un moyen pour l'Etat de construire un marché national et d'unifier son territoire. Et dans la mesure où le roi et son administration seront les premiers bénéficiaires de l'enrichissement induit par l'accroissement des commerces et des possibilités de circulation, ils doivent en être les principaux promoteurs. Clairement formulée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, une telle conception est le fruit d'une histoire singulière au cours de laquelle interagissent des facteurs économiques, politiques, intellectuels et administratifs. Depuis Colbert et jusqu'aux années 1770, la navigation intérieure est ainsi passée de l'étal de nouvelle préoccupation publique à celui d'objet d'administration avant d'être instituée en politique publique à partir de Turgot. Comprendre le cheminement par lequel cette action publique s'est construite et institutionnalisée, en saisir les modalités intellectuelles et administratives, repérer les jeux d'acteurs par lesquels elle a été forgée, tel est alors l'objet de ce livre.
Toute la théorie standard du central banking s'est construite sur le modèle de l'indépendance de l'institut d'émission vis-à-vis de l'Etat. Pourtant toute l'histoire des banques centrales ramène à l'Etat, ou plutôt à l'Etat-nation. Pour comprendre les raisons d'un tel paradoxe, cet ouvrage analyse l'évolution des rapports à l'Etat d'une quinzaine de banques centrales, représentatives de la diversité de ces institutions à travers le monde vieilles banques d'émission dont la genèse remonte à l'Ancien Régime, banques nationales créées avec la vague nationaliste de la fin du XIXe siècle, banques centrales d'émission nées de la disparition des empires après la première guerre mondiale, instituts d'émission nationalisés constitués après la seconde guerre mondiale ou avec la décolonisation, banques centrales nationales, enfin, (re)fondées avec la fin de la guerre froide et la marche vers l'unification monétaire de l'Europe. Deux traits communs ressortent de ces histoires croisées : l'ambivalence fondamentale des banques centrales situées à la zone frontière entre l'Etat-nation et le marché global, et leurs fonctions de stabilisation monétaire et financière qui en font des acteurs clés de régulation de la mondialisation.
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.
Cuore ("C?ur"), que les Italiens appellent couramment Le livre C?ur, a été le texte le plus lu en Italie entre sa publication en 1886 et la fin des années 1960. Reconstituant les multiples événements d'une année scolaire vécue par des enfants de Turin, il a connu une immense fortune littéraire avant de susciter chez certains intellectuels comme Umberto Eco une profonde et spirituelle aversion. Depuis sa traduction incomplète et approximative en 1892, on ne disposait d'aucune édition critique intégrale en français de ce livre, dont la portée pédagogique et politique pour l'Italie de la fin du XIXe siècle est comparable à celle du Tour de la France par deux enfants sous la IIIe République, et qui permet d'appréhender l'alchimie rêvée des vertus individuelles, civiques et patriotiques dans l'Italie libérale et bourgeoise une génération après son unification. Lire Le livre C?ur aujourd'hui, que l'on soit captivé ou irrité par l'abondance des bons sentiments qui s'y expriment, c'est d'abord vouloir retrouver une société où les apprentissages personnels prennent leur sens en incarnant une communauté nationale idéale.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.
Résumé : " Si je devais donner le nom de trois ouvrages américains qui promettent d'avoir une longue, même une très longue vie, je dirais sans hésiter La Lettre écarlate, Huckleberry Finn et Le Pays des sapins pointus. " Ce commentaire de Willa Cather dans sa préface de 1925 au livre de Jewett (1er éd. 1896) étonnera sans doute le lecteur français qui n'a pu encore parcourir dans sa langue les sentiers rocailleux du pays de Jewett. Il est temps aujourd'hui d'ajouter à la cartographie littéraire de la Nouvelle-Angleterre - entre le Boston de Henry James, le Walden de Thoreau et le Salem de Hawthorne - un autre coin de terre. Ce " pays " devient le lieu d'exploration d'une esthétique propre, lieu de négociation avec un imaginaire qui, retaillé à l'aune du quotidien, du féminin, donne au lecteur de ces petites pièces cousues à la manière d'un roman l'occasion de découvrir une autre vision de l'Amérique.